‹ Thomas Corneille, sa vie et son théâtreChapitre 127 sur 206 · III, h · texte numérisé non relu

III, h

Du diaphragme impur l'humeur trop réunie Le mettait tous les ans dix fois à l'agonie; En huit jours, je vous ai balayé tout cela,

Nettoyé l'impur, et Regardez, le voilà

Aussi frais, aussi plein de vigueur énergique Que s'il n'avait jamais eu tache d'asthmatique '.

Pendant que le valet continue sa parade en entassant force termes baroques, dont la dame est tout ébaubie, le maître tire à part Léonor et a vite fait d'obtenir d'elle un rendez-vous.

Nous voyons, au cinquième acte, la pauvrette accourir au piège et, pour lui faire place, Thomas Corneille a supprimé la scène assez inutile où don Carlos vient tenter en faveur de sa sœur une dernière démarche. Sganarelle, pris de remords, essaye de l'avertir à voix basse du danger qu'elle court, mais un regard de Don Juan l'arrête bientôt dans ses confidences : Léonor est entraînée, et le terrible séducteur va faire une nouvelle victime, quand il voit tout à coup paraître devant lui la statue vengeresse.

Cet épisode n'est pas ennuyeux; mais à quoi sert-il? Don Juan n'était-il pas déjà assez criminel? Etait-il besoin de le charger encore d'une dernière faute? Peut-être Thomas Corneille a-t-il voulu rendre plus saisissante l'intervention de la Providence en la faisant agir juste à temps pour qu'une innocente soit sauvée. Mais cela est contraire, semble-t-il, à l'idée dominante de la pièce : dans la légende de Don Juan, le ciel se contente de punir le crime, il ne le prévient pas. Il laisse le coupable entasser forfait sur forfait, attendant toujours que, se prenant enfin en dégoût, il pousse de lui-même un cri de repentir, qui pourra tout effacer. Quand la mesure est comble, quand il paraît bien

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