‹ Thomas Corneille, sa vie et son théâtreChapitre 135 sur 206 · I, VII · texte numérisé non relu

I, VII

HENRIETTE

Il faudra que tous ces amours finissent avec le peu de bien qui reste à ton maître, et qu'un parti avantageux raccommode ses affaires.

PASQUIN

Il n'en aura pas sitôt besoin.

MARTON

Il a donc trouve la pierre philosophale?

PASQUIN

Voici sa pierre philosophale : les déclarations brillantes et les vers galants font chanter les spirituelles; les respectueuses œillades et les larmes feintes gagnent les amantes héroïques; les présents touchent les intéressées, et ce que mon maître tire des vieilles, un peu de crédit, quelques emprunts et beaucoup de savoirfaire feront subsister encore longtemps ses amours

MARTON

Ah! le dangereux homme! le dangereux homme!

PASQUIN

Aimé, souhaité partout, amant sans amour, riche après avoir mangé son bien, et trompant tout le sexe sans en pouvoir être trompé, il n'aurait jamais d'embarras, si chez trop de belles à la fois l'heure du berger ne sonnait trop souvent pour lui ' »

Cette langue vive, cette série de traits brillants, ce cliquetis de mots n'est-ce pas déjà le « style de théâtre » ? Et la dernière période surtout, avec ce balancement des antithèses qui se répondent, n'est-ce point, un siècle avant Beaumarchais, une période à la Figaro?

Ecoutez ce début de scène :

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