‹ Thomas Corneille, sa vie et son théâtreChapitre 15 sur 206 · Mercure galant, janv. 1710, p · texte numérisé non relu

Mercure galant, janv. 1710, p

3. Œdipe fut joué à l'Hôtel de Bourgogne, au commencement de 1659, avec un grand succès.

le grand poète fut toujours plus sensible qu'au « stérile honneur d'un éloge impuissant ' ». 11 est probable d'ailleurs que depuis longtemps les conseils de ses amis et L'heureux succès des pièces de son frère avaient dû battre en brèche une résolution « que ne soutenaient plus qu'un peu de fausse honte et un reste de dépit 2 ». Dans une épître de remerciement , il avait dit à Fouquet :

« Choisis-moi seulement quelque nom dans l'histoire Pour qui tu veuilles place au temple de la Gloire. »

Le surintendant lui avait proposé trois sujets : il avait pris le premier, qui était Œdipe; Thomas prit les deux autres : Camma et Slilicoti s. Le jeune Corneille avait aussi ses raisons pour considérer comme des ordres les désirs de Fouquet : il est certain qu'il avait eu part à ses libéralités. Nous savons que les deux Corneille avaient été plus d'une fois à Vaux pour se recommander eux-mêmes aux faveurs de « ce grand ministre , qui n'était pas moins le surintendant des belles-lettres que des finances ». Scarron, qui vivait en ce temps-là aux dépens du fastueux Mécène, se plaignait amèrement de voir les bienfaits de son protecteur tomber sur d'autres que sur lui. « Tout contribue à me faire détester mon malheur, écrivait-il à Pellisson1; ajoutez à cela le Boisrobert et les Corneille,

Que votre cher patron

A régalés en faveur d'IIippocrène. »

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