‹ Thomas Corneille, sa vie et son théâtreChapitre 172 sur 206 · L'abbé d'Àubignac est certainement l'un des deux · texte numérisé non relu

L'abbé d'Àubignac est certainement l'un des deux

Vie de M. Quinault, de l'Académie française, avec l'origine des opéras en France, par Boscheron. (Bibl. Nat. F. Fr. 24, 329.)

Extrait : Histoire des opéras de Psyché et de Bellérophon. [Pages 80 et 81 du Manuscrit.)

Quinault n'eut pas sitôt remis à Lulii son poème d'Isis, que, ne s'accordant pas avec lui sur les scènes dont il exigeait la suppression, ils se brouillèrent ensemble et que le traité signé entre eux deux demeura indécis. M. de Lisle, ou Thomas Corneille, communiqua Psyché à Lulli, qui le mit en musique; Paris ne battit pas beaucoup des mains à cet opéra, et la réussite n'en a pas été fort éclatante. Corneille, touché du mauvais destin de sa pièce, se rejeta du côté de la comédie. Racine et Despréaux, bien venus en cour, et qui, l'un et l'autre, avaient déjà tenté de couler Quinault à fond, engagèrent Corneille à reprendre encore la plume pour l'opéra. Ils entreprirent beaucoup plus, dans un de ces moments que le roi avait la bonté de donner à quelques instructions qu'ils prenaient pour son histoire, el à d'autres moments où Sa Majesté s'informait quelquefois des savants qu'ils estimaient; ils se saisirent un jour, disje, d'un de ces moments où il leur parlait de Corneille. Ils tinrent bon pour lui et dirent au roi que sa muse se plaisait en tous genres de poésies, qu'elle pouvait même être plus utile que toute autre à Sa Majesté pour les vers lyriques. Quelques jours après, Corneille se trouvant dans les appartements du roi reçut de lui l'ordre de travailler à un opéra. Le poète arrêta son choix sur Bellérophon. Il dressa le premier acte et en conféra avec Lulli, qu'il prévint sur le reste de la pièce, en lui disant que ses quatrième et cinquième actes étaient encore prêts. <|ue pour le second et le troisième, quelques règles assez difficiles du théâtre, qui n'y étaient pas assez bien ménagées à sa fantaisie, le détoumaienl «le les mettre au net. Cet embarras n'était prétexte': par Corneille cpie pour tirer de Lulli des éclaircissements sur son différend avec Quinault. L'Italien spirituel parle peu : Lulli ne dit mot a Corneille, qui ne comprit que trop ce que signi-

fiait le silence du musicien. Sa défiance pour lui tourmentant le poète, comme il connaissait Quinault pour un homme d'honneur, civil, et sincère ami, il résolut de savoir de lui comment il s'était séparé d'avec Lulli. Il autorisa d'abord sa visite des civilités qu'il lui redevait, et puis le pria de l'aider de son examen sur le second et troisième actes de Bellérophon, qu'il lui montra en entier. Ils en firent la lecture ensemble, qui plut extrêmement à Quinault. Il n'en fallait pas davantage à Corneille : c'était tout ce qu'il souhaitait de son confrère sur cet article. Restait à savoir de Quinault ce qui l'éloignait de Lulli : il apprit que sur de prétendues représentations d'Isis, un peu trop médiocres pour la caisse de l'Opéra, le musicien lui retenait une partie de la somme qu'il était convenu de lui donner; Corneille entendit ce qu'il voulait dire, le plaignit et se retira.

Un pareil avis méritait réflexion, et qu'il prit ses mesures. Aussi ne lâcha-t-il à Lulli son opéra que sur son billet, montant à la somme fixée entre eux.

D'abord que Bellérophon eut passé par la musique de Lulli, il en régala le public dans le mois de janvier, et cet opéra fut suivi d'une telle affluence de monde, qu'il servit de spectacle à Paris plus de neuf mois de suite.

La précaution dont Corneille s'était assuré envers Lulli pour le payement de Bellérophon ne fut pas peu louée, aux dépens de la négligence de La Fontaine, que le musicien attrapa, ou plutôt qui, n'en étant pas goûté, se vit obligé de retirer sa marchandise des mains de Lulli

Minute conservée dans l'étude de Me Pérard, notaire à Paris.

Acte d'association de Thomas Corneille et Doneau de Vizé. Société reconnue, 18 janvier 1682.

Nous soussignés Jean Doneau, écuyer, sieur de Vizé, d'une part, et Thomas Corneille, écuyer, sieur de l'Isle, d'autre part, Avons réglé entre nous les choses suivantes : Savoir moi, de Vizé, qu'ayant conçu le dessein de faire un ouvrage tous les mois qui contient toutes sortes de nouvelles sous le titre de Mercure galant, dont j'ai obtenu le

privilège, j'aurais par convention verbale associé avec moi ledit sieur de l'Isle, qui, en conséquence, a jusqu'ici conjointement avec moi travaillé et donné ses soins à la composition et débit dudit Mercure, que nous avons maintenu et soutenu contre ceux qui ont voulu lui porter atteinte, et dont, jusqu'à présent, reconnaissons avoir partagé par moitié également tous les droits et profits qui en sont provenus.

Mais, sur ce qu'il serait arrivé entre nous quelques contestations et différends, nous aurions unanimement prié M. l'abbé de la Vaux auquel nous nous sommes rapportés pour nous régler et accorder, afin d'éviter ci-après toutes nouvelles contestations et différends, lequel l'a bien voulu faire, suivant quoi par son avis et conseil sommes demeurés d'accord et avons fait ce traité, que nous promettons respectivement d'exécuter et accomplir en bonne foi, sans y pouvoir contrevenir aucunement

Premièrement, c'est assavoir que nous dits sieurs Corneille et de Yizé demeurons associés au susdit privilège du Mercure galant et partagerons chacun par moitié tout le profit qui pourra revenir soit de la vente des livres, soit des présents qui pourront nous être faits en argent, meubles, bijoux et pensions, et, même si le Roi accordait à l'un de nous une pension, elle sera partagée également comme les autres choses ci-dessus.

S'il arrivait, pendant ladite société, que le sieur Corneille vînt à mourir, le sieur de Yizé jouira seul entièrement dudit privilège, sans être obligé de faire part à qui que ce soit que du fond qui sera trouvé dans les magasins le jour du décès, et, si ledit sieur de Yizé meurt, ledit sieur Corneille aura pareil avantage.

Si ledit sieur de Yizé obtient un nouveau privilège, ledit sieur de Corneille est dès à présent censé associé, comme ledit sieur de Yizé l'y associe par le présent traité, aux conditions susdites.

Mais, s'il arrive qu'il obtienne un privilège de faire le Mercure pour lui, ses héritiers ou ayants cause, ledit sieur de Vizé déclare, pour éviter toute contestation, qu'en cas qu'il meure, ses héritiers ne pourront employer personne au préjudice dudit sieur Corneille qu'après son refus, pour la composition du Mercure. Dont il jouira pleinement et entièrement, en donnant aux héritiers ou légataires dudit

sieur de Vizé le tiers du gain par chacun mois, sans qu'il soit tenu de leur rendre pour ce aucun compte et dont il sera cru sur sa simple affirmation et bonne foi. Et, en cas de contestation par lesdits héritiers ou légataires, ledit sieur Corneille sera seul maître du privilège —

Pour ce qui est du fonds qui est présentement entre mes mains et qui consiste en exemplaires reliés et non reliés, en planches et autres choses, il est censé appartenir auxdits sieurs de Vizé et Corneille par moitié, en commençant depuis le premier Mercure de l'année 1677, et, pour empêcher (arrivant le décès de l'un ou de l'autre) que leurs héritiers ne fassent des susdits exemplaires ou planches ou autres choses en dépendant un usage préjudiciable aux intérêts de celui qui survivra, il en sera fait un état à

l'amiable, dont ils ne pourront demander compte

Lesdits sieurs de Vizé et Corneille auront toujours un commis, comme ils en ont présentement, mais qui sera changé s'il n'est pas de leur goût. Et, si dès à présent ledit sieur Corneille a répugnance à employer celui qui les sert, il en nommera un autre, à qui M. de Vizé sera tenu de donner ses instructions.

Le Mercure sera toujours composé de quatorze et quinze feuilles, et de jamais plus de seize; il y aura toujours deux planches et deux chansons, et on n'y parlera point du Roi sans occasion nouvelle. Dès à présent ils se feront à l'ordinaire, c'est-à-dire les livres du Mercure, et ne se pourront retrancher, diminuer ou augmenter que du consentement des deux parties, qui fourniront toujours également aux frais qu'il conviendra faire pour le bien et avantage de leur société.

De tout ce que dessus nous soussignés sommes convenus et demeurés d'accord.

Fait à Paris ce quinzième jour de décembre mil six cent quatre vingt un,

Devizé. Corneille.

Le 18 janvier 1682 ledit acte sous seing privé reçu par M0 Clément et son confrère, en présence de Jean Doneau de Vizé, garde-meublier de la maison du roi et ambassadeur extraordinaire, demeurant à Paris dans le cloître de l'église Saint-Nicolas du Louvre, paroisse de Saint-Ger-

main de l'Auxerrois, et Thomas Corneille, ecr, sieur de lTsle, demeurant à Paris, rue Jorgeau [sic), paroisse de Saint-Roch.

Minute conservée dans l'étude de M° Pérard, notaire à Paris.

Constitution de rente entre Thomas Corneille et Romain Oursel, passée le 25 août 1082, reconnue le 11 janvier 1683, devant Clément, notaire au Chdtelet de Paris.

Je soussigné confesse avoir reçu de Romain Oursel, bourgeois de Paris, la somme de (jOO francs, pour laquelle je promets lui passer contrat de constitution par devant notaire et, jusqu'au remboursement que je lui en ferai, lui payer par chacun an trente livres de rente, qui est à raison du denier vingt, suivant l'ordonnance, à quoi j'engage tous mes biens présents et futurs.

Fait à Paris, le 25 août 1682,

Corneille.

Suit l'acte reconnaissant V authenticité , daté du 11 janvier suivant, sigiu'- ;

Clément, notaire.

Minute conservée dans l'étude de M0 Pérard, notaire à Paris.

Contrat de mariage entre Louis de Martainvillc de Marsilly et Marthe Corneille, passé le l'i janvier 1683 devant Clément et l'uvyot, notaires au Chdtelet de Paris.

Furent présents Mrc Louis de Martainville , chevalier, seigneur de Marsilly, capitaine major dans le régiment de cavalerie de Varenne, (ils de feu Mro Christolle de Martainville, chevalier, seigneur de Vacoeuil, et de dame Anne de Campion, ses père et mère, aujourd'hui à Paris, logé à la pointe S1 Eustache , Au Paon, paroisse de S1 Eustache, pour lui et en son nom, d'une part,

Thomas Corneille, écuyer, Sr de l'Isle, et dame Marguerite de Lampérière, son épouse, de lui autorisée pour l'effet qui en suit, demeurant rue Clos Jorgeau (sic), paroisse S1 Roch, au nom et comme stipulant en cette partie pour demoiselle Marthe de Corneille, leur fdle, d'autre part,

Lesquelles parties, assistées de messieurs et dames les parents et amis ci-après nommés : savoir, de la part dudit sieur de Marsilly, futur époux, de Mr0 Charles de Vergeur de la Branche, chevalier, seigneur de Courlandon et autres lieux, capitaine major dans le régiment Dauphin étranger, étant aujourd'hui à Paris,

Et de la part de ladite demoiselle de l'Isle, future épouse, outre lesdits Sr et dame, ses père et mère, de Mre François Corneille, prieur de S' G. de Montsaton (?) , son frère, Pierre Corneille, écuyer, sieur d'Anville, dame Marie de Lampérière, son épouse, ses oncle et tante paternels et maternels, Mre Pierre Corneille, capitaine de chevaulégers, demoiselle Magdeleine Corneille, ses cousin et cousine paternels et maternels, Bernard Le Bovier de Fontenelle, de sa profession avocat au parlement de Normandie, son cousin paternel , dame Claire Françoise du Vuault, veuve de Mre Denis Joseph de Buitter, écuyer, seigneur d'Auteuil (?), procureur général de Sa Majesté au souverain conseil de la Nouvelle-France,

Ont reconnu et confessé avoir fait et accordé entre elles les traité, dons, douaires, accords et conventions qui suivent, pour raison de futur mariage, qui, au plaisir de Dieu, sera incessamment célébré entre les Sr et demoiselle futurs époux en face de Notre Mère Sainte Eglise catholique apostolique romaine.

C'est à savoir qu'ils seront unis en communauté de biens, meubles et immeubles, suivant la coutume de cette ville, Prévôté et Vicomte de Paris, etc....

En faveur duquel mariage , lesdits sieur et dame les père et mère de ladite demoiselle future épouse promettent et s'obligent solidairement de bailler et fournir audit sieur futur époux, pour la dot de la demoiselle future épouse la somme de quatorze mil livres, savoir deux mil livres de meubles, dont estimation sera faite à l'amiable, quatre mil livres en deniers la veille des épousailles et huit mil livres aux délaissement et abandonnement qu'ils feront solidaire-

ment, avec toute garantie, auxdits sieur et demoiselle futurs époux des terres et héritages, situés en la province de Normandie, suivant l'estimation qui en sera faite à l'amiable entre les parties jusqu'à concurrence de ladite somme de huit mil livres, et, dedans six mois d'hui et jusqu'au jour de la jouissance desdits terres et héritages, leur payeront l'intérêt à raison du denier vingt, montant quatre cents livres par an de quartier en quartier montantde ce jourd'hui,... etc. C'est expressément accordé que lesdits sieur et dame père et mère de ladite demoiselle future épouse ont réservé et réserveront la demoiselle leur fdle pour venir en partage des biens de leurs successions à échoir, conjointement avec messieurs ses frères pour la part et portion qui lui appartiendra en leurs biens suivant la coutume des lieux de Normandie, où ils sont situés, à condition expresse de tenir compte sur sa part desdites quatorze mil livres.

En outre, en faveur dudit mariage et pour la bonne amitié que la dite dame d'Auteuil (?) porte à ladite demoiselle future épouse, elle a prétendu donner aux sieur et demoiselle futurs époux la somme de huit mil livres en deniers comptants, en espèces de louis d'argent, pistoles d'Espagne et

autre monnaie

Pour la singulière amitié que la demoiselle future épouse porte audit sieur futur époux, elle lui fait, par ces présentes, donation de la somme de huit mil livres à prendre sur tous

ses biens

Signé à Paris dans la demeure des sieur et dame père et mère de la future épouse, l'an 1683,1e 14 janvier, après-midi,

et ont signé :

Louis de Martainville de Marsilly Corneille l Marthe Corneille Marguerite de Lempérière Corneille *

Corneille3 Cl. du Vuault

de Lampérière de Vergeur de la Branche de Courlandon Corneille abbé de l'Isle Bovier de Fontenelle Pavyot Clément (notaires).

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