‹ Thomas Corneille, sa vie et son théâtreChapitre 22 sur 206 · Le Parnasse français, par Titon du Tillct. Paris · texte numérisé non relu

Le Parnasse français, par Titon du Tillct. Paris

fait ». Il est probable que de son côté Thomas fit des démarches pressantes auprès des grands seigneurs et des belles dames dont il avait gagné la faveur. Au bout d'un an, les deux poètes obtinrent une première satisfaction. Le roi ordonna à Le Tellier, secrétaire de ses commandements, de « comprendre les frères Corneille au rôle de ceux qu'il estimait à propos, en considération de leurs services, de confirmer en leur noblesse1 ». Quatre ans plus tard, en mai 1669, Pierre et Thomas reçurent les lettres confirmatives de leur noblesse, et cette exception faite en leur faveur était une marque d'estime assurément plus flatteuse encore que le premier anoblissement.

Thomas put donc conserver, en même temps que son titre d'éeuver, le fief seigneurial dont il était possesseur. Pierre signait seulement : Corneille, écuyer ; Thomas, dès sa jeunesse, s'était fait appeler : sieur de Lislc. Depuis le reçu de trente livres que lui donnait en 1651 son frère aîné, trésorier de Saint-Sauveur de Rouen 2, jusqu'aux dernières conventions qu'il signait un an ou deux avant sa mort \ tous les actes que nous connaissons lui donnent ce titre. Ses contemporains, même ses amis les plus intimes l'appelaient M. Corneille de l'Isle ou simplement M. de l'Isle *. Quelle était au juste la terre qui constituait ce fief, c'est ce qui n'a pas été démontré : ce n'était pas l'île de la Littc, dont il avait hérité de son père, puisque, cette île vendue en L663 5, il continua à porter le titre : on

1. Le Tellier donna une attestation de ce commandement le 2h nu». L665. Le texte en a été découvert tout récemment.

-. Marty-Laveaux, Sotice biographique sur P. Corneille, p. 86.

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