‹ Thomas Corneille, sa vie et son théâtreChapitre 49 sur 206 · Niceron, Mémoires, XXXIII, p · texte numérisé non relu

Niceron, Mémoires, XXXIII, p

rière lui plus d'un demi-siècle de labeur, on ne peut se défendre d'un mouvement d'étonnement et de respect1. On aimerait à croire que Corneille ne s'imposa cel écrasant labeur que pour obéir à ces habitudes de travail qui, depuis si longtemps prises, étaient devenues pour lui comme un besoin naturel : il est malheureusement trop certain qu'il l'entreprit pour s'assurer le pain de tous les jours. « Il voyait approcher la mort avec une fermeté incroyable, nous dit De Visé, sans cesser néanmoins son travail, qui lui était nécessaire, parce que les gens de lettres ne sont pas ordinairement les }>lus favorisés de la Fortune'. » Nous avons vu que le mariage de sa fille l'avait obligé de faire d'assez gros

emprunts : il avait dû, pour s'acquitter, au moins en partie, vendre sa maison de Rouen 3. Depuis ce temps il n'avait touché que d'assez faibles droits d'auteur pour sa comédie des Dames vengées, pour son édition des Remarques de Vaugelas et pour sa traduction d'Ovide. Le Dictionnaire des termes d'arts et de sciences lui avait rapporté de plus gros bénéfices; mais en revanche il allait cesser, probablement vers 1700, de collaborer au Mercure ' et se priver ainsi de la meilleure de ses res-

1. On sait peut-être que, dans l'article Rouen, Thomas a inséré une biographie de son frère, où l'on a puisé quelques détails curieux et particulièrement l'histoire de sa première comédie. Nous espérions pouvoir trouver des renseignements intéressants dans les biographies des grands hommes qu'il a rapidement résumées à l'article de leurs villes natales. Nous n'avons trouvé que des généralités banales et des compliments insignifiants. La plupart de ces petits sommaires semblent avoir été faits d'après les Hommes illustres de Perrault. On peut d'ailleurs signaler beaucoup de lacunes : à l'article Dijon, Bossuct n'est pas nommé; à l'article Paris, un nom seul est cité et c'est celui de Mme Deshoulières.

Page 1