‹ Thomas Corneille, sa vie et son théâtreChapitre 61 sur 206 · Le Grand Cyrus, t. XII, p · texte numérisé non relu

Le Grand Cyrus, t. XII, p

tiez pour quelque chose, c'est que je vous assure que je ne serai jamais heureuse, et que, si les dieux eussent laissé ma fortune à mon choix, j'aurais mieux aimé être bergère avec vous que d'être reine de toute l'Egypte sans

vous Si j'ai encore sur vous quelque pouvoir, je

veux que vous viviez et que vous m'aimiez, afin que je puisse avoir la consolation qu'en quelque lieu que vous soyez, vous me conserverez votre affection. Ce qui vous doit assurer de la mienne est que, lorsque vous étiez le prince Sésostris et que j'étais la bergère Timarète, quelque inégalité qui fût alors entre nous, je n'eusse nullement trouvé bon que vous m'eussiez oubliée, quoique je vous priasse de le faire1. »

Des cœurs qui savent si bien aimer ne méritent-ils pas d'être unis ? On apprend à la fin que Sésostris, s'il n'est pas le fils du roi d'Egypte, est le fils de son prédécesseur et par conséquent l'héritier légitime du trône ; le roi veut lui céder la couronne, mais Sésostris lui déclare qu'il ne la portera qu'après sa mort et le prie de le regarder seulement comme le premier de ses sujets.

Tirez de leur village ces deux amants fidèles, car un berger et une bergère, même s'ils sont de san»- royal, feraient mauvaise figure dans une tragédie ; ajoutez quelques personnages et quelques incidents, car il faut bien remplir cinq actes; ramassez enfin toute l'histoire en une seule journée, car il faut respecter la règle des vingt-quatre heures : vous aurez Bérénice*.

Le jeune cavalier reconnu comme prince, redevenant ensuite simple particulier e\ se trouvant enfin rétabli dans son vrai rang ; la jeune fille d'abord simple

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