Id., IV, m
Voilà bien « la fin des choses, le «ranci fin, le fin du fin )), et Thomas Corneille, en dédiant sa tragédie à la comtesse de Noailles, ne faisait que rendre aux précieuses ce qu'elles lui avaient prêté.
Il est probable qu'il reconnut lui-même son erreur : car la Mort de Commode, qui parut l'année suivante, est écrite bien plus simplement. Au théâtre, où l'auditeur n'a pas le temps de chercher et où il importe de se faire tout de suite entendre, le style des ruelles ne pouvait pas être de mise. Molière d'ailleurs n'allait pas tarder à ridiculiser ce jargon.
En ce qui touche le langage, on ne peut nier que la comédie des Précieuses Ridicules n'ait eu un très heureux eiTet : si, après 1659, on trouve encore des façons de parler peu naturelles dans plus d'un auteur et même chez Molière ' lui-même, il est aisé de voir que ce sont là des négligences échappées par un reste d'habitude bien plutôt que des audaces risquées de parti pris. Mais ce que Molière et, après lui, Boileau 2 furent impuissants à corriger, ce fut l'étrange engouement du public pour les conventions romanesques. Jusqu'à la fin du siècle les meilleurs esprits cédèrent à ce faux goût; bien des années après les Précieuses, Mme de Sévigné n'avouait-elle pas qu'elle se laissait prendre « comme a de la glu » aux histoires de La Calprenède? Il ne faut pas s'étonner que Thomas Corneille soit resté longtemps fidèle à un genre toujours goûté et qu'il ait refait cinq ou six fois encore, sous d'autres noms, ses deux premières tragédies. Xi dans Darius, ni dans Pyrrhus, ni dans Persée et Démétrius, ni dans Antiochus 3, ni dans Théodat, ni même dans Brada mante