‹ Thomas Corneille, sa vie et son théâtreChapitre 87 sur 206 · L'univers étonné..., etc. (IV, m · texte numérisé non relu

L'univers étonné..., etc. (IV, m

L'Essex de La Calprenède en disait d'ailleurs autant :

Le mérite et l'éclat des services passés Devant tout l'univers me justifie assez.

pensera de lui1. Il répète sans cesse cpie de son salut dépend celui de toute l'Angleterre, et que personne n'osera porter la main sur un héros de sa taille :

L'intérêt de l'Etat rend ma grâce certaine,

Et l'on ne sait que trop par ce qu'a fait mon bras

Que qui perd mes pareils ne les retrouve pas i !

Quand le capitaine des gardes vient lui demander son épée, il peut à peine croire à une audace qui lui semble être un sacrilège ou une folie : « Prenez », lui dit-il enfin,

Vous avez dans vos mains ce que toute la terre A vu plus d'une fois utile à l'Angleterre. Marchons : quelque douleur que j'en puisse sentir, La reine veut sa perte, il y faut consentir 3

Cette vanité outrée nous gâte le personnage : il a beau, en d'autres endroits, exprimer en quelques beaux vers son mépris parlait de la mort, son intention bien arrêtée de' ne pas acheter la vie par une bassesse :

Si l'arrêt qui me perd te semble à redouter,

J'aime mieux le souffrir que de le mériter 4

Le crime fait la honte, et non pas l'échafaud \

On ne peut admirer de bien bon cœur un homme qui a toujours l'air de poser pour la galerie, qui perd tout le bénéfice de sa vertu à force de la célébrer, ni ressentir une pitié véritable pour une victime qui sait se consoler de l'injustice d'autrui en se rendant si pleinement justice à lui-même.

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