‹ Thomas Corneille, sa vie et son théâtreChapitre 9 sur 206 · Musc historique de Lorct (2 janvier · texte numérisé non relu

Musc historique de Lorct (2 janvier

2. Nous lisons dans une lettre de Valentin Conrart au savant anglais Huyghens (23 mai 1G55) : « Pour M. de Corneille, il s'est jeté dans les compositions pieuses et a laisse le soin du théâtre à un de ses frères. Vous ne devez point vous étonner, s'il n'est point soigneux de vous écrire, puisqu'il n'écrit pas à ses amis d'ici, dont il n'est éloigné tpic de trente lieues. » Nous avons trouvé le texte de cette lettre dans le Catalogue des autographes de la collection Morrison. Une partie seulement en a été citée dans un article du Nouvelliste de Rouen (14 mars 1881).

Représente au mois de novembre 1656, sur la scène du Marais (en changeant de genre, Thomas avait aussi, nous ne savons pourquoi, changé de théâtre), Ti?nocrate souleva des transports d'admiration, dont rien encore n'avait pu donner l'idée. Le roi, Monsieur, et plusieurs princes du sang ne voulurent pas attendre que la tragédie fût jouée à la Cour et se dérangèrent pour l'aller voir au Marais : le jeune monarque se fit présenter Thomas Corneille et le complimenta sur son ouvrage en termes très flatteurs !. Pendant près de six mois, Timocratc fit tous les soirs salle comble 2 : c'est là un fait unique au xvne siècle ; aucun des chefs-d'œuvre de Pierre n'avait eu semblable fortune, pas môme Je Cid. Il faut donc bien croire que Timocrate était l'ouvrage attendu et qui réalisait parfaitement l'idéal du moment.

« On ne cessait point, dit l'abbé Desfontaines, de redemander cette pièce aux comédiens : ces messieurs s'en ennuyèrent les premiers, et un acteur s'avança un jour sur le bord du théâtre et dit aux spectateurs : « Messieurs, vous ne vous lassez point d'entendre « Timocrate:, pour nous, nous sommes las de le jouer. « Nous courons risque d'oublier nos autres pièces , « trouvez bon que nous ne le représentions plus. » Desfontaines n'a sans doute pas reproduit exactement les termes de la harangue; les comédiens parlaient au public avec plus de respect; mais nous n'avons aucune raison sérieuse de contester l'anecdote.

Dans le Mercure calant de 1710, De Visé nous

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