Nigard, HisL de la L'Ut, fr., IV, p
Voltaire en a dit à peu près autant dans son Commentaire : «( Les hommes, tout ingrats qu'ils sont, s'intéressent toujours à une femme tendre, abandonnée par un ingrat; et les femmes qui se retrouvent dans cette peinture pleurent sur elles-mêmes. Presque personne n'examine à la représentation si la pièce est bien faite et bien écrite : on est touché, on a eu du plaisir pendant une heure : ce plaisir même est rare, et l'examen n'est que pour les connaisseurs. » On peut remarquer d'ailleurs que les remarques de Voltaire sar Ariane sont autrement bienveillantes que sa critique du Comte d'Essex; et le jugement général qu'il porte sur Thomas Corneille est en somme très favorable : « C'était, dit-il, un homme d'un très grand mérite et d'une vaste littérature ; et, si vous exceptez Racine, auquel il ne faut comparer personne, il était le seul de son temps qui fût digne d'être le premier au-dessous de son frère. »