II, II
A une amie, qui la plaint, elle répond fièrement :
Don Lope a des vertus dont Téclat m'a su plaire, Mai3 qui n'ose le perdre est indigne de lui '.
Cette amie, d'ailleurs, ne lui cède en rien pour la hauteur d*âme ; elle pense elle aussi
Que dans tous les malheurs un cœur qui se possède De sa propre vertu voit toujours le remède.
Cet esprit de résignation et de sacrifice, peut-être est-il plus cornélien encore qu'espagnol. Il semble que sur ce point l'imitateur a ajouté quelque chose à son modèle. Ce qu'il aurait bien dû y ajouter aussi, c'est, pour nous reposer de tant de vertu, un peu de vraie tendresse, un cri de la passion protestant contre le devoir qui l'opprime : cela, on le chercherait vainement dans tout le théâtre espagnol ; mais Thomas Corneille aurait pu l'aller prendre dans quelques scènes du Cid et de Polyeucte,
Le Baron d'Albi/crac, une des dernières comédies de Thomas Corneille, est aussi l'une des mieux faites : l'intrigue en est bien conduite, quoique encore un peu trop chargée, les scènes plaisantes n'y manquent pas et enfin, ce qui est rare, la versification y est relativement assez soignée. Ces qualités honorables ont d'ailleurs valu au Baron l'honneur d'avoir été conservé jusque dans ce siècle au répertoire de la Comédie- Française.
Dans la pièce française, comme dans la Tia y la Sobrinay nous assistons aux manœuvres de deux cavaliers essayant d'arracher a la tutelle d'une vieille tante une jeune fille, dont l'un d'eux est amoureux. Il se trouve que cette tante est terriblement passionnée et que,