II, III
LES COMBDIE9 ESPAGNOLES. 201
comme Tllespérie des Visionnaires ou la Bélise des Femmes savantes^ elle se croit adorée de tous ceux qui l'approchent. Les deux jeunes gens ont toutes les peines du monde à se dérober aux empressements de la vieille et à délivrer la beauté qu'elle tient captive. Yoilà le sujet, fort simplifié.
Deux rôles seulement méritent d'être signalés : c'est d'abord la jeune fille, futée sous son air d'innocence, à qui l'amour donne de l'aplomb et qui, surprise deux fois dans un entretien galant, se tire d'affaire avec un sang-froid et une ingénue duplicité, dont son futur mari devrait peut-être s'inquiéter. Il semble qu'on ait là comme une vague ébauche de la Rosine du Barbier, L'autre personnage, et qui est le plus important de la pièce, est tout k fait de l'invention de Thomas Corneille : c'est un valet, du nom de La Montagne, qui, pour débarrasser ses maîtres des poursuites de la tante, vient l'accabler de ses protestations de tendresse, sous le faux nom de baron d'Albikrac. Ses lourdes facéties, ses galanteries d'antichambre ^ déconcertent la vieille, qui n'ose pourtant repousser tout à fait un amoureux si enflammé, et c'est là une situation vraiment comique. Qu'on se représente Mascarille serrant de près Bélise; Mascarille, au sortir de table,