ISABELLE
Le cœur va me manquer, si ce discours ne cesse *.
Isabelle a été suivie par deux cavaliers qui sont amoureux d^elle : ce ne sont, pendant tout le reste de la pièce, que rendez-vous donnés dans les couloirs de l'hôtellerie, méprises, surprises, portes qui s'ouvrent inopinément, fuites rapides dans l'obscurité, le tout mêlé de brutales sorties de don Bertrand, qui finit par s'inquiéter de tout ce tapage et par déclarer qu'il ne se mariera pas, de peur d'être trompé. Il cède la main de sa fiancée à un des jeunes cavaliers, qui est justement celui qu'elle aime, et il fait ainsi ses adieux au jeune couple :
Vous lui parlez d*amour au mépris de ma flamme? Mariez-vous sur Theure et la prenez pour femme ! C'est par où je prétends me venger de tous deux. Elle, sans aucun bien, vous, passablement gueux, Allez, vous connaîtrez plus tôt qu*il ne vous semble. Quel diable de rien c'est, que deux riens mis ensemble. Dans la nécessité vous n*aurez point de paix : L*amour finit bientôt, la pauvreté jamais.
Afin que tout vous semble aujourd'hui lis et roses, J*aurai soin de la noce et paierai toutes choses; Mais vous verrez demain qu'on a peu de douceur A diner d*un : « Ma vie ! » à souper d'un : a Mon cœur f j» Et qu'on est mal vêtu d'un drap de patience.
Doublé de foi partout et garni de constance *.
Voila une vengeance bien spirituelle pour un si grand fou ; mais enfin le morceau est joli, il est dans le ton