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de la bonne comédie : pourquoi toute la pièce n'est-elle pas écrite dans ce style ? Pourquoi y a-»t-il tant de fautes de goût? Les grossièretés et, on peut dire, les malpropretés entassées dans le rôle de don Bertrand nous paraissent aujourd'hui devoir exciter le dégoût bien plutôt que le rire. La grosse charge s'opposant ainsi à l'idéal romanesque, l'imagination s'exerçant k contresens, pour avilir et non pour embellir la réalité, ce qu'il y a de bas et de laid dans l'humaine nature s'étalant, se glorifiant avec une ampleur presque* héroïque, c'est bien là le burlesque : don Bertrand célébrant sa gale ne pouvait point choquer des spectateurs qui avaient applaudi le Jodelet du Maître Valet •s'écriant avec orgueil, le cure-dent en main :
II n'est rien tel qu'être pied plat.
Soyez nettes, mes dents, Thonneur vous le commande. Perdre les dents est tout le mal que j'appréhende ^
Ce qu'il faut admirer, c'est qu'on se soit plu à écouter ces répugnantes facéties longtemps encore après Molière, jusqu'à la fin de ce grand siècle qu'on aime à se représenter comme le plus délicat et le plus poli qui ait jamais été. Même dans Tâge suivant, Fontenelle ne craignait pas de placer Don Bertrand de Cigarralk côté du Menteur '. Il est vrai qu'un peu plus tard il faisait, sans le savoir, la juste critique d'une telle bouflPonnerie quand il écrivait : « La plus difficile espèce de comique est celle qui n'est comique que pour la raison, qui ne cherche point à exciter bassement un rire immodéré dans une multitude grossière, mais qui élève cette multitude presque malgré elle à rire finement et avec esprit ^ ».