III, TIII
27a THOMAS CORNEILLE.
abolies, il semble que Tunivers obéisse à un mystérieux caprice.
Entre ces tableaux brillants et terribles, des nymphes et des satyres viennent égayer la scène et donner quelque répit à Tadmiration. — Les satyres, compagnons de Glaucus, poursuivent les nymphes, suivantes de Circé : les nymphes résistent mollement, et ce ne sont que propos de morale galante, discussions entre prudes et coquettes, où les coquettes ont toujours le dernier mot :
Celle qu'on voit qui se défend le mieux Est quelquefois le plus prête à se rendre *.
Ou bien :
A quoi bon ce déguisement?
Vous décriez Tamour et pensez autrement.
Car enfin votre cœur est fait comme le nôtre. Et, 8*il vous venait un amant.
Vous le prendriez comme une autre *.
€C Ah! combien il en est », dit encore la coquette.
Qui, sans en rien dire, envisagent Comme un sujet mortel d'effroi L'incommode sagesse où les ans les engagent, Et qui de tout leur cœur enragent De n'oser être aussi folles que moi '!
Au diable donc les prudes! Nargue soit des jaloux!
C'est bien aux maris à gronder Si quelquefois de tendres flammes S'allument dans nos jeunes cœurs !
Que ne sont-ils les galants de leurs femmes?
On n'en chercherait point ailleurs ^
i. I, II.