‹ Thomas Corneille, sa vie et sor théatreChapitre 154 sur 209 · Nouvellei de la République de* Lettret^ juin · texte numérisé non relu

Nouvellei de la République de* Lettret^ juin

LES PIECES A MACHi;(ES. 293

membre de rAcadémic des Sciences, passa^ parait-il, toute sa vie h rechercher la fameuse pierre, et il avait tant d'imitateurs qu'un de ses amis vint le supplier à son lit de mort de confesser Tinutilité de ses travaux, « pour retenir ceux qui s'engageaient trop facilement dans cette malheureuse passion ' ». Les hommes les plus instruits parlaient de cette question avec une gravité qui nous paraît aujourd'hui bien surprenante. Basnage raconte dans ses Nouvelles que des savants de Berlin avaient lieu de croire qu'ils avaient trouvé la pierre philosophale * ; Bayle analyse quelque part, et très minutieusement, un ouvrage d'un certain ToUius sur la transmutation. La secte allemande des Rose- Croix, ma'giciens et alchimistes, avait en France de nombreux adeptes, surtout dans les classes élevées. Il ne manquait pas non plus de fripons qui exploitaient une superstition si générale, cherchant des associés pourtirer parti de merveilleux secrets et leur soutirant leur bon argent : marchands de Rosée d'Egypte, indispensable dans le Grand Œuvre pour tempérer la chaleur des fourneaux, heureux possesseurs de la « Pistolc Volante », Allemands « qui avaient attrapé l'Esprit Universel répandu parmi les airs », descendants de Raymond Lulle qui avaient dans leurs papiers de famille une recette pour faire les rubis ', chercheurs de trésors dont la baguette était infailliblement attirée par les richesses souterraines ^.

Thomas Corneille se flattait de pouvoir « retirer tant

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