‹ Thomas Corneille, sa vie et sor théatreChapitre 46 sur 209 · Mercure de jaia 1693, p. 268 et suit · texte numérisé non relu

Mercure de jaia 1693, p. 268 et suit

S. Mercure galant.

« C'est médisance, c'est calomnie »? II faut les nommer : ce sont des poètes. Mais quels poètes? Des auteurs d'hymnes sacrées ou des traducteurs de psaumes, des Godeau ou des Corneille? Non, mais des faiseurs de stances et d'élégies amoureuses, de ces beaux esprits qui tournent un sonnet sur une absence ou sur un retour, qui font une épigramme sur une belle gorge, et un madrigal sur une jouissance. )>

Voilà qui était certainement pour Fontenelle.

Les Théobaldes ni ceux qui travaillaient sous eux et dans leur atelier ne jugèrent pas à propos de continuer une lutte où ils sentaient qu'ils n'auraient peut-être pas l'avantage. Le premier moment de colère passé, Thomas Corneille, a .qui ces violences ne devaient guère plaire, réprima l'ardeur de Fontenelle et de De Visé, plus belliqueux que lui, et,, à partir de ce moment, le Mercure ne prononça plus le nom de La Bruyère.

La querelle des Anciens et des Modernes ne devait d'ailleurs pas tarder à s'apaiser, au moins pour quelque temps. L'année suivante, le 4 août 1694, Perrault et Boileau se réconcilièrent. Corneille dut aussi se raccommoder avec le satirique * : car le Mercure ne parla plus de Boileau qu'en termes très flatteurs. Ce qui est certain, c'est que Thomas vécut dès lors en très bonne intelligence avec la plupart des partisans des Anciens, particulièrement avec Huet ', fort assidu comme lui aux séances de l'Académie. Il achevait d'ailleurs dans

1. A la date du 17 déc. 1710, Brossette écrit à Boileau : « N'avexvous pas aussi perdu un ami dans la personne de M. Corneille le Jeune, de qui j'avais coutume de dire avec Lucain : magni nominU umbra, quoiqu'il eût lui-même un grand nom ? »

2. Son amitié pour l'évcque d'Avranches ne s'était même pas refroidie pendant la querelle : nous citons dans Y Appendice une lettre qu'il lui écrivit en 1692, alors qu'Huet était au siège de son évêcfaé.

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