‹ Thomas Corneille, sa vie et sor théatreChapitre 5 sur 209 · Obiigadoê e offendidos y gorron de Salamanca · texte numérisé non relu

Obiigadoê e offendidos y gorron de Salamanca

frères Parfaict, aimait à lire ses ouvrages à ses amis, à mesure qu'il les composait. Il appelait cela essayer ses lisfres. L'abbé de Boisrobert fut du nombre de ceux à qui il fit la lecture de sa comédie : il en trouva le sujet à son goût et ne se fit pas scrupule de recourir à l'original, pour en «omposer les Généreux Ennemis^ comédie qui fut représentée a FHôtel de Bourgogne, alternativement avec celle des Illustres Ennemis de M. Corneille le Jeune, avant que Scarron eût fait paraître la sienne sur le théâtre du Marais ^ » Scarron ne pardonna pas a Tabbé ce procédé peu délicat et se vengea, comme on sait, en disant beaucoup de mal de son talent et davantnofc encore de ses mœurs.

Le jeune Corneille resta en dehors de la querelle : sa réputation d'honnét^é était déjà trop bien établie pour qu'on le pût soupçonner d'avoir voulu exploiter ridée d'un autre à sou profit. Il avait d'ailleurs fait à ce sujet une profession de foi assez nette dans la Dédicace de ses Engagements du hasard, qui venaient d'être imprimés peu jde temps auparavant : « Vous connaissez jusques au fond de mon cœur, et vous pouvez répondre pour moi que, quand je n'estimerais pas tous ceux qui écrivent aujourd'hui pour la scène, au point que je les estime, je suis trop persuadé qu'il n'est pas tout à fait beau de marcher sur les pas d'autrui, pour avoir jamais la pensée de m'engager ii un dessein où j'aurais été prévenu ' ».

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