‹ Thomas Corneille, sa vie et sor théatreChapitre 4 sur 209 · Bouquet, Point* obscure..., p · texte numérisé non relu

Bouquet, Point* obscure..., p

5. Pierre arait reçu la a Petite Maison v, qui était d'ailleurs la plus élcTée.

6. Aveux faits par Pierre Corneille le 18 juin 1642 et le 13 août 1653.

dès Tabord, joâir d'une assez honnête aisance et n'avait point absolument besoin, pour subsister, des bénéfices du théâtre.^.

Thomas ne tarda pas cependant à porter un nouvel ouvrage aux comédiens : Tannée même de son mariage, il fit représenter, encore sur la scène de THôtel de Bourgogne, une troisième comédie : Don Bertrand de Cigarral, imitée celle-ci non plus de Calderon, mais de ce Francisco de Rojas, auquel Rotrou avait pris le sujet de son Vences/as , Don Bertrand réussit encore mieux que les Engagements du hasard et que le Feint Astrologue. « Cette pièce, nous dit De Visé *, fut si estimée et si suivie que Ton a remarqué que, pendant un certain nombre d'années, clic a été jouée plus de vingt fois à la Cour, sans les représentations qui en ont été données en public. » Il faut dire aussi que le principal rôle était joué par le célèbre Jodelet, qui avait déjà assuré le succès de deux comédies de Scarron * et dont Paris était alors idolâtre; toutefois, même après la mort de ce plaisant bouffon. Don Bertrand ne fut pas oublié. En 1659, en 1660, en 1661, la troupe de Molière le joua régulièrement, nous le voyons par le Registre de Lagrange ; eu 1685, il était encore compté parmi les ouvrages qui pouvaient attirer le public ' et,, dans le siècle suivant, Fontenelle ne craignait pas de le comparer au Menteur.

En 1651, Thomas Corneille fait jouer f Amour à la mode, imitation assez originale d'une pièce d'Antonio de Solis *, et où il semble avoir essayé de peindre un

1. Éloge de Thomat Corneille ^ par De Visé. {Mercure galant ^ jan- TÎer 1710, p. 270 et suiv.)

2. Jodelet, maître ou tfalet; les Troie Dorothée ou Jodelet souffleté.

3. Répertoire det comédies françaises qui se peuvent jouer en 1685, (Bibliothèque nationale, Mannscrits, fonds français, n* 2509.)

4« El amor al uso.

caractère. En 1653, les comédies pastorales étant revenues à la mode, il en fait, avec des morceaux d'un roman de Sorel, une assez amusgnte satire {le Berger '%.

extravagant) ; la même année, il éprouve son premier échec avec le Charme de la voix, dont Tintrigue parait trop embrouillée à un public qui était pourtant accoutumé a en suivre de singulièrement confuses : mais il prend son parti de cet insuccès ^vec infiniment de bonne grâce, accepte sans récriminer le jugement du parterre et se promet de faire mieux ^

L'année suivante, en 1654, il se trouve en concurrence avec deux poètes, dont l'un avait déjà obtenu de brillants succès au théâtre, dont l'autre avait, à défaut d'un grand talent, des protecteurs nombreux et puissants : Scarron et l'abbé de fioisrobert. Renonçant pour une fois à ses bouffonneries ordinaires, le spirituel paralytique avait voulu s'essayer dans un genre un peu plus élevé et il avait pris dans une comédie de Francisco de Rojas ' le sujet d'une tragi-comédie. Par une rencontre assez extraordinaire, mais à coup sûr accidentelle, Thomas entreprit dans le même temps de travailler sur la même matière, et, comme il faisait les vers plus rapidement que n'importe qui, il termina le premier sa pièce, qu'il intitula les Illustres Ennemis : il la fit jouer à l'Hôtel de Bourgogne, où nous savons qu'elle eut un heureux succès. Pour Boisrobert, ce ne fut point par hasard qu'il traita un sujet dont d'autres avaient déjà pris possession. « Scarron, racontent les

1. « Je n'appellerai point, dit-il dans Y Avertissement de cette pièce, du jugement du public sur cette comédie : il peut se laisser surprendre dans les approbations qu'il donne..., mais il arrive rarement qu'il condamne ce qui mérite d'être approuvé, et, puisqu'il t'est déclaré contre cet ouvrage , je dois être persuadé qu'il avait raison de le faire. »

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