‹ Thomas Corneille, sa vie et sor théatreChapitre 52 sur 209 · Séance du 11 mars · texte numérisé non relu

Séance du 11 mars

3. Séance du vendredi 23 janvier 1705. « On n'a pas bien su deviner, dit le procès-verbal, ni le rang ni les attributions de vétéran, qui est une nouvelle dig-nité jusqu'alors inconnue à la Gompag-nie; ainsi M. de Corneille, en attendant quelque explication sur son état, demeure toujours à sa place ordinaire, également aimé et estimé de tous ses confrères. »

ne l'avait pourtant pas détourné de son travail I Ce fut un aveugle qui classa les mille et mille documents recueillis pour le Dictionnaire^ qui dirigea l'impression et qui même, le croirait-on? corrigea les premiers tirages. « Pour cela, raconte Niceron *, il avait dressé un lecteur, dont il s'était rendu la prononciation si familière, qu'à l'entendre lire, il jugeait parfaitement des moindres fautes qui s'étaient glissées dans la ponctuation ou dans l'orthographe. » On s'est souvent attendri sur la triste vieillesse de Pierre Corneille ; on a gémi de voir l'auteur du Cid et de Polyeucte finissant dans la gène, attendant avec anxiété le payement de sa pension , que retarde la négligence d'un commis. Thomas Corneille a certes moins de droits à l'intérêt de la postérité : pourra-t-on cependant se représenter san émotion cet homme de talent, qui avait connu la gloire, vieux, infirme *, privé de la vue, oublié presque de tout le monde, perdu au fond d'une rue obscure ', travaillant encore, concentrant sa pensée, faisant un continuel effort pour retenir dans sa mémoire tous les détails d'une œuvre immense et réduit à compter, pour vivre, sur la générosité d'un éditeur ?

Ajoutons encore qu'une longue série de deuils l'avaient frappé dans ses plus chères affections : en 1691, il avait perdu son gendre Louis de Marsilly ; en 1694, sa belle-sœur, Marie de Lempérière; en 1698, son neveu, Pierre Corneille, qui, en mourant, avait confié à sa tutelle un petit enfant de quatre ans * ; en 1699, son

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