rf., V, II
Une fortune ennemie le sépare-t-eile pour jamais de sa maîtresse, il ne doit pas avoir la force de prononcer le mot : Adieu,
Et d'un cœur languissant le désordre confus Doit servir d'interprète à qui n*espère plus *.
Ces préceptes ainsi formulés comme des principes indiscutables, comme des extraits d'un code universellement accepté, ne font-ils point songer à ces règles de l'amour précieux qu'expose Madelon dans la comédie de Molière et que Mlle Desjardins a mises en vers? Ne sont-elles point un trait bien caractéristique de la galanterie de ce temps, qui avait fait de Tamour une science et presque un métier ?
Quant au galimatias et au style forcé, on en trouverait cent exemples dans Bérénice] nous nous contenterons d'en donner un. Quand Bérénice, devenue princesse, se sépare de son amant, qui se croit sujet, « Ne m'oublie pas », lui dit-elle.
Ose m'aimer encore pour vivre malheureux ;
et, comme le jeune homme regrette de n'avoir pas appelé la mort à son secours :
Car par sa promptitude elle /'eût délivré De l'affreux désespoir d'avoir trop espéré,
elle ne peut retenir quelques soupirs : « Qu'ils sont doux à mou cœur », s'écrie alors son amant.
Ces précieux témoins d'une ardeur toute pure I Mais Lis! puis-je sans crime en goûter les appas? Je me vois malheureux, si vous ne l'êtes pas, Et tel est le destin qui nous perd l'un et l'autre, Que mon plus grand bonheur est de troubler le vôtre *.