‹ Thomas Corneille, sa vie et sor théatreChapitre 68 sur 209 · Darius y I, iv · texte numérisé non relu

Darius y I, iv

2. Eriphile dans TintocralCy Antigone dans Pyrrhus, Erixène dans Persée et Démétrius, etc. Quatre ans après Darius, l'Elise de VAstrate (1664) dira la mérae chose et à peu près dans les mêmes termes :

Je négligeai d'abord une langueur secrète,

Je n'appelai qu'estime une estime inquiète,

Et mon cœur trop superbe, et trop crédule aussi,

Crut, même en soupirant, qu'on estimait ainsi.

Il ne serait pas difficile de trouver des analyses semblables même dans P. Corneille (Pertharite, Sophonisbe, Pulchérie, etc.) et de montrer que, s'il a exercé sur le roman une influence manifeste, il a subi à son tour, au moins par quelques côtés, l'influence du roman.

LES TRAGéDIBS ROMANESQUES. 137

docilement a la suite de Testime et commence toujoui's par se mettre d'accord avec la raison, c'est bien Tamour à la mode, dont les romans ont réglé tout le progrès : lisez, pour ne citer que cet exemple, l'histoire d'Élise et d'Artaban dans le tome III de la Cléopdtre^ et vous verrez bien que c'est à cette source que Thomas Corneille a été puiser sa psychologie. Et cet amour tout artificiel, nous croirions volontiers que les romans l'avaient emprunté eux-mêmes h Pierre Corneille ; mais ce que le grand poète n'avait donné que comme un état d'âme exceptionnel, comme l'effort héroïque d'un grand cœur qui parvenait, par un miracle de volonté, à se rendre maître de soi, les romans l'avaient présenté comme le sentiment le plus naturel et, peut-on dire, le plus banal, avilissant cette conception idéale jusqu'à en faire un procédé.

L'amant, lui, est moins raisonnable ; son cœur ne fait point tant de façons ', mais quand il est pris, il est pris tout entier et pour la vie. On nous conte que notre héros a été autrefois un aventureux et vaillant capitaine : les armées des États voisins ont reçu de lui des leçons dont elles se souviennent encore ; mais du jour où cet illustre vainqueur s'est laissé vaincre par deux beaux yeux, il ne sait plus être qu'amant. Peu lui importe que le' mystère de sa naissance soit éclairci ou non, qu'il perde un père, qu'il en retrouve* un autre, qu'il soit prince ou simple sujet : ces changements de fortune ne peuvent le toucher qu'en tant qu'ils ont pour effet de le rapprocher ou de le séparer de sa princesse.

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