IV, I
il est. La scène est belle encore, malgré quelques longueurs et quelques faiblesses.
« Vous, mon fils ! s'écrie Laodice, mais vous êtes alors plus coupable que moi! »
Par mille et mille soins rendus jusqu'à ce jour Vous m'avez pour mon fils fait naître de l'amour. Vous avez allume dans le sein d'une mère Une ardeur à la fois et détestable et chère.... Arrachez-moi du cœur ce qui vous fait aimer.
Otez-moi cette ardeur qui, quoique je l'abhorre. Me fait voir dans mon fils un amant que j'adore '.
Cette mère criminelle se tue à la fin de la tragédie, d'un seul coup frappé au cœur, et le généreux Ariarate a encore la vertu de la pleurer.
Dans son Britannicus qui parut un an après Laodice^ Racine s'est certainement souvenu de la pièce de Thomas Corneille *. Mais son Agrippine est le modèle des vertus, si on la compare à cette terrible reine de Cappadoce qui réunit en elle les plus monstrueuses passions et fait songer tout à la fois à Rodogune, à Pertharite, à Phèdre et a Athalie.
Camma est assurément une des bonnes tragédies de Thomas Corneille : c'est peut-être de toutes la mieux construite et, s'il nous était possible d'en faire ici l'analyse détaillée, on verrait bien qu'il faut reconnaître avec Titon du Tillet que « Corneille le Jeune a su parfaitement les règles du théâtre et qu'aucun de nos poètes dramatiques n'a mieux entendu que lui ce qu'on appelle le plan et la conduite d'une pièce ' ». Dans tout le