‹ Thomas HodgskinChapitre 28 sur 87 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Norfolk, rendus fertiles par le travail et qui maintenant paient une rente, et sur ce fait, joint à plusieurs autres du même genre, — la totalité de la Hollande, par exemple, et toute la plaine de Lombco'die, ont été rendues, comme le Norfolk, fertiles par le travail, — on peut fonder les objections les plus fortes contre toute la théorie de Mr. Ric£a*do sur la Rente et sur la chute des profits naturels avec le progrès de la société. Gela prouve clairement, comme vous dites, que quelques terres qui paient une rente n'ont pas àQ pouvoirs originels et indestructibles, mais je suis disposé à étendre cette observation à toute terre, à aflirmer que c'est le travail humain qui rend un sol quelconque productif, et que c'est en conséquence du fait que les propriélcdres fonciers ont originellement monopolisé le travail de leurs esclaves qu'une rente se paie aujourd'hui en Europe. Nous savons que les pouvoirs du sol dans TAmérique du Nord et en Nouvelle-Hollande étaient pratiquement nuls avant d'avoir été appelés à l'existence par le travail et l'ingéniosité des Européens. Ils n'épargnaient pas, au petit nombre de sauvages, errants sur d'immenses espaces^ les misères du besoin. Indépendamment du travail humain, il n'y a pas de pouvoirs originels indestructibles du sol. Une ingéniosité semblable à celle qui rendit productifs les sables du Norfolk a rendu productifs les marais de Hollande et le sable de Lombardie. Et la même ingéniosité pourrait en ce moment, si la chose était faisable sans demander la permission des rois et des propriétaires qui monopolisent le sol de l'Allemagne, rendre tous les sables et tous les marécages de la Moravie, de la Prusse et du Hanovre, probablement tout aussi productifs que les anciens sables mouvants

du Norfolk. Les sols que Ton appelle aujourd'hui détestables entre tous peuvent, par quelques améliorations ou altérations dans le mode de culture, être rendus aussi productifs que ceux qu'on appelle aujourd'hui les meilleurs. Par exemple l'introduction des moutons a fait payer aux hautes terres d'Ecosse des rentes beaucoup plus hautes qu'auparavant. Mais personne n*a pu employer une partie du territoire auparavant désert de lord Breadalbane à cette fin, sans lui payer une rente. Et il a pris garde d'augmenter cette rente toutes les fois que le fermier a tiré de la terre un parti suffisant pour tenter une autre personne de suggérer à My Lord qu'il pourrait tirer de son sable une rente plus haute. Ces améliorations nous montrent que la Rente , quoiqu'elle puisse être augmentée par quelques diversités de sol, n'a pas été originellement et n'est pas à présent entièrement payée pour quelques pouvoirs indestructibles du sol. Vous ne dites pas si, oui ou non, vous admettez le fait que la plus grande partie de l'Europe a été cultivée par des esclaves. C'est ce qui me semble constituer, dans notre enquête, un fait d'importance fondamentale. J'ai donc consulté V Angleterre de Hume, le Charles-Quint de Robertson, ïHistorical View de Millar,les Sketehes ofMan de Kames, Adam Smith, etc. etc., et tous s'accordent à dire que presque toute l'Europe a été autrefois cultivée par des hommes liges. Je tiens donc pour un fait établi que toute la société européenne a été divisée autrefois en maîtres ou propriétaires fonciers et esclaves. Depuis cette période primitive, une autre classe a surgi, d'hommes qui, possédant un capital et de l'ingéniosité, ne possèdent pas toute l'autorité des lords et ne sont pas aussi abjects que les esclaves. Cette classe a tiré son origine moins

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