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TliOMiLS UODUSKIN
développe cette idée que la grande œuvre accomplie par les nouveaux philosophes, «Adam Smith, Malthus, Bentham et tous les économistes politiques, et tous ceux qui ont écrit sur la législation depuis un demi-siècle », c'est d'avoir discrédité les lois existantes et profondément modifié « les sentiments éprouvés par les peuples à l'égard des gouvernements » (i). Mais son anarchisme va plus loin que leur réformisme : il n'attaque pas les lois existantes en détail, mais toutes les lois sans exception ou, mieux encore^ la notion même de loi.
La philosophie économique des Benthamites est antilégislative : pourquoi en est-il auti*ement de leur philosophie juridique ? C'est /d'une façon absolue que la notion de loi positive est inconciliable avec Texistence de lois naturelles : voilà ridée qui s'est emparée de l'esprit j de Hodgskin dès ses premières réflexions, dès ! ses premières lectures. Mais, alors, comment ^ expliquer Texistence, Torigine des lois posi- ' lives? Hodgskin étend à toutes les lois sans restriction Texplication^ donnée par les Benfhamiles, de Torigine des lois mauvaises ou, comme ils disaient en leur langage, « sinistres». Elles ont été faites par des oligarchies pour
(i) Hodgskin à Place, so janv. i8ao« Brit Mua. add. mss. 36.153, t iso verso.
CHAPITRB PRBMIBR
la défense de leurs intérêts particuliers contre riutérêt de la masse des sujets. Hodgskin se livre donc à des recherches sur l'origine des lois, demandant à Place de le renseigner sur certains détails relatifs à l'antiquité biblique :
Est-ce que toutes les nations de l'antiquité dont
nous avons connaissance n'étaient pas composées de maîtres et d'esclaves ? ei les lois pénales ne peuventelles avoir pris naissance, n'ont-elles pas eUectivement pris naissance dans un état social de ce genre ? ne forent-elles pas créées principalement pour iaire régner Tordre parmi les esdavés (i) ?
Il se fait adi^esser par Francis Place les «Traités de Législation » de Bentham (a)» et réussit à faire passer, dans le Magazine que dirige Constable, un article sur le droit pénal, très modéré de ton, où il rend hommage à Bentham. Mais un second article, qui devait l'aire suite au premier, est refusé (3). .Pour un temps, Hodgskin cesse de s ^intéresser à Fétude de ce problème fondamental.
Sur d'autres points, aussi bien» le benthamisme appelle la critique. En matière de droit constitutiouiiel^ les radicaux utilitaires attaquent
(1) Hodgskin à Place, 8 février i8ao, BriU Mus. add. mss. 33.153, f. 124 verso.
(2) i5 féyr. x8ao Brit.Mua, add. mss. 33.i53, f. ia6 verso. Cf. ao avril, f. i33.
(S) i5 févr. x8ao, BHt Mu», add. mss. 3?.i53, 1. ihq.
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le régime monarchique et le régime aristoeratique, mais c'est pour proposer un parlementarisme démocratique, où se irouTera garantie» par des procédés en quelque sorte mécaniques, Tliarmoniedes intérêts entre gouvernants et gouvernés. Hodgskin, qui a déjà prémuni les lecteurs de son « Voyage en Allemagne » contre la superstition du régime représentatif, est sceptique sur 1 eiiicacité de ce mécanisme législatif. Un instant, il songe à entreprendre une histoire critique de la législation parlementaire en Angleterre (i). Puis James Mill, dans la publication de Napier, publie son fameux Essai sur le Gouvernement qui fixe le programme constitutionnel des Benthamites ; et Hodgskin, dans une lettre à Place où il discute James Mill, oppose à lldée d*un gouvernement démocratique l'idée d'une société sans gouvernement : si Topinion publique fait toute la force d'une constitution, pourquoi Topinion publique, sans mécanisme constitutionnel, ne pourrait-elle suffire à constituer une société stable? Contre James Mill, il ressuscite la docti*ine de Godwin*
11 (Mr. Mil!) postule la seule proposition que je serais disposé à contester, à savoir que Tobjet du gouvernement (la protection de la propriété) est atteint quand un grand nombre d'hommes s'unissent
(i) Hodgskin à Place; m avril i8ao. Bril. Mu8. add. mss. a3.i53, f. i33.