CHAPITRE PREMIER
des lois que du progrès naturel de la société, et, avec le temps, n'étaient les règlements du gouvernement» let» lois de primogéniture, etc., etc.» elle absorberait entièrement les deux autres classes, et nous aurions dans le monde une démocratie d'êtres humains éclairés et bi(jQ pourvus. Laissons de côté cette classe nombreuse et dont le nombre s'accroît, nous trouvons encore dans la société les descendants des propriétaires fonciers et les descendants des esclaves. Les premiers sont Taristocratie foncière, les seconds sont les trœmlleurs et les omriers numuela de la société. Nous savons que l'aristocratie a toujours tenu dans ses mains le pouvoir politique du pays et que les Statutes for labourers et autres lois ont toujours maintenu le salaire du travail presque au niveau 4u minimum de subsistance. Hall, d'une façon topique, demande, dans ses Voyages au Canada et en Amérique, si ce serait améliorer la condition d'un esclave de l'aHrauchir, tout en l'obligeant à se contenter, sous le nom d'homme libre, tant que le monopole du sol resterait aux maîtres, de la piu» petite mcbure de subsistance. £t, dans une autre partie de son travail, il répond à cette question en disant que, là où la plus grande partie de la collectivité est dans un état d'esclavage, ce qui est donné aux esclaves deviendra, si on les l'ait libres, la mesure du salaire de leur travail d hommes libres. Je tiens cette remarque pour vraie, et que le salaire du travail, dans la société européimne d'aujourd'hui, doit être considérée comme la récompense donnée par les maîtres aux esclaves. Voilà trois faits très importants, liés les uns avec les autres, et relalii's à la somme aciuelleiiiciit payée sous le nom de rente : 1" le sol de TEurope a été autrefois cultivé par des esclaves, une grande
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partie du produit de leur travail allant à ceux qui les employaient, aux propriétaires fonciers; 2^ ces classes dlioniines se sont toujours rencontrées dans la société earopéenneyCt 3» le salaire du travail est à présent et a toujours été en Europe déterminé par la rémunéra* tion antérieurement donnée aux esclaves. C'est un fait incontesté que la terre et, avec elle, tous les moyens de subsistance, ont été occupés et monopolisés par un petit nombre d'individus dans tous les États d'Ëurope. £t leurs descendants ou les personnes qui ont acheté leurs droits continuent, encore aujourd'hui, à monopoliser la terre. — Us ont obligé les habitants de leurs districts à leur livrer une certaine portion de blé, qui, avec le temps, a fini par être commuée en argent et constitue à présent la sonmie qui se paie conmie rente. Que les rentes en argent ne soient qu'une commutation de services personnels, c'est ce que je tiens pour certain. Supposez qu'un homme lige, par une excessive parcimonie, ou bien eu llaltant les vices de son seigneur, reçoive de lui une portion de terre qu'il monopolise, il recevrait en vérité une partie du pouvoir de son seigneur sur le travail du reste des esclaves qui y demeuraient, sur l'espace qu'il avait reçu, ou bien son seigneur lui donnerait au moins sa liberté et le produit de son travail. Supposez qu'un homme, par le commerce, en voyageant, ou de toute autre manière, acquière un capital considérable et, à son retour dans son pays natal, se trouve en état d'acheter à un de ceux qui monopolisent le sol une partie de son domaine^ ne lui achèterait-il pas le pouvoir que ce monopole confère sur le travail de l'homme-lige qui habitait le domaine? Et si lui, n'ayant pas la conscience d'une naisaance noble^ ne pouvait posséder tout le pouvoir
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qae ce fait donnait à son prédécesseur et déliait les
hommes liges de l'obligation du service personnel, ne seraient-ils pas encore, tout le reste de la terre étant monopolisé, obligés de travailler pour lui à ses conditions ou de mourir de fidoi ? Ki si, par la suite, il louait une grande partie de sa terre, la somme à lui payée sous le nom de rente ne serait-elle pas en réalité le prix d'une part de son privilège d'extorquer une portion du travail des hommes-liges ? Supposez qu'un fermier écossais — la chose, en vérité, est arrivée — loue une certaine quantité de terre à un noble polonais ou russe, quelle que fût son ingéniosité, il n'en pourrait, avec son propre travail, cultiver qu'une petite portion. Mais, en s'aidant du travail des paysans que le seigneur lui accorderait au taux de (j d. par jour et par léte, il pourrait cultiver toute une contrée, et la rente qu'il berait alors en état de payer serait bien plus en proportion du nombre d'hommes qu'il emploierait, comparé à leur produit absolu, que de l'étendue de la surface à laquelle s appliquerait son travail. Lt, soit en lui louant, soit en lui vendant ce ternloire, le noble ne lerait en vérité que lui vendre ou lui louer non pas le pouvoir originel et indestrmtibie du sol, mais son pouvoir sur le travail des esclaves qui rhabitaient. L'origine de la rente qui se paie actuellement est la suivante. Un petit nombre d'hommes lirent la conquête d'auLrus hommes et monopolisèrent tout le sol du pays. D'abord 'û& employèrent et nourrirent leurs esclaves, et s'approprièrent le produit de leur travail. Puis ils vendirent ou échangèrent ce pouvoir sur leurs esclaves à d'autres personnes, qui remirent aux esclaves l obligalion du service personnel, mais les contraigoirent encore à travailler aux conditions des
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propriétaires fonciers. C'est pour la portion de ce pouvoir sur une terre déjà appropriée que la rente se paie en Europe. Ou ne saurait ailirmer positivement, mais je sois disposé à croire qu'aucune espèce de rente n'eût jamais existé s'il n'y avait jamais eu d*e8clai^8. On ne peut tirer argument, contre celte hypothèse, de l'état de TAraérique du Nord, parce qu'un grand nombre de travailleurs de ce pays sont les descendants des esclaves d'Europe et sont presque aussi dépendants de ceux qui déjà possèdent le sol et le capital que s'ils vivaient en Europe. L'Amérique, en fait» souffre» comme l'Europe, du vice de l'état primitif de la société dans ce dernier pays, aussi bien qu'elle bénéficie de ce que contenaient de bon ses connaissances et ses institutions.
Si la description que nous donne Mr. Ricardo de l'origine de la rente est vraie, si jamais elle ne dépasse la différence entre le produit des bonnes et des mauvaises terres, alors la rente ne peut jamais relever le prix. Il a surmonté toutes les difficultés de cette partie du sujet par sa définition, peu libérale, je crois, du prix du travail. Adam Sinitli était beaucoup plus juste. Mr. Ricardo a trouvé le travail rémunéré dans notre société comme si le travailleur était un esclave, et a admis que telle était sa condition naturelle. Si l'origine que j'ai assignée à la rente est exacte, la rente relève le prix de toutes choses et entrave le progrès que nous pourrions effectuer en faisant passer la charrue sur des déserts, et sur d'autres terres à présent incultes, non seulement en raison de la somme qu'il faut payer aux propriétaires fonciers pour avoir la permission de mettre ces espaces déserts en culture, mais encore paixe qu'elle relève^ pour la personne qui pourrait les cultiver.
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le prix de tout ce qu'il consomme, tandis que leur produit est envoie de se préi)ar(T à la consommation.
Mr. Hicardo a cousidérabiement embrouillé celle partie de son sujet en supposant que les acheteurs, ou la société qui paie les prix» diffèrent des trois grandes classes, propriétaires fonciers, capitalistes et travailleurs, entre lesquelles il divise le produit dn sol. Toutes les considérations politiques et économiques nous obligent cependant à considérer la collectivité tout entière comme composée de ces trois classes, et, quoique Adam SnùXh ne soit pas resté uniformément fidèle à cette division, cependant tout ce qn*il dit de l'action de la rente et des profits sur la hausse des prix implique évidemment qu'il suppose la société composée de ces trois classes. En l'ail, lui etMr.Ricardo £onipa.yeriGprixréel naturel de toutes choses par le travail, et, par suite, il est évident que tout ce qui diminue la wdeur du travail, tout ce qui en rend une plus grande quantité nécessaire pour obtenir une égale quantité d'un objet quelconque en relève le prix. Tout prix se paie en travail. Or, la rente est une partie du produit du travail ; et, bien entendu, si le travailleur désire obtenir pour son usage personnel une quantité du produit égale à la quantité obtenue, qu'il a partagée avec le seigneur, il faut qu'il double, triple, il faut, actuellement, qu'il multiplie bien des fois son travail pour l'obtenir. Doue la rente relève le prix, de tout le montant delà rente. Le profit, étant pareillement une diminution, pour le travailleur, de la valeur de son produit, relève, pour le travailleur, le prix de toutes les choses dans lesquelles il entre. C'est en ce sens qu'Adam Smith dit de la rente et du profit qu'ils relèvent le prix, et, si Ton considère que le produit total est réparti entre
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ces deux élémentSy plus le salaire, ou encore entre les trois classes ci-dessus mentionnées» jamais vérité ne îai pins évidente. Il est parfaitement clair que
la rente et le profit ne peuvent relever la quantité de travail nécessaire pour obtenir un produit de la natui'e, mais ils en relèvent le prix, pour le travailleur, de tout leur montant. C'est pourquoi, dans la mesure où la rente et le profit croissent, la rémunération da travail décroît graduellement , ou encore le prix auquel le travailleur doit acheter les produits décroît graduellement. De sorte que, partout où il y a des rentes élevées, et de grands capitaux sur lesquels de grands profits sont payés, le travailleur n'aura jamais plus delà quantité strictement nécessaire à la conservation de son existence. £t j'ai peur, mon bon ami, que nous devions vainement compter sur une am^oration permanente de la condition politique de la société tant que la partie industrieuse de cette société, ceux qui paient tous les prix naturels, ceux qui achètent tout à la nature avec leur peine, sont condanmés à une pauvreté et à une dégradation sans espoir, et. tant que le prix de toutes choses est, pour eux, si énormément haut qu'ils ne s'en peuvent procurer que la plus infime portion. La rente et le profit n'entrent pas dans le prix si la théorie de Mr. Ricardo sur l'origine de la rente est vraie et si l'on suppose que les acheteurs sont autres que les travailleurs, s'ils sont» par exemple, les capitalistes ouïes propriétaires fonciers. Mais ils entrent dans le prix et en constituent la plus grande partie, si Torigine que j'ai assignée à la rente est exacte, et si les acheteurs doivent être considérés comme des travailleurs, et non connue des capitalistes ou des propriétaires fonciers. Je tiens que ces deux manières de considérer les acheteurs»