‹ Thomas Hodgskin 17871869Chapitre 34 sur 52 · CHAPITRE DBUXlàlIB. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE DBUXlàlIB. l

goayemement ont diminué. Le progrès du capitalisme a été le grand l'ait de l liistoire moderne.

Le capitaliste tut à l'origine un travailleur, ou le descendant d'un vilain, et il obtint on profit sur ce qu'il savait épargner du produit de son propre travail, après avoir arraclié sa liberté à ses maîtres, parce

qu*il tut alors capable de leur faire respecter son droit à jouir du produit de sa propre iuduhtrie. Mais ce qu'il reçut alors, et reçoit encore, sous le nom de profit, est une portion de la richesse annuellement créée par le travail. En fait, le capitaliste a obtenu la totalité du pouvoir du propriétaire foncier, et son droit d'avoir un profit est un droit de recevoir une portion de ce qui a été produit par le travail des esclaves de son propriétaire ibncier (i).

MouTement naturel, dans la mesure où il a eu

pool* cause, d* abord le respect du di'oit naturel de propriété, puis l'accroissement du nombre et de la richesse des esclaves émancipés. Mouyement qui a déjoué tous les efibrts législatils laits pour le réprimer et le ralentir : que Ton songe, notamment, aux lois sur l'usure. Maintenant, par la continuation duméme progrès, un âge nouveau va succéder à l'âge du capitalisme.

Nous voyous, par un ellel du respect qu'inspire le droit naturel de propriété, qu'une grande clause moyeone, complètement émancipée de ce servage et

de ce déDûmenl qae la loi tentait de perpétuer en fixant à la fois le taux des salaires et de llntérêt,

s'est développée dans tontes les parties de l'Enrope, unissant, dans la personne de ceux qui la composent, le donble caractère dn travaiiienr et du capitaliste. Le nombre de ceux-là augmente rapidement, et nous pouvons espérer, dans la mesure où les belles inventions de Fart prendront peu à peu la place du travail manuel simple, que, réduisant la société tout entière à être composée d'hommes égaux et libres, ils feront peu à peu disparaître tout ce qui subsiste encore d'esclavage et d'oppression (i).

Cette société future, fondée sur le respect du droit naturel |de propriété, i'aut-il la décrire ? Ceux-là jugent possible d'en tracer le tableau qui croient à reificacité de la législation, qui considèrent le progrès comme Tœuvre mécanique, raisonnée, préconçue, d'un système de lois. Quant à moi» déclare Hodgskin,

si défectueux que soit notre système [actuel, je ne suis pas tenu de donner des règles à ce que nul individu ne comprend ni ne peut comprendre, à la

Société elle-même. Car elle est en voie de progrès, ou, si Ton veut, elle n'est pas encore créée tout entière, tous ses phénomènes ne s'étant pas encore manitestés à notre entendement : je ne suis pas tenu, si mauvaise que soit la législation actuelle, de suggérer une législation qui peut-être serait meilleure. La société est un phénomène naturel, et j'étudie les

(I) P. lOI.

lois de la société comme j'étudierais les lois qui règlent le cours des saisons. Supposer que le pouvoir de les diriger a été remis entre nos mains a été taxé de foiiepar un de nos pins grands moralistes. A ceux, qui, de siècle en siècle, ont vainement essayé de régler la société et d'en déterminer le cours, qui, sans prévoir aucun des grands changemcnls qui se sont produits relativement aux droits de la personne et au droit de propriété, ont été peu à peu contraints de conformer leur législation aux circonstances sociales, j'abandonne bien volontiers, puisqu'ils savent prévoir la condition future de la société, la tâche de former des projets et de prescrire des lois pour son bien-être. Je ne vise qu'à vérilier des lois naturelles ; puis, voyant qu'il y a conllit entre elles et la législation, je rejette celle-ci, confiant le bienêtre de la société, que Je ne comprends pas, à la même Puissance bienveillante qui, annulant dans le passé les décrets du législateur, a toujours établi et préservé l'ordre, et conduit l'humanité si loin dans la carrière glorieuse que nous espérons, à eu juger par les changements passés, qu'elle a encore à parcourir (i)«

(i) PP. 160-161.

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