‹ Thomas JeffersonChapitre 116 sur 212 · JEFFERSON A MONTICELLO (1794). Î · texte numérisé non relu

JEFFERSON A MONTICELLO (1794). Î

ses idées étaient contestera, toutes ses paroles étaient travesties, tous ses actes étaient attaqués. A Monticello, plus de malveillants, plus de contradicteurs : ses voisins lui faisaient la cour ; ses commensaux le prenaient pour oracle; il n’étaitentouré que d’adorateurs etde croyants. Néanmoins il s’ennuya vite de ses admirateurs de province et de ses champs, et au bout de deux ou trois mois, il ne célébrait plus les charmes de la vie rurale que par habitude ou parti pris. Il jurait de ne jamais sortir de sa retraite ; il protestait de son dégoût pour la politique, mais ses lettres en étaient pleines, et il ne pouvait en parler de sang-froid. Ce sage philosophe si détaché du monde avait dans sa solitude de singuliers accès de rage fanatique et d’espérance chimérique. Il disait en regardant l’Europe: « Je compte bien que la honteuse déroute des tyrans envahisseurs de la France allumera la colère des peuples contre ceux qui ont osé les mêler à d’aussi méchantes entreprises, et qu’elle aura pour résultat de faire monter les rois, les nobles et les prêtres sur les échafauds qu’ils ont si longtemps inondés de sang humain. Je me surprends encore à m'échauffer lorsque je songe à ces misérables; mais je le fais le moins jjossihle, préférant de beaucoup contempler le tranquille accroissement de ma luzerne et de mes pommes de terre A l’en croire, un seul spectacle aurait pu lui paraître plus doux, celui de l’envahissement de l’Angleterre par les armées françaises : « Si je parvenais à voir nos bons alliés en paix avec le reste du continent.

i Jefferson k Tench Coxe , Monticello, l«r mai 1794.— Worlu >f Jefferson, t. IV, p. 104.

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