‹ Thomas JeffersonChapitre 41 sur 212 · CARACTÈRE DES ACTES · texte numérisé non relu

CARACTÈRE DES ACTES

restait plus que des citoyens ? Patrick Ilenry prit la parole : « Il n’y a plus de gouvernement en Amérique, » s’écria-t-jl : « Toutes les barrières sont renversées; toutes les frontières sont effacées; les colonies sont fondues en un grand tout; les distinctions entre Virginiens et Pensylvaniens, citoyens du New-York et citoyens de la Nouvelle-Angleterre ont disparu. Je ne suis plus un Virginien, je suis un Américain. Monsieur l’orateur, nous sommes dans l’état de nature ! Dans l’état de nature, la base de la représentation, c’est la population1 * *. »

L’idée de la république une et indivisible n’est jamais devenue populaire aux États-Unis. En 177<i, elle choquait non-seulement l’esprit provincial des membres du congrès, mais encore leurs sentiments de fidélité à la couronne et leur prudence : « Une petite colonie risque son tout comme une grande!» s’écria le major Sullivan, en réponse au tribun virginien’. — « Nous sommes ici, » dit Jay, « pour corriger les défauts d’une constitution ancienne, non pour en faire une nouvelle. Je ne puis croire que tout gouvernement ait pris fin. La mesure du pouvoir arbitraire n’est pas encore comblée, et il faut qu’elle déborde avant que nous entreprenions de faire une constitution nouvelle 5. »

Le vote par colonie fut provisoirement adopté. Les délibérations du congrès furent en même temps déclarées secrètes, sage mesure qui a longtemps caché au

1 Works o f John Adams, t. II, p. 365, 366.

* Works of John Adams , t. II, p. 366.

* Works of John Adams, t. II, p. 368.

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