DU CONGRÈS DE
monde les divisions de cette assemblée, divisions profondes, et qui portèrent successivement sur tous les points, la nature des droits à défendre, le but à poursuivre, les moyens à employer. Les actes du congrès furent une série de transactions péniblement débattues, qui ne donnèrent pleine satisfaction à personne, mais qui permirent à l’Amérique de se mouvoir avec une apparente unité. Les plus hardis se résignèrent à exprimer le désir d’une réconciliation, à signer une humble pétition au roi, et à reconnaître même dans une certaine mesure la suprématie du Parlement : les plus timides furent amenés à signer un pacte de nonimportation, à approuver l’opposition de Boston aux derniers actes du Parlement, à déclarer que, si l’on tentait de mettre ces actes à exécution par la force, l’Amérique devrait soutenir les habitants du Massachusetts, et à recommander la réunion d’un nouveau congrès en mai 1775, si les griefs de l’Amérique n’étaient pas redressés avant cette époque '.
Le continent tout entier adoptant la cause de Boston, c’était là le point capital pour les défenseurs des libertés américaines, et en apprenant à Londres ce grand pas fait par les colonies dans la voie de la résistance. Franklin dut se consoler aisément de la légère atteinte que sa doctrine sur les droits de l’Amérique avait reçue du congrès. Depuis plusieurs mois il ne prétendait plus au rôle de modérateur. Ayant eu à défendre devant le conseil privé une pétition au roi, par laquelle l’assemblée du Massachusetts demandait le rappel de Hulchin-
1 5 deptembre, 26 octobre 1775.— Works of John Adams, i, II, p. 365-402.