LA DÉCLARATION DE L’INDÉPENDANCE
disait-il. Ni le New-York, ni le New-Jersey, ni le Delaware ne s'ctaicnt encore prononcés sur la convenance d’une séparation. Voulait-on obliger leurs délégués à sortir du congrès? Voulait-on s’exposer à voir ces colonies se séparer de l’Union? Pourquoi ne pas attendre? Dans quelques mois on connaîtrait mieux les dispositions de la France et de l’Espagne; on aurait eu le temps de poser les bases d’une confédération. 11 fallait créer le nouvel État avant de proclamer son existence. Le congrès pouvait tout perdre et n’avait rien à gagner par une conduite précipitée.
Wilson, Robert R. Liviffgston, E. Rulledge appuyèrent Dickinson. J. Adams, R. -H. Lee, Whyte défendirent la motion en hommes qui se sentaient les maîtres du terrain. La majorité de l’assemblée était avec eux. Par ménagement pour les hésitations des provinces centrales, elle se décida cependant à renvoyer le vole définitif au t" juillet; mais afin de diminuer, autant que possible, le retard causé par cet ajournement, une commission composée de T. Jefferson, de John Adams, du Dr Franklin, de Roger Sherman eide Robert R. Livingston, fut immédiatement chargée de rédiger un projet de déclaration de l’indépendance. D’autres commissions furent aussi nommées pour préparer un plan de confédération entre les colonies, et pour examiner les bases sur lesquelles la nouvelle Union pourrait traiter avec les puissances étrangères.
La joie de John Adams éclata avec cet accent à la fois bouffon et profond qui n’appartient qu’aux hommes de sa race : « Du silence, » écrivit il à François Dana, pour lui faire comprendre le sujet de son émotion sans