‹ Thomas JeffersonChapitre 86 sur 212 · JEFFERSON SE LAISSE EMPORTER · texte numérisé non relu

JEFFERSON SE LAISSE EMPORTER

manquer. Il était alors bien entendu que lé roi accorderait en principe : 1° la liberté individuelle, 2° la liberté de conscience, 3° la liberté de la presse, 4“ le jugement par jury, 5° la représentation législative, 6° la périodicité des réunions. 7° le droit d’initiative, 8" le droit exclusif de voter les taxes et d’en régler l’emploi, la responsabilité des ministres. Munis de tels pouvoirs, ils auraient pu obtenir avec le temps tout ce qui serait devenu nécessaire à l’amélioration et à raffermissement de leur constitution. Ils en ont jugé autrement, et les faits ont prouvé leur lamentable erreur. Ils ne prévoyaient pas (et qui aurait pu les prévoir?) les tristes suites d’une persévérance qu’ils déployaient à bonne intention. Ils ne savaient pas qu’exploitée par un tyran usurpateur, leur force ne servirait qu’à mettre sons ses pieds l’indépendance et l’existence même des nations, et qu’apres trente années de guerres civiles et étrangères, la perte de millions d’hommes, la ruine du bonheur privé, l’occupation de leur pays par les armées de la coalition, ils ne devaient obtenir rien de plus que ce qui leur avait été proposé. Et cela même le possèdent-ils sûrement1 ? »

Jefferson n’avait peut-être pas le droit déjuger aussi sévèrement la conduite de ses amis français, car il avait partagé leur enivrement d’esprit, et, tout en blâmant leurs fautes, il avait, au milieu du trouble jeté dans ses idées par la révolution française, rêvé de plus absurdes chimères que les leurs. Le même homme qui avait si sagement et si sobrement indiqué les bases sur lesquelles

1 18-21. — Autobiography. — Works of Jefferson, t. I, p. 93.

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