‹ Thomas JeffersonChapitre 89 sur 212 · I.E DROIT D'EN MER UNE AUTRE · texte numérisé non relu

I.E DROIT D'EN MER UNE AUTRE

d’esprit au moins égale à la facilité avec laquelle il pouvait mettre de côté celles de ses idées qui menaçaient de devenir pour lui embarrassantes ou compromettantes. Après avoir volontairement négligé pendant vingt-quatre ans toutes les occasions que sa situation officielle lui donnait d’appliquer son idée, elle lui revint avec une force nouvelle dans sa retraite de Monticello, et le 24 juin 1813, il écrivait à sou gendre, M. Eppes, représentant de la Virginie dans le congrès et président du comité des voies et moyens: « Cette lettre sera consacrée à la politique, car, bien que je ne me permette pas d’y penser souvent, elle vient parfois s’imposer à mon esprit et m’inspirer des idées que je suis alors tenté de poursuivre. Comme vous êtes à la tète du comité des finances, je viens me hasarder à vous dire quelques-unes de mes vues financières, mais ceci pour vous seul, et pour les personnes auxquelles vous pouvez vous fier : cela n’est pas fait pour un comité de composition mêlée < » Et il revenait sur sa doctrine qu’une génération ne peut en lier une autre, et que tout emprunt contracté pour plus de dix-neuf ans est un abus de pouvoir.

Quand on craint à ce point d’avouer ce qu’on dit, c’est qu’on doute un peu de la valeur de ce qu’on pense. A la rigueur, le mystère dont Jefferson entourait sa doctrine suffirait à la condamner; mais nous avons appris à nos dépens qu’il est aussi nécessaire de réfuter que légitime de mépriser de pareils sophismes. Je n’ai pas la prétention d’avoir retenu la liste exacte des détestables paradoxes que nous avons vu

t Works o f Jefferson, t. VI, p. 136.

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