‹ Thomas JeffersonChapitre 96 sur 212 · JEFFERSON EST DÉMOCRATE · texte numérisé non relu

JEFFERSON EST DÉMOCRATE

n’adoptent et n’exécutent pas les mesures les mieux calculées pour leur propre bonheur*. » Cette trop bonne opinion de la nature humaine que l’expérience avait fait perdre aux fondateurs de l’indépendance, c’était le fond même de la foi politique de Jefferson, et ce qui le rendait plus exactement, plus complètement que tous les autres hommes d’État ses contemporains, le représentant de l’école démocratique dans son pays. Son futur lieutenant Madison, comme ses futurs adversaires Washington, Hamilton, Jav, John Adams, étaient dominés par la pensés que les gouvernements sont faits pour gouverner; et si c’est la une faiblesse, ils méritaient tous également d’èlre classés dans cette grande famille des mélancolique» que Jefferson représentait plus lard comme la pépinière des aristocrates: « Par leur tempérament, les hommes se divisent naturellement en deux partis : premièrement, les timides, les faibles, les maladifs, ceux qui craignent le peuple, qui s’en méfient et qui sont portés à vouloir lui retirer tous les pouvoirs |»our les placer dans les mains des classes supérieures; — en second lieu, les hommes forts, sains et hardis, ceux qui s’identifient avec le peuple, qui ont confiance en lui, qui l’estiment le dépositaire le plus honnête et le plus sûr, sinon le plus sage, des intérêts publics. Dans tous les pays, ces deux partis existent ; dans tous ceux où l’on est libre de penser, de parler et d’écrire, ils entrent en lutte. .Qu’on les appelle donc libéraux et serviles, jacobins et ultras, vvliigs et tories, républicains et

1 Washington a John Jay, l*r août 1786. — Writing s of VF ashiugton , t. IX, p. 187.

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