‹ ThorvaldsenChapitre 42 sur 207 · OEUVRE DE T HO R VAL DS EN · texte numérisé non relu

OEUVRE DE T HO R VAL DS EN

pas Allemand, il appurt icnt à la race Scandinave, il en a le caractère et le ('énie. Cette race de l’extrême Nord, un peu rude, fière et simple, hospitalière et bonne, s’est plu de tout temps aux choses nobles. La jroésie de ses premiers bardes a été guerrière et chaste. Elle a toujours cru à l' immortalité de l'âme, à un monde où la vie aurait quelque chose de plus large, de plus grand que la vie terrestre, où les guerriers aimeraient et se battraient à la façon des dieux. Pour nous, les longs jours de la belle saison sont accueillis comme un droit; pour les Scandinaves, ces mêmes jours, comptés avec tant de parcimonie, sont un bienfait de la nature; et quand l’herbe est verte, la prairie émaillée de fleurs, lorsque le soleil dore la cime des hauts sapins, et que la brise glisse doucement à la surface des grands lacs, c’est fête par tout le Nord, et le peuple entier chante la joie de lu nature par des hymnes tendres et sauvages, avec des accents pleins de force et de fraîcheur.

C’est bien la sève naïve et vigoureuse de cette race Scandinave que l’artiste danois avait gardée en lui et qu'il a entée sur l’art grec, la greffant au rameau le plus dru et le plus sévère que cet art ait poussé. Mais il n’a pas été une plante parasite, il a au contraire apporté à l’arbre sa propre force. Si Thorvaldscn a idéalisé ses figures par les procédés des Grecs et suivant les principes «l'esthétique développés par Winckelmann, il a demandé ses modèles à la nature, il a puise directement à cette source première. Ce qu’il

Thorvaldscn, élevé en Allemagne, rivalise maintenant à Rome avec Canova, et son Jason ressemble à celui qua décrit E’iudare comme le pins beau des hommes; il tient nue lance à la main, et le repos de la force caractérise le héros. » Il est si peu vrai «pie Thorvaldscn ait été élevé en Allemagne, qu’il avait cinquante ans quand , en 181», il y mit le pied pour la première fois. L'erreur de madame de Staël vient sans doute d'un article de AI. A. AV. Schlegel, flans le Jenaer allgemeine /.eituny (1805, Itilcll., tt. 120, p. 1000) : « Den Thorvaldscn) wir uns gewissrrmassen ztieigneu dürfen, da er, wiewobl cin Dtine von Gebnrt, wie ein Deulscher nnsrc Sprachc reflet ttnd ganz dcutsche ltilflung hesitzt »; ce qu'on (tout traduire en français : ü Thorvaldscn, que nous devons nous approprier en quelque sorte, bien qu'il soit né Danois, paire qu'il parle notre langue comme un Allemand et qu'il (fossède une culture tout aile* mande. » M. Thiele fait remarquer avec raison que l’artiste, qui ne travers.! l’Allemagne que lorsqu'il était déjà âgé, n'a jamais pu parler aussi correctement l'allemand que le prétend l'autour fie cet article.

S ECO Ml K PARTIE.

s’est efforce d'emprunter à l'antique, c’est la grande tournure, la noblesse du style. Son oeuvre gardera dans l’estime des hommes un rang élevé, non-seulement parce qu’il est la plus complète et l’une des plus hautes expressions des tendances de l’époque, mais aussi parce qu’il dérive d’une inspiration originale, d’un génie sincère et personnel.

CATALOGUE

DK

L’OEUVRE DE THORVALDSEN.

Nous n'avons pas cm devoir, dans ce Catalogne, adopter l'ordre chronologique, malgré l'intérêt qu’il pourrait présenter. Pour éviter la confusion et faciliter les recherches au milieu d’un oeuvre aussi considérable et aussi varié que celui de Thorvaldsen, la classification par matières nous a paru offrir plus d’avantages. O'ailleurs. la première partie du volume, la partie biographique, donne déjà la classification chronologique à peu près complète; et pour ne rien laisser à désirer sous ce rapport, nous avons eu soin, après chaque article du Catalogue, d'indiquer la date de la production de l'objet décrit. Grâce aux excellents travaux de MM. Thiclc et Muller, qui nous ont beaucoup aidé dans notre tâche, notre Catalogne ne présente presque pas de lacunes sur ce |>oiiit.

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