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permettre l’inauguration d’une statue propre à exciter le sentiment national de la Pologne, la fit mettre à l’écart. Qu’est-elle devenue? C’est ce qu’il est bien difficile de savoir d’une manière certaine. Les uns disent qu’elle a été fondue et que le bronze a servi à faire des canons; d’autres, qu’on s’est borné à la démonter et à la placer à l’arsenal de Modlin, où elle se serait encore trouvée en 1842. Suivant un journal, le Kunstblatt (i), le gouvernement russe aurait eu la prétention de la transporter en Russie, et la famille ayant protesté contre cette atteinte à une propriété privée, il l’aurait fait fondre. Mais nous sommes plutôt porté à admettre la version de ïAthenceum (2). D’après le journal anglais , les morceaux de cette statue furent donnés au prince de Varsovie (3); celui-ci, en les rassemblant, fit transformer le Poniatov^'ski en saint Georges , et sous ce nouvel aspect le fit placer à sa campagne, dans le gouvernement de Mohilew. S’il en est ainsi, l’infortuné prince n’aurait été dépouillé de son vêtement national, afin de jouir des honneurs de l’apothéose dans le costume d’un général romain, que pour être définitivement transformé en bienheureux.
(3) UAthenceum doit désigner ici le général Paskewitsch, qui, après avoir forcé la capitale de la Pologne à capituler le 8 septembre i83i et replacé le pays sous le joug de la Russie, fut créé par Nicolas prince de Varsovie.
Thorvaldsen se décida, pendant son séjour à Varsovie, à répondre aux désirs de la princesse Potocka. Cette dame, qui lui avait fait écrire dès l’année i8i6, voulait le charger du soin d’élever un mausolée à son mari, le prince Potocki, tué à la bataille de Leipzig. La volonté de la princesse était que le monument fût placé dans une chapelle de la cathédrale de Cracovie. Un groupe de deux personnages aurait représenté le héros, moissonné prématurément à l’àge de vingt-deux ans, et la Pologne, sous les traits d’une belle femme ayant le type sévère consacré à Junon.
Vers la fin d’octobre 1820, Thorvaldsen se rendit à Cracovie. 11 obtint de la princesse la modification de son projet, et se borna plus tard à représenter le jeune prince appuyé sur son épée : les formes du héros rappellent celles de l’Apollon du Belvédère, dont on avait engagé l’artiste à s’inspirer.
A Troppau, le congrès des princes se trouvait alors réuni. Le sculpteur y reçut le plus honorable accueil de ces illustres personnages, surtout de l’empereur d’Autriche, à qui le czar l’avait recommandé. L’empereur François le chargea de composer un monument à la mémoire du prince de Schwarzenberg : l’esquisse en fut faite; mais, pour des raisons demeurées inconnues, il ne fut pas donné suite à cette commande.
Thorvaldsen était à Vienne, où il venait de passer agréablement trois semaines , lorsqu’il reçut.
VIE DE THORVALDSEN.
chez le prince Esterhazy, l’avis d’un grave accident arrivé dans son atelier, et rapporté dans un numéro du Diario di Roma, Une lettre de son élève Freund lui donna presque aussitôt des détails à ce sujet. Le plancher de l’un des ateliers du pàlais Barberini s’était écroulé, entraînant dans sa chute deux statues de marbre.: le Jeune Berger et V Amour, La tête du berger, le bras qui tient la houlette , et les oreilles du chien , avaient été brisés ; l’Amour avait perdu ses ailes et la jambe droite. Le plâtre du Ganymède avec l'aigle avait été entièrement détruit; grâce aux efforts de Tenerani et de Freund , les autres statues avaient été retirées à peu près intactes des décombres. Par un trèsheureux hasard, la statue de l’Adonis, placée le matin même près du mur, fut sauvée de la catastrophe.
Thorvaldsen devait aller à Munich;’ mais cette mauvaise nouvelle le détermina brusquement à revenir , et il rentrait à Rome le 1 6 décembre 1 820.
Vl'LCAIN FORGE LES FLECHES DE l’aMOUR.