‹ Thorvaldsen, sa vie et son œuvreChapitre 188 sur 196 · ET DE LA SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

ET DE LA SECONDE PARTIE

APPEM)ICi:s.

LETTRE DE DAVID D'AM.EHS SI H THORY ALDSEN '.

A M. Charlks Blanc, rédacteur de YAlmanach du Mois.

Paris, le 19 avril 1844.

Mon cher Ami ,

Vous me demande/, ce que je pense de Thorvaldsen , et vous voulez bien allaclier quelque prix a l'expression de mon sentiment personnel.

Je vous adresse de grand cœur les notes que voici. Ce sont des souvenirs (pie j'ai mis par écrit dans l'ordre, ou plntol dans le désordre on ils me sont venus. Publiez-les dans Y Almanacli du Mois, si VOUS le pige/ utile, mais n \ nielle/ pas plus d'importance qu'il m' faut.

Vous savez que Thorvaldsen naquit en pleine mer en I77Î), entre Copenhague et Rejkiavik8, et qu'il était fils d'un ouvrier de la marine islandaise, pauvre sculpteur de figures grossières. Admis a recevoir une éducation gratuite; à l'Académie des beaux-arts de Copenhague, il remporta, en I 7*.) 4 , le grand prix, cpii lui donnait le droit d'aller à Rome aux Irais de l'Etat. Sa biographie, du reste, est partout; elle n'offre rien de bien saillant .

Thorvaldsen n'appartient pas a l'école du dernier siècle, il cette école qui en Italie avait commencé au cavalier Hcrnin , et qui en

1 Cette lettre a rte imprimée poui la première fois dans \ Almanaeh du Mois, en 1844. Nous cro\ uns superflu «le l'air»: nos réserves en publiant cette pièce, dotii la facture trahi) In plume brillante à laquelle elle est duc. Les personnes qui onl parcouru les pages de non.

livre ne peuvent douter (pie nous sovons loin d'adopter toute- les opinions de David A kngerS . traduites par M. Charles Itlane, sur Thorvaldsen et Canova. Mais nous avons dti COngîgnei ici, a litre de document, le jugement porte sur les deux grands sculpteurs étrangers par un grand sculpteur français, dont le talent nous semhle d'ailleurs avoir plus d 'analogie avec la

manière sévère de Thorvaldsen qu'avec la grâce souvent mignarde et sensuelle «le Canova.

- David comincl ici une double erreur. Voir la note d«' la paj|«' V.

France remonte au Puget. Ce n'est pas l'homme de l'art mouvementé et hardi. Il est toujours calme, quelquefois jusqu'au sommeil ; il est toujours sévère, quelquefois jusqu'à la pesanteur.

Sa vie a été longue et son œuvre est immense. Il me serait difficile d'énumérer ses statues, ses groupes, ses bas-reliefs; mais quelques-uns me suffiront pour vous donner au moins une idée de son génie et du caractère qui le distingue de son illustre émule, Canova.

Un soir, j'étais alors bien jeune, et j'apprenais la sculpture avec amour, je me trouvais à Rome, dans l'atelier de Canova; le grand artiste avait cessé de travailler; il parlait de son art. Un dernier rayon de soleil éclairait encore les corniches les plus élevées ; un peu au-dessous, dans une chaude demi-teinte, on voyait le groupe des Trois Grâces, et à quelque distance d'autres figures mythologiques de nymphes, de déesses ou de courtisanes lascives, ù peine vêtues.

Je contemplais ces figures, que la lumière abandonnait peu à peu, et qui bientôt se trouvèrent noyées dans le crépuscule. Il y eut un moment où je crus les voir s'agiter comme des appari lions fantastiques ; il me semblait que ces poétiques figures , prenant du doigt leurs draperies légères, allaient se détacher de leur piédestal et se mêler dans une danse aérienne. Alors tout ce qu'il y avait de séduisant dans ces formes voluptueuses parlait à mon imagination ; la sculpture m'apparaissait comme la pure expression des beautés exquises, comme l'art de diviniser la forme, en la faisant adorer. Jamais je n'avais senti une attraction plus forte vers le sensualisme antique; j'étais enchanté, fasciné par la grâce de ces divinités de marbre, auxquelles j'allais consacrer mon admiration et mon ciseau.

Mais quand je fus sorti de cet atelier, et que je m'en revins par les rues tranquilles de Rome, quand j'eus respiré l'air du soir et que ma tête se fut un peu calmée , il se fit en moi une réaction puissante ; l'austère souvenir du Poussin , de ce génie français qui avait erré parmi ces ruines, me commandait un retour sur moi-même; je fus bientôt en proie à un autre genre d'exaltation; je sentais mon âme s'élever dans les régions de la pensée, je me rappelais les préceptes de Platon ; et les statues que je rencontrais çà et là sur ma route , et qui forment , pour ainsi dire, un autre peuple dans Rpme, redoublaient en moi la vénération des héros, et me révélaient toute la grandeur de la sculpture , destinée à perpétuer les mâles vertus, les nobles dévouements, et à faire vivre les traits de l'homme de génie quatre mille ans après qu'il n'est plus. Je dis faire vivre, car je rêvais, dans mon enthousiasme, d'animer le marbre et le bronze , je voulais poursuivre le mouvement et la vie ;

ma plus grande ambition d'artiste était de faire disparaître ces mots : la froide sculpture.

Vous comprenez déjà, mon ami, pourquoi mes sympathies ne vont pas précisément du coté de Thorvaldsen, artiste prudent, compassé et d'une sagesse inaltérable, mais je n'en suis que plus à mon aise pour vanter ses qualités éminentes.

Les Grecs regardaient l'immobilité comme devant caractériser les symboles de leur croyance; de là cette tendance vers une apparente froideur, si opposée aux idées de mouvement et de vie qui ont prévalu chez les peuples de l'Occident.

Thorvaldsen étant un classique pur, était extrêmement réservé, calme, et ne se permettait le mouvement (pie dans une très-petite mesure. Il subordonnait le geste à l'harmonie des lignes, et leur agencement le préoccupait beaucoup plus que l'expression elle-même; aussi celle disposition le rendait propre surtout à traiter le bas-relief, et, en effel , l'on peut dire (pie Thorvaldsen a excelle dan-- cel ai l >i difficile, (pli depuis Phidias a lait le désespoir de tant de sculpteurs.

Vous connaissez les figures du Jour et de la Suit, qui décorent une des frises du palais Quirinal , à Rome, et qui ont été reproduites par la gravure. Celle du Jour me semble un peu triviale , mais j'aime et j'admire beaucoup celle de la Sait, portant des enfants endormis dans ses bras, et le front ceint des pavots symboliques dont se compose sa triste couronne. C'est un heureux mélange de puissance et de grâce. La plénitude des formes n'empêche pas qu'elles n'aient de l'élégance et une sorte de légèreté majestueuse. Ces draperies abondantes sont soulevées et comme soutenues par le vent; les lignes sont heureusement balancées, et le grand vide qui se trouve entre les ailes et les pieds de la déesse est parfaitement rempli par la figure mélancolique du hibou aux ailes étendues.

On trouve des ouvrages de Thorvaldsen dans toutes les grandes villes de l'Europe, particulièrement à Munich, à Stuttgart, à Mayence, à Varsovie; il y a de ses statues à Rome; il y en a quelques-unes à Naples ; la plus grande partie est maintenant à Copenhague, sa patrie.

Je vous dirai un mot de sa statue de Schiller, qui est sur une place publique à Stuttgart. Celle statue, de douze à quinze pieds de haut, s'élève sur un piédestal de granit ou est dessinée une simple palme. Le poète est représenté debout, couvert d'un ample manteau rejeté sur l'épaule, tenant d'une main sa draperie, de l'autre son manuscrit; ses yeux sont attachés ii la terre.

Schiller était mélancolique, sans doute, mais il était fier; il lut le

pnëte de la liberté. Si je ne me trompe, c'étaient les cieux que devait regarder le front de Schiller. Thorvaldsen a toujours été l'artiste des puissants de ce monde 1 ; il n'eût pas osé donner à sa statue une allure plus généreuse ; c'était bien assez pour les souverains d'Allemagne que l'image d'un tel poète s'élevât au milieu d'une de ces places que l'adulation a si longtemps réservées aux rois.

Je ne vous parle pas du Tombeau de Pie VU, que je n'ai point vu. On vante la beauté de la tête du pontife.

La statue équestre du prince Max de Bavière , qui se voit sur une des places de Munich, est un des plus remarquables ouvrages de Thorvaldsen : c'est celui où il s'est montré, je crois, le plus hardi , bien que le cheval soit conçu dans le sentiment des anciens , c'est-à-dire sévèrement, sans cet attirail de harnais, de houppes, de glands et de détails de toute espèce qui sont indignes de l'austérité et de la grandeur de notre art.

Il est inutile de vous dire que la question du costume n'a guère occupé Thorvaldsen. Il pensait que l'artiste doit s'emparer de l'homme, qui est l'œuvre de la nature, et négliger le costume, qui est l'oeuvre d'une civilisation imparfaite, changeante et souvent ridicule. C'est ainsi que sur le Tombeau du Prince Eugène il a représenté son héros nu, tenant son épée sur son cœur. Il est entouré de trophées et de figures allégoriques , parmi lesquelles on distingue la Mort éteignant un flambeau , et, en regard, V Immortalité montrant une couronne2.

Ne croyez pourtant pas, mon ami, que j'entende bannir absolument le costume ! Il est clair que des personnages qui ne se sont pas élevés jusqu'au sublime ne méritent pas l'honneur d'être idéalisés comme des dieux ; qu'ils portent donc le costume de leur époque ajusté avec une certaine grandeur, et dissimulé dans ce qu'il peut avoir d'ingrat; mais si le sculpteur est en présence d'une de ces grandes figures qui n'apparaissent que de loin en loin, de Napoléon , par exemple , nul doute qu'il pourra s'élever jusqu'à l'apothéose, et alors, dépouillant son héros de ce qui le rattache plus particulièrement à telle époque ou à telle nation , la statuaire le représentera non plus comme Français, mais comme homme ; elle en fera la plus haute expression de l'humanité.

Une belle et noble draperie jetée sur les épaules d'un grand homme plaira dans tous les siècles, tandis que les gestes de convention sociale

1 David d'Angers a sans doute entendu formuler ce reproche, à Rome, par quelque ennemi de Thorvaldsen. Mais les personnes qui ont lu la première partie tic ce livre ont pu voir combien peu l'artiste fut courtisan, malgré les royales amitiés dont il a été honore.

2 Voir au Catalogne la description c\acic de ce monument.

et les vêtements d'actualité ne pourront plaire qu'aux esprits étroits. L'histoire des modes peut être bonne à conserver, mais ce n'est vraiment pas la peine de l'écrire en marbre ou de la couler en bronze, surtout quand le personnage peut être déjugé de son costume par une fiction sublime.

En ce sens, et pour ce qui est des hommes de génie, Thorvaldsen avait parfaitement raison de repousser le costume moderne; ne erovezvous pas, du reste, que l'on pourrait concilier les deux systèmes en rappelant le costume de l'époque dans les bas-reliefs du piédestal ? Celui qui écrit la vie d'un homme célèbre relègue dans les notes de l'ouvrage les circonstances de sa vie intime. Ainsi ferait le sculpteur. Les basreliefs sont aux pieds de la statue connue les notes aux pieds du livre.

Le nom de Thorvaldsen amène naturellement celui de Canova, son contemporain, auquel on l'a m souvent comparé. Bien que je me défie des comparaisons, s'il fallait me prononcer entre ces deux artistes, je n'hésiterais pas dans ma préférence pour Canova '. Celui-ci a évidemment plus d'idéal, plus de composition, dans le sens élevé du mot. Thorvaldsen, ce me semble, a manqué d'inspiration et d'élan : son œuvre produit rarement l'émotion, et ce n'est qu'après une longue étude qu'on y découvre des beautés éminentes.

J'ai vu Thorvaldsen a Home; sa tête Scandinave paraissait plus singulière encore au milieu de tous ces visages italiens : il avait le masque large, osseux, les pommettes saillantes, les yeux petits et d'un bleu dur*; de longs cheveux blancs accompagnaient cette physionomie massive, où la puissance remplaçait la délicatesse, et dont le sourire honnête annonçait un homme bon et ferme. Canova, au contraire, était une nature sensible et fine, dont tous les pores étaient ouverts a l'impression; sa sculpture est plus coquette, sans doute, mais elle est aussi plus séduisante, plus fine, plus suave. Son exécution est supérieure à celle de Thorvaldsen, qui en général a de la dureté.

La statue de Byron ne mérite pas la réputation qu'on lui fit dans le temps. L'expression, qui eûl été si facilement idéale, n'a pas toute la poésie qu'on voudrait. Et cependant, lorsque Byron dut poser pour Thorvaldsen , il parut tout a coup dans son atelier sans l'avoir prévenu . H s'était drapé dans son manteau et avait pris un air héroïque de nature ii frapper l'artiste cl a lui laisser une impression profonde .

' V. p. 2ir>.

- Les ■ -< >i 1 1 <-■ 1 1 1 x ii.i i i is s'accordent plutôt à donner l\ Tnorvaldsen un regard limpide, une physionomie douce ei liirnvrill.mte. Les portraits peints par Horace Verne! i t par Eckersberg

ne peinent laisser (le doute sur ee point.

a r. p. ôâ.

Une seule fois peut-être Thorvaldsen s'est permis la fantaisie : c'est quand il a modelé la Statue équestre de Poniatowski, statue qui devait surmonter une fontaine à Varsovie. Le cheval est représenté reculant effrayé devant les eaux de la fontaine, qui sont prises là pour les flots de l'Elster, tandis que Poniatowski, voulant mourir, enfonce l'éperon dans les flancs du cheval 1 .

Cette fantaisie, qui touche à la grandeur, est une exception chez Thorvaldsen , car, en général , il y a chez lui peu d'invention ; mais , en revanche , il y a beaucoup de métier, en ce sens que Thorvaldsen avait acquis une science d'arrangement qui le servait toujours à propos, et l'empêchait de jamais tomber dans des fautes considérables. Malheureusement , je le dis avec franchise, il laisse voir trop de choses apprises par cœur, et à propos de cette combinaison des lignes dont je vous parlais plus haut, je ne puis m'empêcher de remarquer que le besoin de compensation qui l'occupait sans cesse , et que je retrouve dans tous ses ouvrages, l'a conduit un peu trop loin. Il faut sacrifier sans doute à l'équilibre de la composition, et, pour me servir d'une expression vulgaire que vous me pardonnerez, il faut savoir boucher les trous, mais il importe aussi de ne pas glacer son audace, de ne pas refroidir son œuvre a force de pondération.

Vous comprenez, mon ami, pourquoi Thorvaldsen a dù exceller dans l'art du bas-relief, dans cet art éminemment classique où la sagesse et la convention tiennent tant de place. Elevé dans la vénéralion des Grecs, Thorvaldsen ne s'est pas écarté des principes devinés par le génie de Phidias. Il se fût bien gardé de multiplier les plans et de tomber, comme tant d'autres, dans ces imitations de tableaux qui semblent percer les murailles et rompre toute la gravité des lignes générales de l'édifice. Il y a une fort belle figure de vieille femme dans son bas-relief de l'Hiver, et d'admirables morceaux clans celui de Némésis , où je, ne trouve à blâmer que le style un peu mesquin des chevaux. Quant à la frise où Thorvaldsen a représenté le Triomphe d'Alexandre , elle est regardée comme un chef-d'œuvre.

Thorvaldsen a modelé sur le mur ou taillé dans le marbre des figures tranquilles aux contours irréprochables et remplies de convenance. Dans le Triomphe d'Alexandre, les figures sont belles et fières, mais elles ne se meuvent point, ou, si vous aimez mieux, elles ne sauraient se mouvoir. Imaginez-vous des héros qu'une autre espèce de daguerréotype aurait fixés sur les murailles du monument, et qui demeureraient a jamais immobiles, dans l'état même où la pensée de l'artiste les aurait

Voir la description .mi Catalogue.

saisis. Je conviens, du reste, (jue ce calme étrusque a bien aussi sa solemiilr et sa grandeur.

Mais dans les Irises du Parthénon je sens vivre les cavaliers athéniens, je comprends à leur souplesse qu'ils devront se mouvoir, et je les vois, pour ainsi dire, s'avancer et continuer leur marche, de sorte que mon imagination me les représente encore dans leurs mouvements futurs après que mon œil les a embrassés dans leur allure présente.

Voilà l'expression bien (Tanche de mon opinion sur le grand sculpteur qui vient de mourir. N'y voyez d'autre mérite que celui d'une parfaite sincérité.

J'ai lu, mon ami, avec plaisir et avec orgueil le rérit des pompeuses funérailles qui ont été faites à notre illustre associe de l'Institut. Jamais, je crois, depuis Périclès, de pareils honneurs n'avaient été rendus à un artiste. Aussi, je vous le répète, j'ai senti revivre en mon àme la noble idée que j'avais toujours conçue de l'art statuaire, et je me réjouis d'apprendre qu'il s'est relevé à ce point dans L'esprit des hommes, que des rois et des princes ont suivi jusqu'au bout le convoi du fils d'un ouvrier islandais.

David (d'Angers), Manille de V Institut.

TESTAMENT DE THORVALDSEN.

« Au nom de Dieu! Amen!

» Etant parfaitement sain d'esprit et de corps, je vais rédiger ci-dessons nies dernières volontés et disposer des ressources que je possède à présent et que je pourrais acquérir dans la suite.

» 1° Je lègue à ma ville natale de Copenhague tous les objets d'art que j'ai déjà envoyés à cette ville et qui s'y trouvent actuellement, ainsi que tous ceux qui sont encore chez moi et que je posséderai au moment de ma mort, consistant en peintures, sculptures, dessins, gravures, lithographies, médailles et autres choses semblables, lant antiques que modernes, pierres gravées, pâtes, bijoux et bronzes antiques, vases étrusques, terres cuites, livres, antiquités grecques et égyptiennes, et tout autre objet quelconque ayant trait aux sciences et aux beaux-arts.

» A ce legs, j'attache expressément les conditions suivantes :

» a Tous les objets ci-dessus mentionnés formeront un musée qui portera mon nom. Ce musée ne sera jamais réuni à aucune autre collection , ni par conséquent amoindri , morcelé et modifié sous aucun prétexte quelconque.

» b La ville de Copenhague sera tenue de fournir un local convenable et offrant la plus grande sécurité possible.

» c Les statues et les bas-reliefs qui se trouveront inachevés à l'époque de ma mort , seront terminés , aux frais de ma succession , par M. le professeur Freund et par M. Pietro Galli , mon élève.

» d II sera établi un modique droit d'entrée pour les personnes qui voudront visiter le Musée ; les al tistes de tout genre en seront exempts ; ils seront admis gratuitement. Le produit des recettes sera employé en partie ou en totalité au fonds nécessaire pour payer un gardien qui sera nommé par la ville et chargé de la surveillance et de la propreté du Musée.

» 2° Vu que conformément à la très-gracieuse approbation obtenue le J 2 mars 1835, j'ai adopté Elise-Sopbie-Cbarlotte Magnani, aujourd'hui épouse tic M. le colonel de Paulsen , et que ce mariage a été également autorisé par le Saint-Siège, je déclare et je veux que la dite Élise- Sophie-Charlotte Magnani , dame de Paulsen, devra se contenter de ce que j'ai stipulé à son avantage dans l'acte 1 fait en Danemark, en 1832 , el qu'elle n'aura plus rien à prétendre à ma succession.

» 3° Je me réserve le droit de léguer ce que je jugerai convenable en laveur de toute personne qui m'est chère et qui m'a rendu des services dignes de récompense. C'est pourquoi je déclare que, lorsqu'il se trouvera parmi mes papiers quelque feuillet contenant des legs particuliers qu'on pourra supposer écrits el signés de ma main, ce feuillel fera partie de mon testament, et mes héritiers seront tenus de remplir exactement et scrupuleusement tout ce qui aura été ainsi ordonné par moi.

» Home, 24 aoûl 1837. »

Oulre ses objets d'art et ses collections, Thorvaldsen a laissé une fortune s'élevant à la somme de 155,000 écus danois (428,000 lianes).

D'après les différents codicilles et suivant les volontés de l'artiste, à sa mort sa succession a été réglée définitivement de la manière suivante :

Le Musée reçoit la rente de 75,000 écus (206,000 francs); les descendants de Thorvaldsen touchent le revenu de 80,000 écus (222.000 francs).

Si la descendance de l'artiste venait à s'éteindre, tonte la fortune reviendrait au Musée.

La fille de Thorvaldsen axait épousé un colonel danois, M. de Paulsen , dont elle eut deux enfants, un garçon et une fille. La lille est morte à peine âgée de dix-huit ans. Le (ils vit à Home, où il s'est marié; il a, erovons-nous , des enfants.

Devenue veuve, madame de Paulsen a épouse'1 un Italien, M. Giorni, don! elle a eu deux autres enfants; celle dame est morte il v a plusieurs années.

Nous tenons ces différents renseignements «le M. le professeur Millier, conservateur du Musée, et de M. Emile VYolfï, élève de Thorvaldsen.

' Cet acte assurai) à madame de Paulsen la jouissance des intérêts dun capital uY 40,000 écus en argent, déposés la Banque nationale de Copenhague.

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