‹ Thorvaldsen, sa vie et son œuvreChapitre 189 sur 196 · MISSION DE M. CHARLES BLANC EN DANEMARK · texte numérisé non relu

MISSION DE M. CHARLES BLANC EN DANEMARK

En 1849 , l'administration du Musée Thoivaldsen ayant installé définitivement la riche collection des œuvres du maître , crut devoir mettre en vente quelques répétitions de marbre et des modèles de plâtre qui se trouvaient en double. Cette vente fut annoncée dans tous les journaux et fit grand bruit. M. Charles Blanc, alors directeur des Beaux- Arts, se rendit en Danemark, au nom du gouvernement français, pour acquérir quelques-uns de ces précieux morceaux que plusieurs gouvernements allaient se disputer.

Peu de temps après, le Moniteur (16 octobre 1849) insérait la noie suivante :

« On écrit de Copenhague , le 9 octobre : Hier matin , on a commencé la vente publique des objets d'art de la succession de l'illustre Thoivaldsen. Parmi ceux qui ont été vendus se trouve une statue en marbre de Ganymède, par Thorvaldsen , qui a été adjugée pour 12,000 rixdalers (30,000 francs) à M. de Gueto, ministre d'Espagne en Danemark, et la collection complète des plâtres des ouvrages de Thoi valdsen , qui a été acquise par M. Charles Blanc pour l'école des Beaux-Arts de Erance 1 . »

De retour en France, M. Charles Blanc rendit compte de sa mission dans le Moniteur du 18 octobre 1849. On retrouve dans son rapport, que nous reproduisons ici , tontes les qualités qui distinguent l'éminent critique : la finesse des aperçus, le goût sûr, le style brillant, vif et coloré.

1 ÎNagler rapporte qu'à celte vente, où des objets mobiliers furent aussi mis au* enchères, le culte voué au maître s'attacha aux moindres instruments qu'il avait touchés. Trois ciseaux lurent, acquis par des Anglais, qui les payèrent de 450 à 600 francs.

A PPENDICES.

Rapport au ministre de l'intérieur sur la mission du directeur des Beaux-Arts à Copenhague.

Monsieur le Ministre,

Envoyé par vous en mission à Copenhague pour assister à la vente Thorvaldsen et y acheter les objets d'art qui me paraîtraient dignes de figurer dans nos collections nationales, je viens vous rendre compte du résultat de ma mission et vous faire part, si vous le permettez, de quelques observations que j'ai recueillies dans l'intérêt de l'art.

La ville de Copenhague possède, vous le savez, un vaste Musée, consacré uniquement aux ouvrages de Thorvaldsen. Ce Musée, voisin du palais de Christianshorg , est bâti dans le style égyptien, qui fut le style le plus élevé de l'art antique, el qui, par cela même, n'est pas sans convenir à un musée de sculpture. L'édifice se compose de deux galeries et de vingt et une chambres , dont chacune renferme une statue ou nu groupe de Thorvaldsen avec des bas-reliefs. Les murailles , rembrunies de diverses couleurs, font ressortir la blancheur du marbre, et, par leur nudité même, laissent toute leur valeur aux sc ulptures, sur lesquelles tombe d'en haut une lumière tranquille el ménagée. Les plafonds seulement sont égayés d'ornements dans le goût des peintures d'J lerculanum.

Aux deux extrémités du Musée sont deux vastes el hautes salles, dont l'une renferme les modèles du Christ et des Douze Apôtres que Thorvaldsen a sculptés pour la principale église protestante de 'Copenhague ; l'autre, mesurant la largeur de l'édifice, contient à elle seule tous les grands ouvrages du sculpteur danois. Là sont rangés, dans un ordre imposant, la statue équestre colossale de l'oniutowski , qui a été coulée en bronze et de\ ail être érigée sur une des places de Yai m>\ ie ; le cheval du monument de Maximilien de Bavière, qui esta Munich; les énormes moulages du mausolée de Pie VII, qui se voit à Home; les grandes figures de Copernic el de (iultemherg , el enfin le tombeau OÙ s'élève la statue pensive du prince Eugène, tenant son épée sur son cœur. Sous la corniche règne la frise monumentale du Triomphe d'Alexandre, que Napoléon avait commandée a Thorvaldsen pour le palais du Roi de Home, et qui fui exécutée en marbre au Quirinal '.

C'est dans le vestibule, au pied de ces colosses, que la vente a eu lieu, le lundi H octobre!. Les membres des légations étrangères \ assis-

1 frise «lit Oiiiriii.il rsl en |>l.ilic. Vciir ;m Catalogne.

;m APPENDICES.

taient. On y remarquait le ministre de Prusse, M. de Werther, qui avait commission pour le Musée de Berlin ; les ministres d'Angleterre et d'Espagne, M. Wynn et M. Gueto, deux amateurs éclairés, qui étaienl venus pour représenter, l'un de riches particuliers anglais, l'autre le gouvernement espagnol, et notre ministre plénipotentiaire, M. Dotézac, qui avait bien voulu m'accompagner et me donner un interprèle.

La vente se composait de inarbres exécutés pour la deuxième ou troisième fois d'après les modèles de Thorvaldsen , et de plâtres dont la plupart sont des épreuves doubles, mais uniques. Ayant reconnu dès la veille que les marbres étaient assez faibles d'exécution , et sachant d'ailleurs que Thorvaldsen y touchait rarement , j'ai renoncé à les acquérir, dans la pensée que nos habiles praticiens de France pourraient au besoin nous en donner de meilleurs et de plus finis , s'il n'était pas plus sage de s'en tenir aux modèles. J'ai donc abandonné à mes compétiteurs la statue de Mercure, F Amour, le Ganymède agenouillé donnant à boire à l'aigle de Jupiter, les Trois Grâces , et nombre de bas-reliefs , parmi lesquels la Nuit portant dans ses bras le Sommeil et la Mort et le front ceint d'une couronne symbolique. Nous avons à Paris le moulage de cette composition célèbre, tant de fois reproduite en marbre et toujours admirée. C'est un heureux mélange de puissance et de grâce. La plénitude des formes n'empêche pas qu'elles n'aient aussi de l'élégance et une sorte de légèreté majestueuse.

Presque tous ces marbres ont été adjugés à l'Espagne, au ministre anglais et aux amateurs de Copenhague. Sont venus ensuite les modèles en plâtre, et j'ai été assez heureux pour acquérir les plus beaux.

Celui du Mercure se préparant à tuer Argus porte le pétase ailé qui n'est point dans le marbre vendu à la légation espagnole. C'est là un chef-d'œuvre : Thorvaldsen n'est pas l'homme de l'art remué et lundi des temps modernes; c'était un classique pur, austère, qui ne se permettait le mouvement que dans une juste mesure. Il était toujours calme, quelquefois jusqu'au sommeil ; mais dans ce Mercure il a choisi un sujet où la figure promet le mouvement sans l'accomplir, et de cette manière il a pu modeler sa statue avec délicatesse , accuser les muscles sans les contracter, laisser aux lignes leur tranquillité et leur grandeur, et ne pas froncer le visage pour lui prêter une expression que désavouerait la sérénité de l'art antique.

La Vénus, YHébé et le Ganymède debout m'ont été adjugés pour des prix modérés , la direction du Musée s'étant abstenue d'enchérir ces précieux modèles, qui, à sa vive satisfaction , allaient prendre le chemin de la France. h'Hébé surtout est remarquable par le charme et la naïveté

de son attitude : elle est vêtue de celte tunique athénienne que portait Aspasie (levant l'Aréopage.

Restait la statue équestre colossale de Poniatowski , dont le cheval seul était mis en vente par la direction du Musée, qui ne possède qu'une épreuve du cavalier. Ce monument est curieux à plus d'un titre. Il était destiné à la décoration d'une grande fontaine à Varsovie , et c'est pour cela que dans la première esquisse le cheval reculait d'effroi devant les eaux de la fontaine, rappelant ces flots de l'Elster, qui , suivant le mot de Lamarque, murmurent encore le nom de Poniatowski. La statue coulée en bronze allait être érigée, quand éclatèrent les révolutions de Pologne. Maître de Varsovie, l'empereur s'opposa, dit-on, au placement de la statue, et il est certain que, par le plus étrange des mystères, on ignore aujourd'hui ce qu'est devenu le monument. Je tiens d'un haut personnage que cette statue, changée en un Saint Georges, aurait été transportée dans la citadelle de Modlin. Ces circonstances donnaient un douhle prix au modèle mis en vente; ; et dans l'espoir fondé d'obtenir de la ville de Copenhague un moulage du cavalier, je me suis rendu acquéreur du Cheval de Poniatowski , ainsi que du modèle réduit du Cheval de Maximilien. La France possédera ainsi un monument qui n'est pas moins intéressant pour elle que pour les Polonais eux-mêmes, puisqu'il rappelle le découragement sublime d'un héros qui mourut en la servant.

Thorvaldsen excellait surtout au bas-relief, cet art éminemment classique, sévère et convenu. Dans sa tête Scandinave, au masque élargi et puissant , l'arrangement des lignes et la pondération des groupes dominaient toujours l'inspiration . Aussi ai-jedù enchérir divers has-reliefs de choix, et notamment la célèbre frise du Triomphe d'Alexandre , dont on offrait à la vente un exemplaire modelé en ISIS sur une échelle réduite, el portant les (races de la mise au point pour l'exécution en marbre.

Telles sont les acquisitions que j'ai faites à Copenhague pour le compte de IT'.laf. Le public en pourra juger, quand elles seront exposées dans une des salles du Louvre destinées aux moulages des monu ments étrangers. Imputées sur le crédit des musées, ces acquisitions laissent intact le crédit des ouvrages d'art, du reste., consacré à nos artistes.

Je n'ai pas besoin de vous dire, Monsieur le ministre, que la mission dont j'étais investi m'a valu en Danemark l'accueil le plus Malteur de la part de M. de Levcnt/.au , grand maréchal; de M. de Moltke, premier ministre, qui a eu l'obligeance de m 'ouvrir sa galerie particulière, une des plus précieuses de l'Kurope, et enfin de M. Thiele , bibliothécaire

du Roi et savant iconographe, qui avait été désigné pour me faire les honneurs du Musée et des grandes collections.

Avant de quitter le Musée Thorvaldsen, j'ai voulu le parcourir une dernière fois en compagnie de notre ministre. Je me suis arrêté devant la statue de madame Baryatinska, dont nous aurons une épreuve, statue charmante, où la grâce et la dignité antiques se marient à l'expression d'une tête profondément humaine. En contemplant ces ouvrages, pour la plupart d'un calme solennel , en admirant ces figures auxquelles n'ont rien à envier d'ailleurs ni les belles déesses de Pradier, ni les mâles héros de David , nous nous disions que la France , si féconde en grands sculpteurs, était peut-être la seule nation à qui l'impartialité fût aussi facile. Comme nous passions dans la cour intérieure, j'ai remarqué un petit gazon entouré de marbre noir. C'est la tombe modeste où gît, au milieu même de son œuvre, l'illustre statuaire, l'humble fils d'un pêcheur islandais.

Agréez , Monsieur le ministre , l'hommage de mon respect ,

Le Directeur des Beaux-Arts , Ch. Blanc.

M. Blanc s'était acquitté de la mission délicate qui lui avait été confiée avec la sagacité et le zèle qu'on lui connaît pour tout ce qui se rapporte aux intérêts de l'art, et grâce à lui la France allait posséder, non pas des marbres travaillés par des praticiens, mais des modèles de plâtre sortis de la main même du maître. L'un des administrateurs du Musée Thorvaldsen, M. le professeur Millier, nous a donné le détail de l'acquisition faite par le gouvernement français :

1° Le Triomphe d'Alexandre (haut., 56 c; larg., 23 m.), réduction variée de la grande frise si célèbre du Quirinal.

2° Apollon et son cortège au Parnasse.

3° Deux exemplaires du Pan enseignant à un jeune satyre à jouer de la syrinx : l'un moulé sur le modèle de plâtre, l'autre sur le marbre. 4° Mercure (statue).

5° Vénus (statue) .

6° Hébé (statue) .

7° Ganymède (statue) .

8° Le cheval demi-grandeur de la statue équestre de Maximilien de Bavière.

9° La statue colossale de Poniatowski (l'administration du Musée ayanl sans doute consenti à livrer un moulage du cavalier).

Il est inutile d'insister sur l'importance et le grand intérêt d'une telle acquisition- Les caisses renfermant toutes ces œuvres lurent ouvertes an Louvre;, le 9 avril 1850, et malheureusement on trouva que les plâtres avaient été considérablement endommagés dans le trajet. Cependanl la lettre <|iii annonce en Danemark cette lâcheuse nouvelle et le mauvais état de l'ensemble de l'envoi, constate que VHébé et le Triomphe d'Alexandre sont arrivés presque intacts. {Archives du Musée de Copenhague. )

L'administration du Musée danois s'empressa d'offrir, a titre gracieux, au gouvernement français, des moulages de :

1° Vénus.

2° Mercure.

3° Ganymède.

Les caisses qui contenaient ces trois statues, et dont l'emballage avail été surveillé avec le plus grand soin par M. le professeur Mûller, restèrent plusieurs mois dans les galeries du bas, attendant que le gouvernement français eût occasion de les faire prendre. Elles ne durent arriver;! Paris qu'en 185]. A cette occasion M. Dotézac, ministre de France à Copenhague, écrivit une lettre de reinerciinent au nom du gouvernement de la République. (Archives du Musée Thorvaldsen.)

Pourtant , aucune des œuvres du grand sculpteur danois ne prit place dans l'un ou l'autre de nos musées. Le professeur Millier, elanl venu quelques années plus lard ii Paris, fit, pour savoir ce qu'étaient devenus ces plâtres, des démarches qui restèrent sans résultai, et il nous pria récemment de les renouveler. .Nous y étions suffisamment incité par notre goût pour l'artiste danois et par le désir de travailler, dans la mesure de nos forces, à étendre sur la France un peu de la popularité dont le nom de Thorvaldsen est en possession chez, nos voisins d onlre- Chili. Nous avons cru d'abord ne pas être plus heureux que le savant M. Millier. Les laits étaient si anciens que personne n'en avait conservé un souvenir précis. Cependant, nous ne nous sommes pas découragé, convaincu que des objets aussi intéressants ne pouvaient avoir été détruits; nous appréhendions seulement (pie leur mauvais état de conservation les eût fait reléguer avec des plairas dans quelque coin ou il eût été bien difficile de les retrouver. Enfin nos recherches ont été couronnées de succès. Non-, avons pu la voir parfaitement intacte, la belle Frise d'Alexandre ; elles nous ont souri du fond des combles du Louvre, où nous allions les saluer, ces créations charmantes, la Vénus, le Ganymède, le Mercure lui-même, bien qu'il ail un pied mutilé. Elles espèrent peut-être que notre \isile pourra contribuer a leur faire retrouver In lumière, le soleil el le public pour lequel elles ont été

faites. Puisse l'espoir do ces pauvres figures, si longtemps dédaignées, n'être pas déçu! Nous le souhaitons pour elles et pour nous.

Les trois statues, reléguées derrière les mêmes poutres de la toiture, constituent selon toute apparence le second envoi t'ait par le Musée de Copenhague.

C'est un grand bonheur que le Triomphe d'Alexandre , morceau capital, ait été préservé; puisqu'il est là, il y a lieu d'espérer que les autres pièces du même envoi, ou tout au moins YHébé, constatée intacte, sont placées, elles aussi, dans quelque partie obscure du même grenier, mais où nos regards n'ont pu les atteindre.

Si le Musée du Louvre n'a pas d'emplacement pour mettre sous les yeux du public les œuvres de Thorvaldsen qu'il a emmagasinées, ne pourrait-on les placer à l'École des beaux-arts, et ne serait-ce pas un bon enseignement pour les élèves que de leur montrer, en face des bas-reliefs du Parthénon , comment un artiste moderne, en s'inspiranl de la composition de Phidias, a pu créer une œuvre puissante et originale ?

UNE LETTRE DE THORVA LDSEW a ho h w:k v i: hm: t.

Nous devons ;i l'obligeance de M. Philippe Delaroche, petit-fils d'Horace Vernet, In communication d'une lettre de Thorvaldsen a

\ 'cruel .

Le sculpteur écrivait très-péniblement le français. Nous reproduisons, tout incorrecte qu'elle est, la lettre que vraisemblablement il a dictée, parce qu'elle montre que, lorsqu'il avait à plaide!1 la cause d'un artiste malheureux, Thorvaldsen savait vaincre sa paresse habituelle à l'endroil de sa correspondance.

» Homo, <•(■ 9 juin 1 838 .

f Uc la main de Vernet : \ v. Répondu le 3 juillet. )

» Mon trés-respectable A. mi,

» Je voulais vous donner de mes nouvelles depuis bien longtemps; c'était toujours un désir bien sensible à mon cœur; mais si je n'ai pu le faire plus tôt, je vous prie de me pardonner, par la raison que mes trop grandes occupations m'en avaient continuellement empêché. Je dois aussi vous dire que j'avais toujours l'espoir flatteur d'avoir le bonheur de vous voir et de vous embrasser sur peu; inalhcureuseinenl mes affaires s'y opposent, et elles me privent d'une jouissance qui eut été pour moi la plus heureuse de toutes.

» Que ma satisfaction eût été grande si j'avais pu, à mon départ de Home, taire mou \ovage par l'aris. L'admiration que j'aurais éprouvée à l'aspect de tant <le chefs-d'œuvre que vous ave/ exécutés depuis votre départ d'ici, aurait produit le plus grand bonheur sur mon aine; car vous savez, mon très-cher et tendre ami, que pour moi vous êtes

et vous serez toujours le premier peintre du siècle. Je crois que je partirai bientôt pour nia patrie par une frégate danoise que le gouvernement a mise à ma disposition, et privé du bonheur comme je le suis de pouvoir vous visiter, je dois pourtant vous observer que je ne manquerai pas de m'acquitter de ce devoir à une autre occasion.

» Maintenant il me reste à vous demander une grande faveur; à cet égard les détails vous sont déjà expliqués dans une lettre de notre ami Rienhart [et par un post-scriptum de M. Ingres] qui vous doit arriver en même temps que la présente.

» Une lettre de M. Bartholdi, arrivée avant-hier à M. Ingres, nous fait connaître qu'il croit devoir abandonner M. Sievert, son parent. Monsieur Ingres a expédié une autre aujourd'hui à M. Bartholdi, et dans laquelle il le persuade finalement, que, malgré les raisons qu'il nous fit connaître, il lui serait humainement impossible de pouvoir abandonner ainsi un jeune homme lequel étant capable de le persuader au milieu de sa carrière, et de ses études d'un beau succès et heureux avenir.

» Tous ceux qui connaissent M. Sievert lui portent le plus vif intérêt , sa triste position l'inspire , puis vous ne doutez pas ce que c'esl un étranger à Rome qui depuis six mois n'est obligé de vivre que sur le crédit qu'on lui fait.

» Nous lui souhaitons le succès désirable de toutes nos âmes; votre esprit éclairé et votre grande imagination seront en cette grave circonstance la meilleure protection pour ce jeune homme, et moi je vous en serai éternellement reconnaissant par rapport de la bienveillance que vous aurez pour lui.

»> Veuillez, je vous prie, vouloir m'accuser un mot de réponse pour me dire si vous jouissez d'une parfaite santé, et pour me faire connaître le résultat final de la demande adressée à M. Bartholdi en faveur de M. Sievert, son parent.

» Dans cet espoir, je vous prie d'agréer mes complimens et très-respectueux attachement, avec lesquels je vous embrasse du fond de mon cœur.

» Votre très-devoué ami

» Albert THOBVALDSEN. »

« P. S. — C'est aussi avec la plus vive satisfaction que j'espère d'apprendre de bonnes nouvelles de votre très-chère famille, car avoir appris que vous avez déjà acquis le titre de grand-père était un extrême plaisir pour moi. »

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