APOLLON. 1 I
tuteur, auquel aurait manque l'imagination. Ainsi que'nous l'avons déjà vu dans l'histoire de sa vie, l'artiste danois se distingue avant tout par la puissance créatrice de son esprit.
Le basait! de sa naissance d'abord, niais bien plutôt une vocation
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puissante , ont fait de lui un sculpteur. Ce qui était le labeur de son père fut le jeu de son enfance; tout jeune encore, il est doué d'une facilité naturelle tout à fait exceptionnelle, et , dans l'inconscience de son âge, il compose, il ébauche en quelques instants. Durant toute sa carrière, il retrouve en lui cette ressource innée, mais loin d'en faire abus, môme dans sa jeunesse, il se défie de ce don précieux : ses craintes, ses terreurs d'écolier au moment de concourir, en sont le témoignage, car dès lors il semble comprendre combien difficile est la tâche de celui qui prend vraiment l'art au sérieux. C'est le même sentiment qui, dans les premiers temps de son séjour à Rome , le porte à étudier les antiques avec une infatigable patience , et le laisse toujours mécontent de ses premiers essais, qu'il détruit à mesure qu'il les crée.
Dans toute la possession de ses forces et même de sa gloire , Thorvaldsen continue à être sévère pour lui-même. Il conçoit vivement, il compose avec une extrême facilité, et, s'il veut célébrer la fête de son amie la baronne de Schubart , il lui suffit de quelques jours pour imaginer et exécuter un gracieux bas -relief, la Danse des Muses.
La conception chez le maître est donc toujours prompte , la première exécution facile; mais un goût épuré comme celui du disciple de Winckelmann ne peut en être satisfait, et voilà pourquoi il médite longuement, il retouche, il mûrit son projet, souvent même il compose de nouveau. Il pressent, il voit par les yeux de l'esprit un beau tellement élevé, tellement parfait, qu'il ne saurait aisément y atteindre : de là ses hésitations, ses sévérités pour lui-même, alors que d'autres artistes eussent déjà été fiers de leur ouvrage. Toutefois, lorsqu'il croit avoir touché le but, il s'arrête, avec le ferme sentiment de sa force.
Rien n'est plus intéressant que d'étudier la collection des maquettes qui se trouvent dans une des salles du premier étage du Musée de Copenhague. L'observateur voit l'esprit de l'artiste en lutte avec son sujet; il assiste en quelque sorte à la conception de l'idée, à sa première expression; alors viennent les retouches, les remaniements, jusqu'à l'exécution définitive du modèle.
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La figure du Christ est une de celles qui ont le plus longtemps préoccupé le sculpteur. Une première esquisse, purement anatomique et sans aucune draperie, présente un corps dont la partie supérieure est portée en arrière par un mouvement très-accentué , tandis que la tête est renversée et la face tournée vers les cieux '. Le Christ arrive, il s'arrête, regarde le ciel et bénit; telle a dû être la première pensée du sculpteur.
Dans la seconde esquisse, celle-ci drapée; et réduite, c'est à peu près la même attitude, mais plus calme : le mouvement de la tête en arrière est moins violent.
Vient ensuite un modèle de plâtre, de plus grande dimension et d'un travail beaucoup plus avancé. La tête est droite et les regards se portent en avant. Les deux bras sont également étendus par un mouvement simple, et semblent inviter les hommes à s approcher de leur Rédempteur.
La figure est sortie des ébauches informes des premières études : die est noble et sereine. La draperie traîne à terre, et le corps du Christ, amaigri dans les esquisses précédentes, est maintenant accisé avec force; la poitrine est largement développée, l'ourlant l'exœution définitive de la statue colossale a encore apporté des modulations importantes à ce modèle, puisqu'elle montre les deux pieds étalement posés à terre par un mouvement puissant, et la tête légèrement penchée en avant, avec un sentiment de bienveillance et de douVeur.
L'attitude du Christ fut définitivement arrêtée sur une maquette qui manque à la collection du Musée. Voici ce que nous ;i raconté à ce sujet le professeur danois qui était présent à Rome dans l'atelier de Th\rvaldsen lorsque l'artiste prit sa détermination :
" Le maître allait sortir pour se rendre à une réunion, et je l'accompagnais. \u moment de franchir le seuil de son atelier, il revient sur ses pas; je le suis. II se place en face de son Christ et le regarde quelques iistants s;ms prononcer mie parole : la statuette
' Les bras n existent p.s, mais au înouvciiienl des épaules, il esl probable que le droit doit être le\'< et le gauebe étendu; le corps repose sur le pied gauche, le pied droit est eÙWière et se soulève de terre.
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d'argile avait la tête droite; l'un des bras était levé, l'autre étendu. Tout à coup l'artiste s'avance d'un pas ferme, comme un homme qui vient de prendre une décision ; il saisit les deux bras de l'ébauche, et par un mouvement énergique il les abaisse tous deux également. Pour les reformer, il les a bientôt pétris à la hâte par quelques pressions. Il fait alors quatre ou cinq pas en arrière et s'écrie : « Voilà mon Christ; c'est ainsi qu'il restera! » Puis il m'entraîne et nous sortons de l'atelier. »
Toutefois, Thorvaldsen modifia encore cette œuvre magistrale; mais dès ce moment il avait définitivement arrêté l'attitude générale, qui donne à la figure du Christ la majesté sans terreur du Jupiter Olympien.
Cette anecdote nous a paru digne d'être conservée, parce qu'elle peint au vif le caractère de l'artiste, et qu'elle montre aussi bien la tournure de son esprit que sa manière de procéder. Chez lui, le premier mouvement est indépendant et ne manque même pas d'une certaine fougue, ainsi qu'on peut le constater d'après les attitudes de plusieurs de ses ébauches1. C'est ensuite par la réflexion, rar l'étude, qu'il arrive à en tempérer la violence, pour donner à ses statues cet aspect de calme et de grandeur qu'il admirait dais le style grec et qui l'a fait quelquefois accuser de froideur.
Le génie de Thorvaldsen était éminemment créateur; lf maître mettait une ardeur extrême à pétrir la glaise, à en dégager la forme que son esprit avait imaginée, à lui donner l'empreinte A' la pensée qu'il avait conçue. Lorsqu'il lui semblait que l'argile avait suffisamment rendu son idée, il exécutait lui-môme un plâtre, qu'il terminait généralement avec soin; puis il le livrait conme modèle à ses praticiens, et c'était à ceux-ci qu'était réserv- le soin de le traduire en marbre. Ce travail se faisait sous ses yeux, dans ses ateliers; à toute heure il le surveillait, assez souveit il le retouchait, quelquefois il y donnait la dernière main.
Cette manière de procéder fit dire à des a'tistes jaloux de ses succès qu'il savait sans doute assez bien modeler, mais qu'il était
1 Comparer aussi l'attitude d'Achille dans les dei* bas-reliefs variés, l'Enlèvement de Briséh; celle d'Alexandre, etc.
OEUVRE DE THORVALDSEN.
incapable de sculpter le marbre. Un jour qu'on lui répétait ces propos : « Apportez-moi un bloc de Carrare ou de Paros, dit-il, » privez-moi de ciseau, attachez-moi les mains, je veux en taire » sortir une statue avec mes dents. «
Cette critique était en effet des plus injustes, et Y Adonis de la Glyptothèque de Munich , qui a été exécuté en entier par l'artiste, suivant les conventions arrêtées avec le prince Louis de Bavière, y répond avec assez d'éloquence pour qu'il soit inutile d'insister.
Faut-il regretter que Thorvaldsen n'ait pas également mis la main à l'exécution en marbre de toutes ses productions? Si l'artiste s'était toujours appliqué à ce travail, pour \ gagner quelques statues d'une perfection égale à celle de Y Adonis 1 nous eussions perdu peut-être plus d'une création parmi les meilleures du maître2.
On a trop souvent mis en parallèle le talent de Thorvaldsen avec celui de Ganova pour qu'il soit possible de terminer une étude sur le sculpteur danois sans dire aussi quelques mots de son illustre émule. De tout temps les contemporains se sont plu à établir celle sorte de rivalité entre les artistes célèbres. Entre Canova et Thorvaldsen la comparaison offre un point de départ commun , parce que les deux maîtres paraissent s'être inspirés des mêmes traditions.
Un yrand sculpteur français de notre temps, David d'Angers, dans un opuscule où il apprécie le talenl des deux artistes, a
1 Los marbres exécutés par les élèves ne sont pas toujours aussi soignés que les modèles du maître. Aussi, pour juger en toute équité ["œuvre de Thorvaldsen, il tant avoir vu les modèles de plâtre réunis au Musée de Copenhague.
2 N'a-t-on pas quelques raisons de supposer que les plus grands sculpteurs de la Grèce n'auraient pas agi autrement que l'artiste danois? Un critique allirme même qu'ils divisaient à la fois leurs ouvrages eu plusieurs morceaux, pour se taire aider par un plus grand nombre d'auxiliaires :
ii Qui ne sait (et nous pourrions citer ici et des exemples et des autorités que les grands artistes de l'antiquité, chargés comme ils l'étaient de travaux immenses, et tels que les modernes conçoivent à peine comment ils ont pu lc^ exécuter, faisaient usage de ce moyen expéditif de découper leurs modèles, qu'ils livraient, ainsi divisés, à leurs praticiens, afin de multiplier les secours que leur prêtaient ces artistes subalternes, auxquels il leur arrivait même d'abandonner entièrement l'exécution de certains accessoires qui, dans les plus beaux ouvrages, sont quelquefois traités avec beaucoup de négligence et peu de sentiment. » {Musée des Antiques de Bouillon, t. I", la Venus de Mélos, notice de I. B. de Saint-Victor.)
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exprimé sa préférence pour le maître italien , parce qu'il ne se sent pas aussi rapidement ému devant l'œuvre du sculpteur danois, dont les beautés éminentes, dit-il, ne se découvrent qu'après une longue étude 1.
Nous pourrions opposer à ce jugement celui d'un autre sculpteur, également d'un grand mérite, qui nous disait, il y a peu de temps :
(( Devant les ouvrages de Canova je suis toujours en défiance. J'ai peur de laisser surprendre mon jugement par la grâce excessive des figures et par l'habileté extrême de l'exécution, qui dissimule assez souvent de véritables défauts. La jolie petite main recroquevillée de la princesse Borghèse en Vénus peut être charmante, mais elle est pleine de manière et d'affectation, et à coup sûr elle n'est ni naturelle ni antique. Avec Thorvaldsen, au contraire, je ne crains pas de semblables surprises; mon esprit est tranquille, et je le préfère à Canova, parce que son style a plus d'ampleur, plus de sévérité, parce que son œuvre est aussi plus juste et plus vrai. »
Si l'on peut remarquer dans quelques ouvrages de l'artiste danois des pieds un peu grands , des mains un peu fortes , ce défaut même témoigne combien Thorvaldsen était éloigné de songer à surprendre le goût par des délicatesses recherchées.
En suivant le mouvement que les théories de Winckelmann avaient imprimé à l'art, Canova n'est en réalité ni grec ni romain; son œuvre, digne à tant d'autres titres de l'admiration qu'il a excitée, se ressent des préoccupations de mièvrerie des prédécesseurs italiens du maître, et n'a fait en quelque sorte que prendre un habillement antique.
Canova voyait la nature gracieuse et coquette plutôt que grande et puissante, et s'il procède de l'antiquité, c'est par l'imitation des artistes de la troisième période de l'art grec, qui sont à Phidias ce que le Guide est à Raphaël 2. Il est attiré de préférence par les qualités suaves qui sont le caractère de l'époque où la grâce domine, et il réussit généralement mieux dans les compositions délicates que dans les figures de force. Les formes des beaux corps qu'il groupe
1 Voir aux Appendices la lettre de David d'Angers. - Winckelmann, t. Il, liv. rv, ch. vi.
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ont quelque chose d'ouduleux qui charme l'œil et porte l'esprit vers les tendres pensées, quelque chose de pénétrant qui entraîne les sens vers les souvenirs de la Grèce cythéréenne.
L'œuvre de Thorvaldsen n'offre rien de semblable, et voilà pourquoi ceux qui mettent habituellement les deux artistes en parallèle le trouvent froid auprès des ouvrages de Canova. Le sculpteur danois est plus austère, plus philosophique dans sa recherche du beau. Quant à son illustre contempoi ain le Florentin Bartolini, il appartient aussi à ce mouvement général des idées qui ramena les artistes, à la suite de Winckelmann, au culte de l'antiquité grecque. Pourtant son horreur du pastiche l'a rendu plus indépendant que Canova et que Thorvaldsen, et c'est dans la nature avant tout qu'il s'efforça de trouver la forme el l'expression de ses figures.
Un éminent critique, dont les opinions font autorité en matière d'art, a consacré à Bartolini un travail des plus intéressants, dans lequel nous trouvons cette appréciation de Canova el de Thorvaldsen :
« Considérée en elle-même, dit M. Henri Delaborde1, la manière de l'auteur de la Madeleine , des Danseuses , de la Vénus du palais Pitti, est plutôt agréable que belle. Elle se ressent du désir qu'a l'artiste de se conformer aux exemples antiques; mais ces exemples, Canova les amoindrit en les ajustant aux proportions un peu étroites du goût moderne. Il complique la simplicité grecque d'une grâce prétentieuse , d'une élégance équivoque ; eu un mol, il traite l'antiquité comme la nature, il enjolive l'une el l'autre. En abritant à peu près sa responsabilile personnelle sous un semblant de style classique, il réussit à contrefaire adroitement une apparence, mais non pas à exprimer magistralement une vérité.
» Thorvaldsen eut un talent el des aspirations d'un tout autre ordre. Quoiqu'il lui soit arrivé de rechercher l'élégance el de la rencontrer, par exemple, dans sa Nuit ou dans son Mercure au moment où il vient d'endormir Argus, il ne vise ordinairement
1 Eludes sur les beaux-arls.
SECONDE PARTIE
qu'à la grandeur, et ce but il l'atteint quelquefois. Son Lion de la Suisse , ses bas-reliefs réprésentant le Triomphe tf Alexandre , et plusieurs de ses figures allégoriques, portent l'empreinte de l'imagination et de la forée. »
Thorvaldsen a exercé une influence considérable sur presque tous les sculpteurs qui vinrent à Rome de son temps. Au contact du maître, Rauch doit d'avoir épuré son style : l'artiste allemand fonda plus tard une école pour y enseigner les principes du grand art. De cette école sont sortis MM. Rietscbel ', de Dresde, Drake2 et Albert Wolff3, de Berlin, Blaeser, de Cologne, qui s'efforcent de maintenir l'art dans la voie tracée par leurs maîtres. Scbadow et Sehwanthaler avaient été les amis du sculpteur, et ils profitèrent de ses conseils. A Copenhague, la tradition a été conservée par M. Bissen; à Rome, par MM. Tenerani4, Louis Bienaimé, Pierre Galli 6 et Emile Wolff fi.
Thorvaldsen a donc laissé une école en Allemagne comme en Italie; mais, quoi qu'en ait pu dire madame de Staël 7, l'artiste n'est
' M. Rietschel a exécuté un assez grand nombre de monuments publics. Il est mort il y a quatre ou cinq ans.
1 M. Drake est compatriote de Raucb ; il est né comme lui dans la principauté de Waldeck. A l'Exposition universelle des beaux-arts, actuellement ouverte au Gbamp de Mars (1867), il vient d'obtenir un des grands prix pour sa statue équestre du roi Guillaume de Prusse.
! M. Albert Wolff a exécuté plusieurs monuments publics en Allemagne.
4 M. Tenerani, âgé maintenant de soixante-dix-buit ans, vit à Rome. Il a récemment complété le monument du pape Pie VIII pour Saint-Pierre.
5 M. Galli est le dernier élève qui ait travaillé auprès de Thorvaldsen; pendant l'absence du sculpteur, c'est lui qui avait la direction de l'atelier. Il a exécuté pour le palais Torlonia des médaillons, ébauchés seulement par le maître. (Voir au Catalogue.) Plus tard il a composé un grand nombre de petites statues et de bas-reliefs qui décorent aujourd'hui les loges du Vatican et méritent l'estime des gens de goiït. Ses grandes statues sont moins heureuses.
B M. Emile Wolff est établi à Rome, où il jouit d'une réputation méritée. Il conserve religieusement la tradition de son maître, pour lequel il a gardé une profonde et touchante vénération. Parmi les nombreux ouvrages de M. Emile Wolff, nous citerons la statue du Prince Albert, dans l'île de Wight; t Amazone blessée, à Eaton-Hall, palais du marquis de Westminster; une Victoire, sur le pont du château à Rerlin; les Quatre Saisons, bas-reliefs, dont l'un, /' Hiver, a été répété plus de cinquante fois en marbre.
7 Dans son livre de P Allemagne , madame de Staël a dit : " En Danois,
OEUVRE DE THORVALDSEN.
pas Allemand, il appartient à la race Scandinave, il en a le caractère et le génie. Cette race de l'extrême Nord, un peu rude, hère et simple, hospitalière et bonne, s'est plu de tout temps aux choses nobles. La poésie de ses premiers bardes a été guerrière et chaste. Elle a toujours cru à l'immortalité de l'âme, à un monde où la \ ie aurait quelque chose de plus large, de plus grand (pie la vie terrestre, où les guerriers aimeraient et se battraient à la façon des dieux. Pour nous, les longs jours de la belle saison sont accueillis comme un droit ; pour les Scandinaves, ces mêmes jours, comptés avec tant de parcimonie, sont un bienfait de la nature; et quand l'herbe est verte, la prairie émaillée de fleurs, lorsque le soleil dore la cime des hauts sapins, et «pie la brise glisse doucement à la surface des grands lacs, c'est fête par tout le Nord, et le peuple en lier chante la joie de la nature par des hymnes tendres et sauvages, avec des accents pleins de force et de fraîcheur.
C'est bien la séve naïve et vigoureuse de celle race Scandinave que l'artiste danois avait gardée en lui et qu'il a entée sur l'art grec, la greffant au rameau le plus dru et le plus sévère que cet art ail poussé. Mais il n'a pas été une piaule parasite, il a au contraire apporté à l'arbre sa propre force. Si Tborvaldsen a idéalisé ses figures par les procédés des Crées el suivant les principes d'esthé tique développés par Winckehminn, il ;i demandé ses modèles a la nature, il a puisé directement à celle source première. Ce <pi il
Thorvaldsen , élevé en Allemagne, rivalise maintenant à Rome avec Ganova, et son Jason ressemble à celui que décrit Pindare comme le plus beau des hommes; il lient une lance à la main, el le repos de la force caractérise le béros. » Il est si peu vrai (pie Tborvaldsen ait été ('levé en Allemagne, qu'il avait cinquante ans quand, en 1819, il y mit le pied pour la première fois. L'erreur de madame de Staël v ient sans doute d'un article de M. A. \V. Scblegel, dans le Jenaer nllyemeine Zeitung (1805, Intell., n 120, p. 1006) : « Den f Tborvaldsen ) vvir uns gewi sserm assen zueignen diirfen, da er, wiewohl ein Dâne von Geburt, wie ein Deutscher unsre Sprache redel und eanz deutsche Bildung besilzt »; ce qu'on peut traduire en français : « Tborvaldsen, (pie non» devons nous approprier en quelque sorte, bien qu'il soit né Danois, parce qu'il parle notre langue comme un Allemand et qu'il possède une culture tout allemande. » M. Tbiele fait remarquer avec raison que l'artiste, qui ne traversa l'Allemagne que lorsqu'il était déjà âgé, n'a jamais pu parler aussi correctement l'allemand que le prétend l'auteur de cel article.
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s'est efforcé d'emprunter à l'antique, c'est la grande tournure, la noblesse du style. Son œuvre gardera dans l'estime des hommes un rang élevé, non-seulement parce qu'il est la plus complète et Tune des plus hautes expressions des tendances de l'époque, mais aussi parce qu'il dérive d'une inspiration originale, d'un génie sincère et personnel.
DP
L'OEUyRE DE THORVALDSEN.
Nous n'avons pas cru devoir, dans ce Catalogue, adopter l'ordre chronologique, malgré l'intérêt qu'il pourrait présenter. Pour éviter la confusion et faciliter les recherches au milieu d'un œuvre aussi considérable et aussi varié que celui de Thorvaldsen, la classification par matières nous a paru offrir plus d'avantages. D'ailleurs, la première partie du volume, la partie biographique, donne déjà la classification chronologique à peu près complète; et pour ne rien laisser à désirer sous ce rapport, nous avons eu soin, après chaque article du Catalogue, d'indiquer la date de la production de l'objet décrit. Grâce aux excellents travaux de MM. Thiele et Millier, qui nous ont beaucoup aidé dans notre tache, notre Catalogue ne présente presque pas de lacunes sur ce point.
FAÇADE DtJ MUSÉE T HO R VA I. D S E N A COPESUACl'E.