CONCLUSIONS
Nous présenterons nos conclusions sous la forme suivante :
1° L’ébauche thyroïdienne latérale, née par un diverticule de quatrième poche entodermique ne se fusionne pas avec l’ébauche médiane qui l’entoure de tous côtés.
On peut distinguer dans l’évolution de cette formation deux périodes.
A) La première, dite d'activité, est caractérisée par ce fait qu'après avoir subi un bourgeonnement actif, l’ébauche latérale se divise dans ses assises externes en cordons ou lobules qui ne s’anastomosent pas avec ceux de l’ébauche médiane, contrairement à l'opinion de Born, Stieda, Kastschenko, Piersol. De même certains cordons restent adhérents à lébauche latérale et se transforment directement en vésicules thyroïdiennes sans s’anastomoser avec l’ébauche médiane.
B) La seconde période dite de survivance, est caractérisée par la persistance d’une vésicule, derniers vestiges de l’ébauche latérale. Celle-ci peut se trouver au centre du lobe latéral et y former un canal central (embryons de Lapin, Cobaye, Brebis, Chat), ou se trouver en dehors (embryons de Veau).
20 Cette vésicule disparaît totalement dans la suite chez les Rongeurs, se transforme chez les Ruminants sans que nous ayons pu fixer le terme de son existence ; enfin semble avoir une évolution très variable chez le Chat.
3° Le tractus qui, chez l'embryon très jeune, unit la cavité pharyngienne à celle de l’ébauche latérale est susceptible de
persister pendant un temps encore non délimité de la vie embryonnaire, contrairement à l'opinion jusqu’à présent admise.
Il est comparable au conduit thyreo-glosse, vestige de l’ébauche médiane : nous lui avons donné le nom de canal thyreo-pharyngien.
4 Nous avons établi une distinction fondée sur la difiérence d’origine entre la glandule thyroïdienne proprement dite, qui forme le corpuscule interne des auteurs et la glandule thymique qui devient le corpuscule externe.
5° La glandule thyroïdienne dérive chez le Chat au moins de l’ébauche latérale : la glandule thymique de la troisième poche branchiale.
La glandule thyroïdienne disparait totalement chez les Rongeurs, contrairement à l'observation de Kohn. Elle semble persister chez les Ruminants et passe certainement à l'état adulte chez les Carnassiers.
6° La glandule thymique au contraire semble survivre au thymus. C’est elle qui bien certainement chez les Rongeurs et les Carnassiers et vraisemblablement aussi chez les Ruminants, donne le corpuscule externe.
7 Par de nombreux exemples empruntés à divers Mammifères, nous avons montré que contrairement à l'opinion soutenue récemment encore par Kohn, Schaper, Schmid, la glandule thyroïdienne ou thymique ne possède pas la structure de la thyroïde embryonnaire.
& De nos observations il résulte encore que tous les Mammifères étudiés par nous, sauf le Porc, possèdent à un moment donné une glandule externe et une glandule interne.
9% Au point de vue de la suppléance physiologique de la glandule à la glande thyroïde, il nous semble que cette théorie ne peut s'appuyer ni sur l’histologie ni sur l’embyrologie, puisque ces deux organes ont une structure différente et
que la glandule thyroïdienne étant égale par son origine et sa structure à la glandule thymique, il faudrait aussi admettre que cette dernière est susceptible de donner du tissu thyroïdien, bien que par son origine et sa structure, elle soit entièrement différente du corps thyroïde.
Va :
Le Président de la thèse, A. PRENANT.
Vu et permis d'imprimer :
Nancy, le 15 juillet 1896.
Le Recteur,