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DES FAITS RELATIFS A LA

THYROÏDE LATÉRALE ET A LA GLANDULE THYROÏDIENNE

C’est chez l'embryon de Poulet que furent, pour la première fois (1855), signalées des formations qui, vraisemblablement, représentent l'ébauche latérale du corps thyroïde, et ces observations sont dues à Remak. C’étaient des amas épithéliaux. creusés en forme de vésicules, qui provenaient de la quatrième fente entodermique branchiale et furent considérés par lui comme des glandes thyroïdes accessoires.

Divers auteurs, Gœtte (3), Müller (4), Seessel (5), Kcælliker (11 is), retrouvèrent dans la suite ces vésicules et en confirmèrent l’origine, ë

Mais c’est à Wofler * (6) que revient le mérite d’avoir signalé chez les Mammifères, l'existence des ébauches latérales et d’en avoir reconnu la signification. La fente branchiale de laquelle les thyroïdes latérales tirent leur origine et qu’il décrit comme étant la première, se termine en effet en se divisant en deux diverticules : l’un antérieur, se trouve en rapport avec le bulbe aortique : Pautre postérieur, plus étendu, se trouve entre la première et la seconde artère branchiales et s’étend, par conséquent, jusqu’au point occupé dans la suite par la carotide. Toutes deux sont tapissées par un épithélium continu

(*) Nous avons regretté de n'avoir pu nous procurer le travail original de Wasfler : nous avons dû nous contenter de l'analyse qui en à été donnée dans le Jahresbericht über die Fortschr. d. Anat, und Physiol., 1881, p. 460-361.

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avec celui du pharynx. Les ébauches latérales de la glande thyroïde sont des dérivés de cet épithélium ; ce sont les premiers et uniques rudiments de lorgane.

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C’est à ce moment que Sandstrom * (9) décrit comme glandules parathyroïdes, des organes pairs et constants dans les cinquante cadavres humains examinés par lui, indépendamment de nombreux animaux, tels que Chiens, Chats, Chevaux, Bœufs ou Lapins.

Baber (11) retrouve chez le Chien les glandules de Sandstræm et les considère comme des parties non développées du corps thyroide. Elles forment des corpustules arrondis, séparés de la glande principale par une capsule conjonctive. Elles-mêmes sont constituées par une masse compacte de cordons contournés et entrelacés. Entre ces cordons, il existe des vaisseaux sanguins et, vraisemblablement aussi, des lymphatiques. Dans quelques cas, ces cordons présentaient une lumière. Les glandules parathyroïdes existent aussi chez le Chat, mais ici les travées sont moins contournées ; le lobe latéral de la glande thyroïde renferme aussi semblables cordons, mais ces derniers se transforment généralement en tissu thyroïdien (**).

L'examen microscopique lui a montré une masse cellulaire compacte parcourue par un réseau de capillaires ou bien un réseau de travées épithéliales réunies en petits amas ou follicules.

Les recherches de Stieda ***{10), sur des embryons de divers animaux, tels que Cheval, Chien, Chat, Souris et principalement Brebis et Porc, firent faire à l’étude organogénique du corps thyroïde de grands progrès. L'ébauche latérale de cet

(*) Cité d’après le même recueil et d'après Kohn (58).

(*#) D'après M. Prenant (39), il faut entendre ici glandale thyroïdienne au lieu de glandule carotidienne, Stieda aurait confondu ces deux formations.

(r##) Cité d'après Schmid (67).

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organe, le thymus, et la glande carotidienne se développent aux dépens de l’épithélium qui tapisse la dernière ou lPavant-dernière fente branchiale et non la première, comme le pensait Woœlfler (6). Chez un embryon de Brebis de 11-12 millimètres, ces trois formations se trouvent en large communication avec le pharynx.Plustard,la paroi de ébauche thyroïdienne latérale s’épaissit et donne des bourgeons qui, primitivement libres et pleins, s’anastomosent dans la suite et se creusent d’une lumière. L’immigration des vaisseaux dans cette masse épithéliale détermine enfin, le sectionnement des tubes en vésicules. Ces dernières observations confirmaient d’ailléurs les résultats des recherches antérieures de W. Müller (4) et de Kcælliker (11 Üis) sur le corps thyroïde de l'embryon de Poulet.

Les connexions génétiques du thymus, de la thyroïde latérale et de la glandule carotidienne fixées, de nouvelles observations en faveur de la nature glandulaire de cette dernière, la description des métamorphoses histologiques de la glande thyroïde embryonnaire, tels sont les principaux résultats des importantes recherches de Stieda.

Malgré cela, les auteurs n'étaient guère d'accord au sujet du lieu de naissance de la thyroïde latérale, car les observations de Woœlfler (6) et de Stieda (16), faisant dériver celle-ci de l’épithélium d’une fente branchiale, s'élevaient contre d’autres, plus anciennes, dûes à Koælliker (11 bis), chez l'embryon de Lapin.

Sur un sujet de 9 millimètres, en effet, cet auteur avait vu débuter la glande thyroïde comme une dépression de la paroi antérieure du pharynx, avec épaississement de lépithélium dans cette région. Par prolifération de celui-ci, il se produisait ensuite un bourgeon plein, de forme arrondie, qui faisait saillie au niveau de la bifurcation antérieure du bulbe aortique et ne tardait pas à se pédiculiser. La séparation était effectuée au

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onzième jour et dès lors la glande poursuivait son évolution indépendamment de l'intestin antérieur où elle avait pris naissance.

On sait comment Born (13) parvint à concilier ces deux opinions adverses en montrant que chez le Porc, le corps thyroïde est constitué par la coalescence de trois rudiments primitivement isolés : l’un médian et impair, situé au niveau du deuxième arc branchial et répondant à la description de Koœælliker, les deux autres latéraux et pairs, se formant aux dépens des quatrièmes poches branchiales : rudiments découverts par Wolfler (6) et Stieda (10).

Chez un embryon de Porc de 19-20 millimètres en effet, le réseau épithélial formé par la thyroïde médiane, s’est rapproché du fond des tubes qui constituent l’ébauche latérale, jusqu’à entrer en contact avec eux. Chez un autre de 21 millimètres, l'union des deux rudiments est réalisée, toutefois les parties dorsale et externe de l’ébauche latérale sont encore libres ; elles ont une lumière nette qui n’existe plus dans la région interne qui a subi le fusionnement. À ce moment, le collet par lequel l’ébauche latérale se rattache au pharynx, paraît très aminci ; cependant on peut encore y reconnaître une lumière.

Dans la suite, on peut encore malgré la similitude d’aspect, distinguer le réseau de la thyroïde latérale de celui de la médiane par sa plus grande colorabilité. Chez un embryon de 26 millimètres, alors que la glande forme un organe unique, on reconnaît la provenance des parties latérales du réseau à leurs mailles étroites et à leurs travées épaisses. Chez un embryon de 37 millimètres, toute distinction de ce genre devient impossible.

Fischelis (22), pour les points fondamentaux, se rattache à Born (13). Dans son premier travail, M. Prenant (39) a fait ressortir les contradictions renfermées dans le mémoire de cet

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auteur, relativement au lieu d’origine de la thyroïde latérale, Fischelis en effet aurait tour à tour fait dériver celle-ci de la troisième, puis de la quatrième fente branchiale.

D’après Jacoby (61), cette contradiction ne serait qu’apparente, car il résulterait constamment des figures et du texte, qu’il est toujours question de la quatrième poche entodermique et que là où est citée la troisième, il s’agit d’une faute d’impression ou de rédaction.

His (21) a étudié surtout les embryons humains et nie toute connexion génétique entre les poches branchiales et les ébauches thyroïdiennes latérales. D’après lui, ces dernières dériveraient de l’épithelium qui tapisse le sulcus arcuatus, c’est-àdire cette partie du pharynx qui donne naissance aux poches entodermiques.

En étudiant la quatrième fente branchiale chez embryon de Brebis, de Meuron (23) à montré qu’elle donne dans sa partie ventrale un diverticule représentant l’ébauche latérale de la glande thyroïde et, dans sa partie dorsale, un épaississement épithélial. Le premief bourgeonne jusqu’à perdre sa lumière ou au moins à la réduire considérablement : par ses assises externes, il donne naissance à des cordons épithéliaux qui se transforment en vésicules identiques à celles de lébauche médiane. Les observations de cet auteur différent par conséquent des précédentes, puisque d’après elles, chacun des deux rudiments évolue de même façon il est vrai, et dans le même sens, mais séparément l’un de l’autre, sans se fusionner intimement, comme le croyait Born (13) et divers auteurs avec lui.

Le bourgeon dorsal de la quatrième poche devient la glandule thyroïdienne qui, tout en restant en connexion avec le corps thyroïde et plus particulièrement l’ébauche latérale de celui-ci, entre dans la constitution du thymus dont il possède d'ailleurs la structure : « il est en effet constitué par de petites

cellules d'aspect plus ou moins lymphatique et groupées en masses secondaires, séparées par des trabécules de substance conjonctive. Sa structure est donc la même que celle de la partie supérieure du thymus, formé par épaissement dorsal de la troisième fente branchiale ».

Jacoby (61) parlant des recherches de cet auteur, montre qu’elles aboutissent à des résultats contradictoires, car le bourgeon dorsal qui page 70 du tirage à part devient la glandule thyroïdienne, devient plus loin (p. 76) l’origine de la thyroïde latérale. Il ajoute cependant que pour qui a étudié soigneusement ce travail et les figures de de Meuron,.il n’est pas douteux que cet auteur n’ait vu la formation des ébauches latérales aux dépens des quatrièmes poches branchiales.

Ces résultats compléteraient par suite ceux de Born qui ayant rencontré, chez un embryon de Porc de 11 millimètres, des connexions topographiques entre la quatrième poche branchiale et l’ébauche thyroïdienne latérale, en avait induit encore à Pexistencé de connexions génétiques, tandis que de Meuron, sur des stades plus jeunes, constate la réalité de ces dernières.

Kastschenko (24) n’a pu retrouver le bourgeon dorsal de structure thymique décrit par de Meuron (23), et dès maintenant nous pouvons ajouter que cette formation n’a été retrouvée par aucun auteur en tant que partie intégrante du thymus.

En outre, dans la constitution du corps thyroïde embryonnaire, les ébauches latérales se placent au côté externe de Pébauche médiane et ne prennent qu’une part peu importante dans la formation de la masse thyroïdienne. Avec les progrès du développement, l’ébauche latérale diminue d’importance à cause des bourgeons auxquels par ses assises externes elle donne naissance, bourgeons qui se transforment petit à petit jusqu’à donner un tissu d’apparence identique à celui de l’ébauche médiane avec laquelle elle se fusionne entièrement.

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