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valeur des éhyroïdes aberrantes dont la structure, le rôle ou les manifestations pathologiques répondent si exactement à l'histologie, la physiologie ou la pathologie du corps thyroïde proprement dit. Mais même en se plaçant uniquement au point de vue purement anatomique, il faut bien convenir que les bases histologiques où embryologiques manquent absolument pour permettre de rattacher à la glande principale Îles glandules thyroïdiennes.
Le fait d’être annexé au lobe latéral de cet organe et quelquefois même d'y être inclus ne suflit en effet assurément pas pour faire partie du système thyroïdien. Sans doute la plupart des auteurs qui ont étudié au microscope la structure de ces glandules, leur ont reconnu celle de la glande thyroïde embryonnaire et les ont considérées comme des portions de celles-ci non passées adultes, mais susceptibles de le devenir. Mais à l'inverse de ces observations, les recherches de M. Prenant montraient que dès les premiers développements, la structure de la glandule thyroïdienne différait entièrement de celle de la glande thyroïde embryonnaire.
Fort peu d'auteurs d’ailleurs avaient constaté la transformation de la glandule en tissu thyroïdien typique et l’ensemble des observations était bien plutôt négative que favorable à l'existence de ce phénomène.
Les mêmes recherches de M. Prenant ont encore montré la formation de la glandule thyroïdienne non pas aux dépens de l’ébauche épithéliale de laquelle dérive, avec les thyroïdes aberrantes, la masse principale du corps thyroïde, mais tout au contraire aux dépens d’une ébauche dont le rôle et la signification étaient encore mal connus. De telle sorte que si par certains côtés les glandules thyroïdiennes sont susceptibles de rentrer dans le cadre du système thyroïdien, par d’autres, elles ne sauraient le faire qu’à condition d’être considérées
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comme des formations spéciales, non comparables comme on aurait pu le croire aux fhyroides aberrantes.
Par le rôle que dans l appareil thyroïdien jouent ces glandules, il semble que ce dernier soit mieux délimité et plus homogène.
Depuis les recherches de Gley, Cristiani, etc., on sait aujourd’hui que la glandule thyroïdienne peut suppléer à la glande thyroïde même, lorsque soit par suite d’une intervention chirurgicale, soit pour toute autre cause, celle-ci à disparu.
Ilest vrai d'ajouter que cette interprétation ne fut pas universellement acceptée et que Moussu, Hofmeister, et dans ces tout derniers temps encore, Jacoby et Blumreich professent une doctrine opposée.
Quoi qu’il en soit, le rôle de suppléance de la glandule thyroidienne à la glande thyroïde même, suppose entre ces deux glandes une certaine ressemblance dans l’origine et dans l’organisation ; et puisque suivant une vieille formule, la fonction crée l'organe, il faut admettre que la fonction nouvelle en s’établissant dans la glande annexe, la transformait en tissu thyroïdien typique.
Et en effet, à la suite de la thyroïdectomie incomplète telle que la pratiquait M. Gley, on remarquait constamment dans la glandule une augmentation de volume et de poids. Tous les auteurs encore qui depuis Sandstræm, avaient étudié l’organisation de la parathyroïde, l'avaient décrite comme une portion du corps thyroïde restée embryonnaire,
Tout semblait donc s’accorder pour le mieux, les données histologiques confirmer celles de la physiologie, lorsque les recherches précitées de M. Prenant vinrent contester ce dernier point et montrer en outre la formation de la glandule aux dépens de la thyroïde latérale, c’est-à-dire d’une ébauche qui
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ne participe que fort peu à l’organogénie de la glande principale. Les bases histologiques et embryologiques de la doctrine de la suppléance manquaient donc de toutes parts: non seulement en effet on n'avait pas encore démontré la transformation de la glandule en tissu thyroïdien typique, mais on contestait jusqu'à la possibilité de cette métamorphose.
À mesure d’ailleurs que la connaissance de ces organes se répandait et suscitait de nouvelles recherches, de toutes parts arrivaient des faits nouveaux. M. Nicolas chez les Cheiroptères et dans la suite, Kohn, Schaper, etc., chez certains Mammifères décrivaient pour chaque lobe thyroïdien non plus une, mais deux glandules, de dispositions variées si leur structure était identique.
Or s’il en est ainsi, n’est-il pas nécessaire de rechercher sices glandules multiples sont équivalentes, de même potentiel pour ainsi dire? Sont-elles toutes et au même degré susceptibles, le cas échéant, de se transformer en tissu thyroïdien typique ? F
Parmi ces glandules encore, les auteurs en distinguaient constamment une enfouie dans l'épaisseur de chacun des deux lobes latéraux et la caractérisaient du nom de corpuscule interne. Or M. Gley s'était expérimentalement assuré qu’à l’état normal la glandule thyroïdienne est sans fonetion importante, puisque sa suppression n’entraine chez l'animal l’éclosion d'aucun trouble. Cette conclusion est-elle bien rigoureuse, s’il est vrai qu'au sein du lobe latéral subsiste une seconde glandule dont la suractivité pût compenser la disparition de la première ?
C’est ainsi que le problème cessait d’appartenir à la physiologie pour entrer dans le domaine de l’histologie et de l’embryologie.
L'examen des premiers développements de ces organes nou-
veaux était seul capable de nous donner les renseignements nécessaires sur la nature de ces corpuscules.
Outre les notions, que d’une façon sommaire, nous avons exposées plus haut, les recherches de M. Prenant eurent encore le résultat de faire toucher du doigt pour ainsi dire, l'insuflisance de nos connaissances sur l’organogenèse du corps thyroïde.
Les divers auteurs qui avaient étudié le mode de participation de l’ébauche latérale à la formation de vésicules thyroïdiennes, étaient arrivés à des résultats peu concordants : les uns admettaient le fusionnement de celle-ci avec l’ébauche médiane, les autres croyant au contraire que cette soudure ne s’effectuait pas. Chez la Brebis, M. Prenant n’arrivait qu'à l'incertitude à cause des difficultés spéciales de l’observation. Peut-être n’était-il pas impossible de fixer ce point en s’adressant à d’autres groupes de Mammifères que ceux qui jusqu’à présent avaient été choisis.
Il semblait, en outre, d’après ces recherches, que l’ébauche latérale était susceptible de persister sous forme de canal central du corps thyroïde, au moins chez l'embryon de Brebis. Faute de matériaux satisfaisants, l’évolution de cette ébauche n'avait pu être suivie d’une façon complète
Etendre et compléter ces résultats était encore la‘tâche que M. Prenant avait bien voulu nous confier.
Ces recherches, d’ailleurs, n’ont pas été entreprises uniquement dans un but de science pure. S'il est intéressant de savoir si chez l’adulte, la glande thyroïde possède où non un canal central, cette notion prend assurément un intérêt beaucoup plus grand, si l’on songe que cette formation en quelque sorteétrangèreà l'organe, peutêtresusceptible de fournir l’explication de certaines manifestations pathologiques, telles par exemple que l’adénôme, le sarcôme, etc., du corps thyroïde.
Nous avions done primitivement pensé ajouter à notre travail des recherches bibliographiques et à l’occasion quelques recherches micrographiques.
Dans ce but, nous avions collectionné dans les cliniques chirurgicales des hôpitaux, quelques pièces anatomiques telles que tumeurs, goîtres, kystes, etc. M. le professeur agrégé Vautrin, avecune complaisance dontnousluiserons toujoursreconnaissant, avait bien voulu nous donner des renseignements, que ses connaissances bibliographiques rendaient précieux. Nous n'avons pas tardé, cependant, à nous apercevoir que de semblables recherches nous entraineraient beaucoup trop loin et enlèveraient à notre travarl le caractère purement anatomique que nous désirions lui conserver.
Nous nous sommes donc limité dans le présent travail à l'étude de la naissance et d’une façon générale de l’évolution de l’ébauche latérale du corps thyroïde, nous efforçant de fixer les questions encore controversées. Nous avons ensuite recherché la naissance et l’évolution de la glandule thyroïdienne et les résultats inattendus auxquels nous sommes arrivé, nous ont forcé d'ajouter une troisième et dernière partie, traitant des rapports du thymus et du corps thyroïde.
Parvenu au terme de nos études médicales, nous avons le devoir et en même temps le plaisir d'adresser à tous nos maitres de la Faculté de Nancy l'expression de notre reconnaissance et de notre dévouement.
C’est surtout à M. le professeur Prenant que ce témoignage s'adresse : avec une complaisance que nous ne saurions oublier, il a mis à notre entière disposition, durant trois années, sa science, son expérience, les documents que ses relations étendues lui avaient procurés.
Nous lui serons très reconnaissant si, avec la dédicace de
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cette thèse, il voulait bien accepter l’assurance de notre dévouement et de notre respectueuse affection.
Que M. le professeur Baraban nous permette de lui dire la cratitude que nous lui avons vouée pour l'amitié dont il a bien voulu nous honorer durant l’année passée sous sa direction, comme préparateur, puis comme chef des travaux au laboratoire d’'histologie,
M. le professeur Nicolas a bien voulu publier dans le Journal qu’il dirige, les résultats de quelques-unes de nos recherches ; nous lui en offrons de nouveau nos remerciements.
MM, les professeurs agrégés Jacques et-Zïlgien nous font l'honneur de faire partie de notre jury. Nous les remercions vivement tous les deux.
Que M. le doyen Heydenreich, MM. les professeurs Bernheim, Chrétien, Vuillemin, MM. les professeurs agrégés Rohmer et Vautrin, veuillent bien agréer l’expression de notre dévouement et de notre reconnaissance, pour l’intérét ou l’amitié dont ils ont bien voulu nous honorer.
Nos amis Pol et Maurice Bouin, Ch. Garnier et G. Thiry, connaissent trop bien nos sentiments d'amitié à leur égard, pour qu’il soit nécessaire de leur en donner un témoignage public.
Nous n’oublierons pas non plus M. Roth, garçon du laboratoire d’histologie, qui à toujours été pour nous un serviteur
intelligent et dévoué.
ER SN Che D CURE