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tion n’avait pas encore été suffisamment attirée: ce sont principalement l’existence d’un bourgeon d’apparence particulière faisant saillie dans la lumière de l’ébauche latérale: la transformation des parois de celle-ci en un tissu réticulé très particulier et caractéristique de cette formation: la persistance enfin du canal central chez des embryons relativement âgés où le rôle actif de l’ébauche latérale a depuis longtemps cessé. Une dernière question sur laquelle l’auteur ne peut se prononcer, est celle des relations existant entre l’ébauche latérale et la médiane ; il dit en effet dans ses conclusions: « Il m’est impossible de trancher la question de savoir si le rudiment latéral bourgeonne pour donner des cordons ou lobules qui se mélent ou s’anastomosent avec ceux de la thyroïde médiane et se transformeront ultérieurement en vésicules thyroïdiennes ou bien si les lobules de l’ébauche médiane ne font que se souder au tissu de la thyroïde latérale ».
C’est pour compléter et généraliser ces divers résultats, que dès novembre 1893, M. Prenant nous a conseillé d'entreprendre des recherches analogues aux siennes en les étendant à divers groupes de Mammifères.
À deux reprises différentes (56 et 57), nous avons publié quelques conclusions partielles auxquelles nous étions arrivé. Nous avons montré que l’ébauche thyroïdienne latérale, tout en présentant à partir d’un certain âge une irrégularité manifeste dans son existence, était susceptible de persister au delà du terme fixé par les auteurs. Chez un embryon de Porc de 66 millimètres, nous avons décrit le canal central de la glande thyroïde, qui, selon Born, aurait déjà disparu chez un embryon de 37 millimètres. Ces premiers résultats confirmaient donc dans une certaine mesure ceux de M. Prenant. Forcé d'interrompre pendant quelque temps nos recherches, nous avons vu paraître plusieurs travaux relatifs non plus il est vrai, à la thyroïde la-
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térale ou à la glandule thyroïdienne embryonnaire, mais à la glandule de différents Mammifères adultes.
Avant toutefois d'exposer les résultats de ces recherches, il nous faut montrer quel intérêt s’attachait à ce moment à la connaissance exacte de ces organes et cela non seulement pour l’anatomiste, mais aussi pour le physiologiste et le médecin.
C’est à ce moment en effet (1888-1893), que plusieurs physiologistes, français pour la plupart, reprenant l’étude des résultats de la thyroïdectomie expérimentale, donnèrent aux recherches sur l’histologie et l’embryologie du corps thyroïde un regain d'actualité et suscitèrent dans tous les pays une production de travaux de toutes sortes dont le cours ne s’est pas ralenti. Ils créèrent ainsi un mouvement comparable, quoique moins étendu, à celui que la généralisation des nouvelles méthodes techniques produisit dans tous les pays pour les recherches anatomiques ou embryologiques sur le système nerveux. L’attention fut alors grâce à M. Gley, attirée principalement sur les glandules parathyroïdes découvertes, par Sandstrœm et que ce physiologiste signala en 1892 chez le Lapin sans avoir eu connaissance de leur découverte antérieure.
Vers 1880, les chirurgiens ne discutaient plus guère la question de la nocuité ou de l’innocuité de la thyroïdectomie. Chez l'Homme, les statistiques de Liebrecht (16), de Bottini (20), de Woélfler (6), de Kocher (14) montraient comment les résultats devenaient de plus en plus satisfaisants à mesure que l’opération se généralisait et que les chirurgiens y devenaient plus experts. En 1883 cependant, Kocher simultanément avec les deux Reverdin ne tarda pas à se convaincre que si les dangers immédiats consécutifs à l’opération étaient peu considérables, il n’en était plus de même des résultats éloignés, car la suppression de l’organe semblait occasionner à la longue des accidents spéciaux mortels. Chacun connaît aujourd'hui la na-
ture de ces accidents qui consistent surtout en troubles psychiques, en tétanie et plus fréquemment en cette forme particulière de déchéance organique dénommée par Reverdin cachexie strumiprive et myxœdëme par les auteurs anglais. La pâleur et la bouffissure de la face, l’engourdissement et le gonflement des membres, une diminution insurmontable de l’activité cérébrale, des troubles fonctionnels des organes des sens, tels étaient les principaux stigmates de cette nouvelle affection.
Restait à établir entre la suppression du corps thyroïde et Papparition de ces manifestations morbides, un lien de cause à effet par l’expérimentation sur les animaux. C’est ici le cas de rappeler une observation de Cooper qui avait vu devenir cachectique un chien thyroïdectomisé. Mais cette observation anciennne et toute accidentelle se trouva dans la suite confirmée par les expériences de Schiff (2), Zezas (15), Sanquirico et Canalis (17), Albertoni et Tizzoni (8), Colzi (19), Wagner (18) vers 1884 et ultérieurement par de nouvelles recherches de Schiff, Rogowitch (26), Gley (30-36-46-50), Hofmeister (55), von Eidelsberg (27), Cristiani (42-45), Moussu (37 et 51).
Les résultats cependant obtenus par les premiers de ces auteurs n'étaient pas concordants, et c’est pour fixer une base certaine que Rogowitch (26) reprend à nouveau cette expérimentation. Il pratique en une seule fois la thyroïdectomie totale sur 26 chiens, sur lesquels 3 seulement survécurent.
De semblables essais entrepris sur le Chat, le Singe, le Renard, avaient donné des résultats analogues : seul, le Lapin, ainsi qu’il ressortait des expériences de Schiff, Colzi (19), Rogowitch (26) même semblait jouir d’une immunité particulière, d’où cette conclusion que chez lui la glande thyroïde ne joue pas un rôle aussi indispensable à la vie que chez les autres animaux. En 1892, M. Gley (31 et 33) montra qu’il n’en
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était rien et que le Lapin n'était pas à cet égard privilégié, car si l’on avait soin d’exécuter une thyroïdectomie complète, on voyait se développer chez lui les accidents de la cachexie spéciale. Par cette dénomination de thyroïdectomie complète, cet auteur comprend l’extirpation non seulement de l’organe thyroïdien en entier, mais aussi des glandules thyroïdiennes, petits corpuscules pairs qui sont placés chez le Lapin à quelque distance au-dessous des lobes latéraux, accolés à la carotide primitive. Ces corpuscules répondent aux glandules parathyroïdes de Sandstroem. Ce dernier les avait constamment rencontrés chez l'Homme, le Cheval, le Chien, le Chat, le Rœuf; divers autres auteurs les avaient vus chez le Mouton ; on savait qu’elles manquaient chez le Porc (24). M. Gley montra qu’elles étaient constantes chez le Lapin et le Chien (30, 36, 46, 50); Cristiani chez le Rat (42 et 45) la Souris, le Campagnol (44) (1893).
Leur structure, d’après Gley et Phisalix (50), est analogue à celle de la glande thyroïde fœtale. Sur des coupes, on y voit des amas lobulés, séparés par des espaces clairs, indices du bourgeonnement primitif. Ces amas lobulés sont constitués par des cellules embryonnaires serrées les unes contre les autres. Elles ne renferment ni vésicules thyroïdiennes ni substance colloïde.
Physiologiquement, ce sont des dépendances de lappareil thyroïdien, car si la thyroïdectomie incomplète n’est pas mortelle, lasuppression ultérieure de la glandule entraîne sinon une mort fatale, au moins des accidents aigus qui aggravent considérablement les résultats de l’opération. Enfin, après la suppression du corps thyroïde seul, les glandules s’hypertrophient et il se manifeste dans leur structure des changements qui malheureusement jusqu’à présent n’ont pas encore été décrits.
Cet auteur reprenait donc pour son propre compte opinion antérieurement avancée par Baber, Rogowitch, etc., à savoir que
ces organes possédaient la structure de la glande thyroïde em-
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bryonnaire et il faut convenir que cette interprétation ne pouvait trouver meilleure confirmation que celle qui résultait de ses travaux physiologiques.
Nous n’entreprendrons pas la relation des expériences par lesquelles M. Gley est arrivé à sa doctrine de la suppléance fonctionnelle de la glandule thyroïdienne à la glande thyroïde, non plus que celle des discussions auxquelles cette théorie a donné lieu. Ce que nous avons dit montre suffisamment l’importance qui s'attache à ces formations glandulaires et la nécessité absolue qu’il y a de trouver à cette théorie physiologique des bases anatomiques et embryologiques.
Ainsi que nous le disions dans notre introduction, la possibilité d’une suppléance entre les deux organes suppose entre eux une certaine ressemblance dans l’origine et l’organisation: le problème cesse donc d’appartenir à la physiologie pour rentrer dans le domaine de l’embryologie et de l’histologie, lesquelles maintenant doivent s’efforcer de déterminer la nature et le degré d’analogie qui peut exister entre ces deux formations.
Dans son second travail, tout en faisant les réserves justifiées sur ce fait que ses recherches n’ont porté que sur la glandule embryonnaire, M. Prenant déclare que, contrairement à l'opinion de Gley et Phisalix, dès les premiers stades, celle-ci se laisse facilement différencier par sa structure de la glande thyroïde. « Sans doute la glandule thyroïdienne et la glande « thyroïde ont en commun ce caractère d’être composées de tra- « vées anastomosées en un réseau Jaissant entre ses mailles un « réseau capillaire sanguin. Mais bien d’autres organes que l’on «n’a jamais songé à identifier histologiquement à la thyroïde, le « foie par exemple, sont dans ce cas. Les cellules de la glandule « sont nettement délimitées les unes des autres. Leurs noyaux « sont relativement petits. Les cellules de la thyroïde ont les « caractères opposés. La glandule possède une structure reticulée
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«et trabéculaire alors que cette constitution n'est pas acquise « encore à la thyroïde. »
Malgré ces affirmations répétées, l’idée que cette glandule possède les caractères de l'organe thyroïdien embryonnaire semble si bien et depuis si longtemps acceptée, qu’à l'étranger elle se trouve encore reproduite dans tous les travaux même les plus récents.
C’est ainsi que Hürtle (63) se rattache à Baber (11) dans la description de ces organes qu’il considère comme des parties non développées. Avec Rogowitch (26), il les tient pour des matériaux de remplacement.
Telle est encore l’opinion de Zielinska (63), Kohn (58), Schaper (23) et Schmid (67).
Les recherches cependant entreprises à l'effet de déterminer la structure de la glandule thyroïdienne chez l'adulte eurent ces résultats inattendus d’amener la découverte chez certains animaux non plus d’un seul corpuscule de cette nature, mais de plusieurs.
C’est ainsi que M. Nicolas (53) en signale deux pour chaque lobe thyroïdien chez les Cheiroptères (vesperugo pipistrellus). Toutes deux sont enfouies dans le tissu de la glande principale, mais affleurent par un de leurs côtés la surface libre de celui-ci. L’une est postérieure, l’autre occupe généralement une partie de la face antéro-interne ou l’angle interne du lobe latéral qui est cunéiforme. Celle-là possède un diamètre de un quart à un neuvième de millimètre, l’autre un volume quatre à cinq fois moindre.
Considérant que l'identité de structure de la glande thyroïde et des glandules thyroïdiennes ou parathyroïdes tant de fois affirmée n’est pas encore bien démontrée, Kohn (58) donne à ces organes le nom de corpuscules épilthéliaux qui présente l’avantage de ne préjuger en rien de leur nature, de leur origine
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ou de leur fonction. Ces corpuscules peuvent être enfermés au sein du lobe latéral: c’est alors le corpuscule interne; il dépend au contraire à des degrés très divers de la face externe de celui-ci : dans ce cas, c’est le corpuscule épithélial externe.
Le corpuscule externe est susceptible de présenter avec le lobe latéral du corps thyroïde des rapports variables ; d’où quatre catégories de corpuscules épithéliaux.
1° Ceux-ci peuvent être absolument indépendants de la glande principale ; ce cas est réalisé chez le Lapin ;
2° Ils peuvent être rattachés par un lien conjonctif très lâche au lobe latéral, dont ils constituent de la sorte un appendice ; cette disposition se rencontre communément chez l'Homme (face interne du lobe) ; assez fréquemment chez le Chat, quelquefois chez le Lapin (face externe) ;
3° Ils peuvent aussi se trouver partiellement enclavés dans le lobe latéral même, en faisant hernie à la surface libre de celui-ci: c'est la règle chez le Chat, l’exception chez le Rat ;
4 Ils peuvent enfin se trouver complètement enclavés dans la face externe du lobe, au dessous de la capsule qu’ils affleurent par sa face thyroidienne. C’est ainsi qu’ils se présentent chez la Souris, le Cobaye, le Chien et plus rarement chez le Rat. Leur surface externe reste libre et non recouverte de tissu thyroïdien, ce qui distingue le corpuscule externe de cette variété du corpuscule épithélial interne.
Au point de vue de la structure aussi, le corpuscule externe est susceptible de présenter quelques variations :
1° Il peut être constitué par une masse cellulaire non disposée en réseau, découpée seulement par quelques minces septa vasculo-conjonctifs.
2° Ou bien le tissu épithélial est réparti en cordons variqueux, séparés par d’épaisses travées de tissu interstitiel.
3° Le corpuscule externe peut enfin être lobulé; les divers
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lobules, séparés les uns des autres par d’épaisses lames vasculo-conjonctives, se laissent eux-même décomposer en cordons cellulaires alternant avec de minces lamelles connectives servant de support à d’étroits capillaires.
Ces différences de structure d’ailleurs ne constituent pas trois types différents, mais représentent trois stades séparés d’un développement arrêté à des instants variables.
L’impression que donne la glandule, dit l’auteur, est manifestement celle d’un organe arrêté dans son évolution; jai cherché cependant à m’en convaincre davantage par l’examen de corpuscules épithéliaux d'animaux nouveau-nés ou âgés seulement de quelques jours. La glande thyroide à cet âge est encore incomplètement développée et le corpuscule épithélial externe présente avec elle et avec un lobule thymique voisin, des ressemblances telles que moins habitué à les voir, je n’aurais pu les distinguer les uns des autres. Ce corpuscule épithélial d’ailleurs présente avec le thymus d’étroites connexions et on peut reconnaître entre eux (voir fig. VI de son travail) des transitions graduelles de structure.
Le corpuscule externe présente parfois aussi une structure acineuse, mais jamais de vésicules colloïdes ; l’auteur n’a pu
davantage constater la tendance à la transformation en tissu thyroïdien.
Outre le corpuscule épithétial externe, le corps thyroïde de certains animaux renferme encore un corpuscule interne dont la structure est identique à celle du précédent, de telle sorte qu’on ne peut l’assimiler aux nodules thymiques signalés par Wolfier ; le premier ayant été considéré (jusqu’à M. Prenant, 41) comme des débris de l’époque embryonnaire, il en est évidemment de mème pour celui-ci. Il existe chez le Chien, le Lapin et d’une façon très typique chez le Chat ; au contraire, il manque chez le Rat, la Souris, le Cobaye et l'Homme.
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Comme caractère anatomique distinctif, le corpusculé interne se trouve toujours entouré de Llous côlés par les vésicules de la glande thyroïde : ce caractère le différencie du corpuscule externe qui peut être aussi enclavé dans l’épaisseur du lobe latéral, mais affleure toujours par une de ses faces la surface libre de celui-ci.
Dans la règle le corpuscule interne se rencontre vers la partie interne du lobe latéral, du côté de la trachée ; il contracte avec le corps thyroïde des connexions telles qu’il s’établit entre eux des continuités de tissu.
Le lobe latéral renferme en outre deux lobules lymphoïdes, qui certainement doivent être considérés comme dépendances du thymus. L’un d’eux est externe et présente avec l’organe thyroïdien les mêmes connexions que le corpuscule épithélial externe auquel d’ailleurs, il est intimement uni. L’autre lobule au contraire, est intralobaire, annexé au corpuscule interne, et comme lui se trouve intimement uni au tissu du lobe latéral.
Schaper (29) à étudié chez le Veau et la Brebis adulte les corpuscules épithéliaux que l’on rencontre dans le voisinage du corps thyroïde et de la carotide ; ses conclusions sont les suivantes :
Les corpuscules épithéliaux externes sont des fragments détachés à certains stades du développement embryonnaire de ébauche latérale ; comme preuve, il donne l'identité de leur structure avec celle du corps thyroïde embryonnaire.
Ces corpuscules persistent dans un état plus ou moins indifférent et sans fonction : sous l’influence de certaines circonstances cependant, encore indéterminées, ils peuvent continuer leur évolution vers le tissu thyroïdien typique, mais cette transformation s’opère dans une partie seulement et non la totalité de l’organe. Cette métamorphose aboutit à la formation detissu thyroï-
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dien avec acini colloïdes ou bien à une dégénérescence kystique pathologique ainsi qu’il lui en a été donné d’en observer 5 à 6 cas. Toutefois la néoformation de tissu thyroïdien n’a aucune conséquence pour l’organisme, la masse de ces corpuscules étant trop peu considérable. L'existence de cette régénération après une thyroïdectomie n’est pas encore absolument démontrée.
Il y a enfin identité complète de structure entre le corpuscule épithélial interne et l’externe. Chez l'Homme, le premier est susceptible de donner du tissu alvéolaire.
Ces conclusions de Schaper étaient précédées d’une excellente description de la structure de la glandule parathyroïde. Cette étude antérieure aurait dû éviter à l’auteur l'erreur danslaquelle il tombe quand il identifie la structure du corpuscule externe et celle de la thyroïde embryonnaire. C’est d’ailleurs une faute de logique et non d'observation. Schaper en effet ne possède qu'un terme de comparaison, puisqu'il n’a étudié que la structure du corpuscule épithélial et non celle de la glande thyroïde embryonnaire. S'il l'avait fait, il n’eût manqué de relater ses observations et de chercher à étayer ainsi ses observations : or nulle part dans son travail on ne trouve trace d’une semblable discussion. Cet auteur eût pu encore chercher dans les travaux récents le terme de comparaison qui lui manquait. Il ne l’a pas fait, car son index bibliographique ne renferme pas les travaux qui auraient pu l'aider à relever l'erreur dans laquelle il est allé. Il tombe ainsi lui-même dans la faute qu’il reproche à M. Prenant, d’après Jacoby (61) d’ailleurs, d’avoir identifié la glandule carotidienne et la glandule thymique sans autres preuves que la similitude des rapports anatomiques.
Schaper est donc mal fondé à poser comme conclusion l'identité de structure du corpuscule externe et de la glande
thyroïde fœtale.
En outre, il est le premier qui reconnaisse dans les travées de ce même corpuscule la production de vésicules colloïdes, disposition dont on ne saurait nier l’importance au point de vue de la connaissance de la fonction de cet organe.
Le travail de Schaper renferme encore une excellente description du corpuscule épithélial chez les animaux examinés par lui et sera toujours pour cette raison consulté avec fruit. Dans ces tout derniers mois enfin parut un travail où Schmid (67) étudiant les processus de la sécrétion de la substance colloïde chez le Chien et le Chat signale en passant l’existence de corpuscules épithéliaux interne et externe qu’il considère encore comme du tissu embryonnaire. Chez le Chat, ces débris n’ont aucune tendance à se perfectionner. Chez le Chien au contraire «le corpuscule épithélial présente des cordons où les cellules « sont disposées concentriquement autour d’un point médian « où apparaît assez souvent une petite lumière ou bien une pe- «tite quantité de substance colloïde. Tout cet organe donne « l'impression d’un tissu qui à tendance à se différencier davan- « tage. Dans une préparation, je rencontrai un follicule com- « plètement développé avec une paroi composée d’une seule «assise d'éléments épithéliaux et dans lequel on pouvait voir « un produit de sécrétion finement granuleux ou des débris cel- « lulaires: on y trouvait aussi quelques cellules colloïdes.
À côté de ces corpuscules épithéliaux, l’auteur confirme existence chez ces deux animaux de lobules thymiques interne et externe.
Nous ne saurions sans protester laisser passer une fois de plus Popinion d’après laquelle les corpuscules épithéliaux présenteraient la structure de la glande thyroïde embryonnaire ; pas plus que Schaper et ses prédécesseurs, Schmid n’a étudié cette dernière et c’est sans aucune preuve qu'il avance cette opinion empruntée d’ailleurs à ses devanciers.
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Andersson (53) a rencontré le corpuscule épithélial interne, mais il se contente d’en étudier la structure et particulièrement l'innervation: c’est, croyons-nous le premier travail, où cette question ait été étudiée.
Jacoby (60) a entrepris toute une série d’études sur la glande thyroïde. Dans une communication préliminaire, il montre que contrairement aux données de Kœlliker, ébauche thyroïdienne médiane est double au moins chez le Porc.
Dans son exposé historique et critique, il a ensuite cherché à fixer l’état de nos connaissances au sujet des dérivés de l’appareil branchial et la valeur des observations qui tendent à résoudre les problèmes qui s’y rattachent. Nous ne nous occuperons que du chapitre où il s’occupe du corps thyroïde et plus particulièrement ce qu’il dit de l’ébauche latérale nous intéressera davantage.
Après avoir exposé les idées de His (21) sur la formation de ces ébauches chez l’embryon humain et celles de tous les auteurs qui se sontoccupés de cette question chez les Mammifères et sont tous arrivés à des résultats concordants, il dit : « Nous « devons donc supposer concordance entre ce qui existe chez «les Mammifères jusqu’à présent étudiés et chez l'Homme. « Cependant par suite de la contradiction qui existe entre His «et Born (13) et par suite du manque de clarté des observa- « tions de de Meuron (23), de nouvelles recherches s'imposent « sur la question de savoir si les ébauches latérales de la glande « thyroïde naissent des quatrièmes poches branchiales, ou bien, « comme le veut His, se trouvent seulement en connexion avec « celles-ci, »
« Plus contradictoires encore, ajoute-t-il, sont les données sur « les organes dérivés de la partie dorsale de cette quatrième « poche. Découverts par Stieda (10), rencontrés depuis par de « Meuron et M. Prenant (39) chez l'embryon de Brebis, ils n’ont
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« pas été décrits par Born (13) chez le Porc, ce qui semble indi- « quer d’après de Meuron qu’ils n’existent pas chez cet animal: « ce qui est en effet. De même, Kastschenko (24) chez le Porc, « Piersol (70) chez le Lapin n’ont rien signalé d’analogue ; aussi « déclare-t-il que les observations de de Meuron doivent soule- « ver de grandes objections. »
Au sujet de l'évolution de l’ébauche latérale, il étudie les cinq questions suivantes :
1° En quel point les ébauches latérales rejoignent-elles la médiane ?
2° Quelles sont les relations des diverses ébauches lors de leur réunion ?
3° Pouvons-nous reconnaître dans la glande thyroïde définitive les ébauches latérales ?
4° Quel degré d’intimité existe entre les diverses ébauches ? S'agit-il d’une simple juxtaposition ou d’une anastomose ou d’une pénétration ?
5° D’où proviennent les vésicules thyroïdiennes ?
En ce qui concerne la seconde de ces questions, Jacoby montre comment d’après Kastschenko (24), le fusionnement des ébauches décrit par Born (13) précisément sur l'embryon de Porc, n’est pas aussi facile à constater qu’il pourrait sembler, car « on ne réussit pas toujours à trouver un stade favorable où « l’on puisse constater le fusionnement de l’ébauche latérale « munie encore de son pédicule avec la médiane, parce que ce « fusionnement s'accompagne presque toujours d’une atrophie « de ce pédicule. »
«A ce sujet, remarque Jacoby, il est exceptionnel de trouver l’ébauche latérale au temps du fusionnement munie encore de son pédicule, dont la présence n’est d’ailleurs nullement nécesaire pour la reconnaissance du rudiment latéral. »
Nous relevons à dessein les observations de Kastschenko
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parce que nous montrerons que les figures décrites par lui et obtenues de nouveau par nous-même sont susceptibles d’une interprétation autre : celle que nous exposerons dans la suite aura de plus l’avantage de s’accorder parfaitement avecles dispositions qui seront décrites chez d’autres types de Mammifères où l'hypothèse du fusionnement ne paraît pas du tout vraisemblable.
Nous retenons aussi la remarque de Jacoby, parce que nous aurons occasion de montrer que, au moins, chez certains Mammifères, la persistance du pédicule de l’ébauche latérale n’est pas aussi exceptionnelle qu’il avance.
En ce qui concerne la participation de l’ébauche latérale à la formation du tissu thyroïdien et la reconnaissance de ces parties dans la glande thyroïde embryonnaire, l’auteur montre que cette question, d’après M. Prenant (41), paraît insoluble à cause de la difficulté qu’il y a à discerner la part de l’ébauche latérale et celle de la médiane.
I oppose ainsi à Born (13) qui admettait le fusionnement des rudiments en présence, Fischelis (22) et de Meuron (23) qui se refusent à admettre ces phénomènes, tout en acceptant la transformation parallèle en tissu thyroïdien de l’ébauche latérale et de la médiane restées indépendantes.
Jacoby semble n’avoir pas été frappé, car il n’en parle pas, des observations où M. Prenant a reconnu la persistance de l’ébauche latérale sous forme de canal central du corps thyroïde et à propos d’un travail que nous avions fait paraître quelque temps avant le sien, où nous indiquions la persistance de cette ébauche chez le Porc au-delà des limites fixées par Born (13); il ajoute, dans une note, qu’il se réserve de revenir sur cette question.
- D’après cet examen critique de nos connaissances sur l’évolution de l’ébauche latérale on voit donc, que après Jacoby lui-
trs même, les deux points principaux du problème restent encore mal fixés, puisque, d'une part, il se trouve malgré l’autorité de Born (13), Kastschenko (24), etc., des auteurs pour nier le fusionnement des ébauches thyroïdiennes, et que, d’autre part, d’autres auteurs déclarent ne pouvoir se prononcer sur le mode de participation du rudiment latéral à la formation du tissu thyroïdien.
Si l’on ajoute, que d’après Jacoby, des recherches sont encore nécessaires pour déterminer le mode exact de formation de l’ébauche latérale et trancher ainsi le différend qui existe entre His et Born, L
Qu’enfin, depuis les recherches de M. Prenant, on sait que la thyroïde latérale est susceptible de persisterau-delà du terme oùelle bourgeonne, pour donner naissance à du tissu thyroïdien typique, et que cette persistance a encore été étudiée seulement d’une facon incomplète ; on verra qu’en somme, l’évolution de ébauche latérale n’est pas encore connue d’une manière suffisamment précise, ce qui légitime les recherches anatomiques que nous avons entreprises dans cette direction.
On se rend compte aussi que les observations de Stieda (10), de Meuron (23), M. Prenant (41) s’accordent mal avec celles de Piersol (70) sur le développement des organes dérivés de la partie dorso-latérale de la quatrième poche branchiale, puisque chez l’embyon de Lapin, ce dernier auteur ne décrit pas de semblables formations qui existent cependant ainsi qu’il ressort de nus propres observations sur des sujets malheureusement trop jeunes ou trop âgés, pour nous permettre d’assister à leurs premiers développements.
Jacoby enfin ne paraît pas avoir compris la valeur de certaines observations histologiques de M. Prenant, d’où il ressort que, contrairement à l’opinion couramment admise et principalement en Allemagne, la glandule thyroïdienne ne présente
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