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ANALYSE

O^iL est vrai que la lëpiitationdes hommes ne soit justement évaluée qu'après leur mort , c'est surtout à l'ëgard de ceux qui ont parcouru leur carrière au milieu des partis que multiplient les révolutions politiques. Là ^ les meilleurs titres étant sans cesse contestes par les haines qui deviennent sitôt les alliées de l'envie , et sans cesse défendus contre les attaques par le zèle exagéré de l'enthousiasme, perdent leur poids réel dans l'opinion : elle flotte incertaine aux yeux des contemporains que trompent mille influences

{'*) Revue encyclopédique. Premier volume. — On souscrit, pour ce Recueil qui paraît chaque mois , à Paris , chez Baudouin frères, rue de ^ augirard, n° 36. Prix, 42 fi'. pour Paris, et 45 f«- pour 1-es départemens.

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contraires. Mais, l'homme meurt; l'inimitié' particulière qui lui survit, se sent étouffée par la voix publique , et dès-lors la balance est saisie par la postérité qui fixe èquitablement le prix des actions et des ouvrages.

Observons aussi que l'admiration ou la censure contemporaine , trop liàtive et par conséquent capricietise, prescpie locale et , en quelque sorte, personnelle , n'a point encore le caractère d'un jugement général. Celui qui prononce son avis siu' un foit ou sur un livre, à 1 instant de sa publicité, n'expose qu'une critique isolée, partielle, pièce qui peut sembler fluitive etrécusable, pièce soumise elle-même à revision; mais le lent examen des choses sur lesquelles la réunion de tous les esprits a eu le temps de délibérer, confirme un arrêt unanime, d'autant moins susceptible d'erreur que celui cjui le rédige ne fait que transcrire les idées et les sentimens de tous. Il n'impose pas ses propres pensées au lecteur : il constate simplement les décisions du goitt universel.

Je m'honore d'être chargé d'tme tache si agréable à remplir, relativement à la publication complète des Qluvres dramatiques de Chénier, qui fut l'un de mes plus illtistres

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collègues à riiistitut de France. Le précieux recueil de ses pièces de théâtre se compose a la fois des huit tragédies cpi'il a fait représenter, puis imprimer aux époques des succès qu'elles obtinrent presque toutes pendant sa vie, et en outre , de cinq ouvrages posthumes , suivis de quelques fragmens. Je diviserai donc le compte cpie j'en dois rendre en deux parties : l'une concernera ce que l'auteur a publie de son vivant ; l'autre ce que ses héritiers publient en son nom. Dans la première, il me suffira de reproduire , en de succinctes analyses , les raisons sur lesquelles le public entier a définitivement fondé le renom mérité dti poète : à celle-ci s'appliquent les maximes que j'énonçais en commençant sttr les justes appréciations qui ne s'établissent qu'à la longue. Dans la seconde partie, la nouveauté des objets cpie j'expose , me contraint k devancer les opinions qui ne sont pas encore formées^ à déduire les miennes , a les accompagner de mes propres remarcpes et

de celles des personnes éclairées que j'ai consultées, comme les plus capables de prévoir les décisions géeérales par leurs vives lumières. Toutefois , en songeant qu'un peu de pratique

m'a révélé les secrets de la théorie théâtrale.

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