ACTE III, SCÈNE I
Elle règne avec moi.
Ce discours vous surprend I J'ai durant huit années , Parmi les Rhodiens caché mes destinées , Loin du palais d'Auguste et plus loin de son cœur. Seule , d'un sort jaloux fléchissant la rigueur , Quand je n'espérais plus les faisceaux consulaires, Elle étendait sur moi ses bontés tutélaires : Et par elle , un empire attendu quarante ans , De ses lauriers tardifs couvrit mes cheveux blancs. Sous le règne d'Auguste on adorait Livie. Celle à qui je dois tout , mon empire et ma vie , Peut bien , ainsi que moi , sans blesser les Romains , Gouverner l'Univers que m'ont donné ses mains -, Et puisse encor long-temps ma pieuse tendresse Des rayons du pouvoir couronner sa vieillesse ! Vous-même, à vos destins plus soumise aujourd'hui. Pour vous , pour vos enfans , ménagez son appui , Loin de vouloir aigrir par un orgueil injuste La mère de Tibère et la veuve d'Auguste.