‹ TibèreChapitre 25 sur 58 · A G R I P P I IS' E · texte numérisé non relu

A G R I P P I IS' E

Dans l'état où je suis vous m'accusez d'orgueil 1

T I B È Tl E .

Oui , jusque dans vos pleurs , jusque dans votre deuil ,

Jusqu'en cet appareil de douleur fastueuse.

D'un héros , je le sais , épouse vertueuse ,

Vous partagiez l'éclat de ses jours fortunés

Qu'un sort inexorable a trop tôt moissonnés.

Mais enfin ce héros dans la Syrie expire ;

3o TIBÈRE.

Et , son urne à la main , vous traversez l'empire , Vous traînez sur vos pas des peuples , des cités ! On voit les tribunaux , les temples désertés I Pourquoi? Ces dieux dont Rome adore les images, Jule , Auguste , en mourant ont reçu moins d'hommages 5 Moins de deuil éclatait , même aux jours malheureux Où Rome a vu pâlir ses destins généreux , Où Canne et Trasimène excitaient tant d'alarmes. Où les mères , les fils , les veuves dans les larmes , A Tombre de Varus redemandaient en vain Les légions d'Auguste et du peuple romain.

AGRIPPINE

Eh ne comptez-vous pas comme un jour déplorable , Celui qui vit tomber ce chef irréparable , Par qui de vains regrets ne redemandaient plus Les légions d'Auguste à l'ombre de Varus ?

Vous ne m'accablez pas sous tant de renommée. Avant Germanicus j'ai commandé l'armée.

On se souvient du temps où les Parthes vaincus , Rendaient à mes exploits les drapeaux de Crassus. Quand , privés de tombeaux aux forêts d'Hercinie , Les ossemens romains couvraient la Germanie ; Quand Varus expiait d'imprudentes terreurs , Aux champs illyriens j'arrêtais ses vainqueurs. Mon front ceignit deux fois la palme triomphale. Je n'ai cependant pas , d'une gloire rivale , Jusque dans son palais insulté l'Empereur , Ni d'un peuple avili courtisé la faveur.

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