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SCENE III

PISON

Nous voilà seuls , Tibère , et vous pouvez m'enlendre !

Ce moment , il est vrai , s'est fait long-temps attendre.

Rome ne m'offre plus que des yeux ennemis.

Mes jours sont-ils donnés ! mes biens sont-ils promis?

Ah ! Tibère est prudent ; mais Tibère est-il juste ?

On va juger l'ami , le collègue d'Auguste !

Ou parle de punir ! le glaive est suspendu

Sur un patricien de Numa descendu!

Quelle étrange union conspire à ma ruine î

Le parti de Séjan combat pour Agrippine î

Quoi! ce Fulcinius , apprenti sénateur,

Descend par habitude au rang de délateur !

Et vous le permettez ?

Votre courroux s'abuse.

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