‹ TibèreChapitre 34 sur 58 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

Est-ce moi qui menace ? ai-je ameuté l'empire ?

Agi'ippine dénonce, et peut-être conspire

Elle a sur tout ce peuple un dangereux pouvoir.

• PI SON

Agrippine , elle est juste ; elle a fait son devoir :

Bien plus qu'elle ne croit sa haine est légitime :

Elle sait ma révolte ^ elle ignore un grand crime.

Vous , pour qui j'ai tout fait , vous qui m'abandonnez,

Vous , à qui j'appartiens , mais qui m'appartenez ,

César , écoutez moins l'orgueil qui vous enivre :

Ahl croyez que pour moi c'est un tourment de vivre

Sans gloire, sans vertu, chaque jour poursuivi

Par Timpuissant remords de vous avoir servi.

Cette peine est horrible , et pourtant je l'affronte ;

Pour l'honneur de mon fils , j'en dois subir la honte.

Rome , l'empire entier , tout se tait devant vous ^

On ne murmure point, on pleure à vos genoux.

Vous seul êtes chargé du soin de ma défense.

Consultez-vous. Demain, si le débat comdience^

Si ce Fulcinius , dont vous avez fait choix ,

Si quelque accusateur veut élever la voix ,

Moi-même du forfait j'établirai la preuve ;

Du héros qui n'est plus j'irai chercher la veuve :

Pison , par vous coupable et par vous accablé ,

Paraîtra devant elle au sénat rassemblé :

Devant elle , au sénat , Tibère entendra lire

Les ordres qu'en secret il osait me prescrire ;

Et dussent les Romains n'en pas être surpris ,

Rs sauront que Tibère a fait périr son fils.

Adieu, César.

TIBEUE.

(Seul.)

Adieu. Demain ! la liuit me reste.

Séjau

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