‹ TibèreChapitre 51 sur 58 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

SÉJAiy.

JLes ordres sont donnés : tout marche , tout s'agite \ Mes soins ont eu recours à des hommes d'éHte : Bientôt les sénateurs vont se rendre en ces lieux j Et , docile au ressort qui se cache à ses yeux , Déjà, dans la nuit sombre une foule amassée Est par un art tranquille au tumulte poussée. Mais il faut tout prévoir. Forcé dans son palais, Pison peut à Cnéius dévoiler ses secrets. Quelques gens éprouvés dont le zèle est habile, Du moment que l'émeute aura troublé la ville, Loin du toit paternel entraîneront Cnéius. C'est au nom d'Agrippine et de Germanicus

Qu'aux publiques fureurs la victime est livrée.

La perte d'Agrippine est de loin préparée :

Par les mêmes moyens nous pourrons voir un jour

Les amis de Pison la frapper à son tour.

Séjan , ne donnons point d'exemple redoutable : Que le peuple en fureur intimide un coupable 5 Qu'il n'exerce jamais le droit de l'itiimoler.

SÉJAN

Vous avez le sénat *, mais Pison veut parler. Ordonnez.

TIBÈTIE.

Que Pison, près de l'heure suprême, Sans même se défendre ou s'accuser lui-même, Pour un fils innoceat implore mes faveurs, Et de Germanicus désigne les vengeurs.

Qu'attend-il? Sou arrêt? Oh I quelle nuit propice, Si Pison de sa main prévenait son supplice î Si je ne craignais plus ses insolens discours!

SÉjAN.

Je vous entends, César.

Porte-lui des secours.

Que tes prétoriens s'enflamment de ton zèle. Prodigue mes trésors : va , ministre fidèle ^ Rends la paix à César, à Rome, à tout l'Etat, Et reviens sans délai rassurer le sénat.

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